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Attraper le furtif: Dernier Salto

La couverture du livre, oeuvre de l'artiste H. Miloudi, nous reçoit avec une image inquiétante. On ressent la figure se déplacer par la couverture tel est son dynamisme. Les tentacules et les griffes d'une bête sans forme définie nous font douter. Étions-nous face á un scène de destruction où, bien au contraire, l'ordre est surgi du chaos? Peut-être nous aurons l'opportunité de le demander à l'auteur lors de sa visite chez nous pour présenter son nouveau livre. Ou parfois laissons lieu à l'incognito plus attirante et provocateur que la certitude: les énigmes irrésolus persistent à toujours, les défis accomplis tombent tout de suite dans l'oubli.

La couverture du livre, oeuvre de l’artiste H. Miloudi, nous reçoit avec une image inquiétante. On ressent la figure se déplacer par la couverture tel est son dynamisme. Les tentacules et les griffes d’une bête sans forme définie nous font douter. Étions-nous face á une scène de destruction ou plutôt l’ordre est surgi du chaos? Nous aurons l’opportunité de le demander à l’auteur lors de sa visite chez nous pour présenter son nouveau livre. Laissons pour l’instant la place à l’inconnu, plus attirante et provocateur que la certitude: les énigmes irrésolus persistent pour toujours, les défis accomplis tombent tout de suite dans l’oubli.

L’Atelier de Littérature fait face dans cette occasion à un grand défi. Si c’est toujours une audace pour un lecteur de découvrir  les mystères et les messages  cachés derrière les pages d’un livre la tâche devient presque inaccessible si le livre contient le premier roman d’un auteur très proche et très cher de nous comme c’est le cas d’Abdellah Baïda.

Essayer de définir Abdellah Baïda comme professeur de littérature à l’université Mohamed V de Rabat (Maroc), docteur en littérature et culture maghrébines, francophones et comparées et réputé critique littéraire ne ferait que donner une simple patine descriptive à un esprit inquiet, un écrivain talentueux  et une personne engagée dans la diffusion de la littérature marocaine dans le monde occidentale.

Chez l’Atelier de Littérature, l’opinion toujours précise  d’Abdellah Baïda nous a servi souvent d’inspiration et de guide dans nos débats littéraires, surtout après la publication de son livre “Au fil des livres” où il fait une petite encyclopédie des écrivains marocains vus de sa vision de lecteur et de critique.

L’interdiction au Maroc de publier le livre de Mohammed Leftah, « Le dernier combat du captain Ni’mat » nous a montré un Abdellah Baïda compromis aussi avec la liberté d’expression.

Récemment il a a publié une série des critiques littéraire en support vidéo intitulées «Chroniques d’Abdel» et il vient de publier en janvier 2014 son livre «Dernier Salto», un récit qui mêle la structure des contes avec de la sociologie et de la philosophie projetées sur des événements de la vie quotidienne.

A. Baïda nous a visité en trois occasions pour nous faire part de ses expériences, de ses thèses littéraires et aussi pour nous présenter ses derniers livres. Il est devenu une présence indispensable chez nous.

Livre ou conte?

L’auteur a réuni 16 histoires courtes dont deux publiées chez des magazines littéraires et que nous avons déjà commentées dans d’autres entrées du blog.

Déguisé en personnage inventé de Mohammed, alias Alim, Abdellah Baīda fait un parcours instable parmi ses souvenirs, ses idées ses sentiments, ses mythes et ses peurs. Des sauts parfois périlleux faits chez le monde de l’imaginaire, de l’insaisissable, un monde qui se mêle avec le monde ultérieur, celui des âmes inquiètes car elles gardent encore un souffle de vie, un lien rancunier ou nostalgique avec la vie sur la terre. Le narrateur devient ainsi «une entité qui vogue entre le ciel et la terre » (p69) qui, par le biais de la littérature peut se métamorphoser infiniment et vivre de multiples existences.

Attentat de Marrakech : au moins six Français tués

Jeudi 28 avril 2011 un attentat a secoué le centre de Marrakech avec le balance de 16 morts et une vingtaine de blessés. Il a eu lieu dans le café Argana, situé au coeur de la place Djemaa el-Fna, très fréquentée par les touristes.

On pourrait caractériser le style de l’auteur par une utilisation exquise du langage produisant un texte soigneusement taillé par cet «esthète» des mots et par une certaine habilité et un penchant pour l’humour et pour le sarcasme. La plupart des histories finissent avec une tournure parfois absurde du destin, souvent choquante, laissant toujours clair que l’être humain est presque une victime impuissante envers les capricieuses forces qui règlent la vie. Mais le discours tourne plus sérieux, plus transcendantal  -trop réel par rapport au reste des histories- quand il traite le délicat sujet de l’intégrisme et du terrorisme religieux lors d’un récit sur l’attentat à la place Jamaa Elfna à Marrakech le 28 avril 2011. Ça nous éloigne un peu de ce jeu moqueur et rigolo que l’auteur était en train de jouer avec le protagoniste dans les chapitres précédents. Mais ce coup malin est montré à nouveau quand le hasard va intervenir pour sauver tous les conteurs de la place.

 Des commentaires à la manière de réflexions écrites au début de chaque récit nous offrent les liaisons entre les histoires.  Encore deux styles d’écrire si différents pour mettre en relief les deux positions narratrices: celle rassurée montrée par le narrateur et pleine de philosophie qui nous régale de moments et de pensées à ne pas manquer : «l’amitié est un fil invisible qui rassemble des âmes sensibles en dehors de toute rationalité.» et celle autre du conteur qui risque toujours tous les périls du personnage principale.

Au fur et à mesure que les pages se succèdent le lecteur devient équilibriste pour trouver la continuité des histoires à travers le délicat fil tendu par l’auteur entre elles pendant que l’on essaye de ne pas tomber devant le changement des scénarios, de la chronologie et même des protagonistes principaux: Mohammed, Alim, Habib… Sautant à travers le temps et l’espace.  Mais c’est aussi la volonté d’Abdellah Baīda: «seul le récit possède le pouvoir magique de réorganiser les choses au gré des conteurs.»

À la fin du récit, le cercle vital des protagonistes se fermera sur son début et le lecteur découvrira cette liaison de la main d’une prostituée, l’ultime secours de cette panoplie d’âmes errantes, dans une pirouette parfaitement développée par l’écrivain. Leur dernier Salto.

Des différents "Saltos" se succèdent dans ce livre, une très bonne approche de la nature humaine

Des différents « Saltos » se succèdent dans ce livre, une très bonne approche de la nature humaine

Le lecteur va traverser cette forêt neuronale qui est l’imagination de l’auteur, cette boucle d’idées ouvert à «l’ami-ennemi» par la générosité de l’écrivain, harcelé par la malédiction de ne pas pouvoir arrêter de raconter, de combler le monde de mots ainsi essayant de le donner une signification, une logique.

C’est comme ça que notre mémoire fonctionne, d’une manière discontinue, anarchique, infidèle à la réalité, constructrice des souvenirs à partir de petits morceaux de sensations sauvés de l’oubli…

D’un saut à l’autre. Des souvenirs irrationnels parfois, qui mettent l’accent sur une odeur, une musique… Et laissent d’un côté les mots, des événements qui feraient sans doute une meilleure chronique mais que la capricieuse mémoire ne leur a pas concédés le bénéfice de faire partie de notre identité humaine. En effet, l’essence d’êtres humains n’est-elle pas faite des souvenirs?

 On a l’impression -le monde des contes à nouveau- d’être en face d’un conteur qui, allumé par la lumière des chandelles ou d’un feu dans la nuit, nous raconte des histories dans la plus pure tradition orale:

Il nous tirera de la manche comme pour nous confier un secret et nous, nous mettrons notre bras autour du cou du conteur, collerons notre oreille aux lèvres de l’autre: «geste par lequel on se livrait et on se transformait en réceptacle, bien accueillant, ouvert à la parole de l’autre, en toute générosité et sans entrave.» (p129)

On a la sensation d’être devant une histoire plus conçue pour être écoutée que pour être lue.

C’est le saut dans l’intime, parfois dans le silence, la langue «maternelle de l’humanité » pour apprendre de petites histoires à tous, qui font le patrimoine sentimentale partagé des êtres humains, histoires qui ne sont pas telles mais de petits moments arrachés de l’oubli. La vie écrite dans les ridules d’un ancien par exemple, ça nous touche de près et nous fait retourner vers cette époque de l’enfance où l’on faisait du monde adulte un autre univers et on essayait de comprendre ses incongruités faisant attention aux petits détails furtifs qui, comme des fenêtres mi-ouvertes, coulaient à travers la vitre des deux mondes écartés par le temps.

Abdellah Baīda, lui même fait à nos avis une description parfaite de l’intention et de l’essence de ce livre, sans le prétendre peut-être, dans la page 63 quand il dit:

« Je rêvais d’écrire de courtes nouvelles de deux ou trois pages qui relateraient des situations insolites. Tenter de saisir l’insaisissable été de nommer l’innommable. Figer le furtif, le décrire, l’étale, monter sa beauté et sa laideur,  faire jaillir une historie là où on ne soupçonnait pas son existence.», «sortir des interstices du temps pour visiter l’espace entre le rêve et la réalité».

Voici la clé de ces récits : l’innommable, l’insaisissable, la beauté, la laideur..

Pourquoi « Salto »?

Choisir le titre est, sans doute, l’une des plus grandes décisions que l’écrivain doit faire. Dans ce cas, le mot polysémique choisi pour résumer l’esprit du livre enferme un labyrinthe des significations et de possibilités qui méritent que l’on parlait mieux des «saltos» en pluriel plus que d’un seul événement: «le Salto permet de saisir au vol le fugace et de fixer l’évanescent» (p13). L’auteur a pris les différentes «saltos» pour construire autour d’eux les chapitres où les coïncidences capricieuses du Destin trouveront leur logique faite en tissant ces petits moments pour leur donner une entité à eux, pour construire une vie avec eux.

 En effet, il y a plusieurs Saltos dans l’histoire:

  • Salto vers l’humour noir dans le premier chapitre où le saut périlleux arrière permet le protagoniste d’aller au-delà des limitations personnelles.
  • La 2ème et 3éme histoire parlent des problèmes de communication entre les êtres humains… N’est-ce pas d’habitude cette incapacité pour regarder et écouter l’autre comme s’il était l’un de nous la source principale des grandes tragédies humaines? «Les choses vraies se disaient sans les mots» affirmera Mohammed-Baīda  (p56)
  • Des sauts vers les mots et la création littéraire
  • Le saut vers un sourire «qui enferme toute l’essence de l’être»
  • Un saut à l’envers, une ascension qui cache une vision critique et profane de la religion
  • Un saut vers l’au-delà, à la rencontre d’un ami échappé de la vie…
  • Le saut vers l’inspiration créatrice, la jalousie avec une critique trop explicite auprès de « celui » gagnant-de-prix disons professionnelles, comme cet écrivain inventé (ou pas) Louad Faroui
  • Salto sur l’imaginaire, vers le futur comme si l’on croyait vraiment que le seul fait de l’imaginer ferait réalité nos rêves. Montée, rotation, réception… Les trois étapes d’un saut parfait, bien que d’habitude ils ne finissent qu’en glissade.
  • Salto vers le Paradis.
  • Salto vers la violence machiste et intégriste.
  • Salto vers la mort.
  • Salto vers le désespoir et le suicide comme solution… Une solution changé par un coup de hasard et des notes d’humour un peu absurdes. (p108)
  • Salto vers les racines du fondamentalisme et le grand saut, la même appellation utilisée par Mahi Binebine dans «Les étoiles de Sidi Moumen». Rejoindre le paradis à travers une explosion qui lui sauvera de la faim, après avoir été privé de sentiments et de la capacité de réfléchir, tournant les trois étapes du Salto en détermination, déflagration, ascension. (p121)
  • ….

Baīda nous a régalé le «beau artifice d’un récit maitrisé» pour un témoignage à travers ces histoires courtes des échos des mondes lointains, intérieurs, invivables, pour nous donner à goûter de cette assiette que les conteurs savent si bien faire, en transformant les souvenirs faits d’une matière à l’état de «densité transparente» dans des histoires qui resteront vivantes quand les pages du livre où elles reposent seront déjà jaunies dans l’espace et dans le temps.

Seulement pour ça, nous les lecteurs, devrons suivre le conseil d’Abdellah Baīda :

«il faut sauver les conteurs»

Pour en savoir plus

Dernière heure

Mercredi soir 29 octobre 2014 à la Bibliothèque nationale du Royaume à Rabat, le prestigieux Prix Grand Atlas a été décerné aux écrivains Moha Souag, Halima Hamdane et Abdellah Baida, ce dernier pour le livre « Le Dernier Salto »

2 Réponses

  1. […] se sont succédé depuis ce temps de cerises, depuis cette rencontre avec l’auteur du Dernier Salto qui fermait notre page du blog en mai 2014 . Il nous a annoncé récemment que son livre est […]

  2. […] éditeur du livre « 100% Auteurs ; Khadija El Bourkadi, membre du bureau national de l’Amef ; Abdellah Baïda, auteur du « Dernier Salto » ; Driss Louiz, membre du bureau national et Abdellatif Bhiri. Les […]

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