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La Magie de la Langue

Inma, notre prof animatrice de l’Atelier, présente l’auteur et invite les étudiants à débattre avec lui.

Inma, la directrice de l’Atelier, présente l’auteur en invitant les assistants à débattre avec lui

Le 29 Avril 2014 restera pour toujours dans la mémoire collective de l’Atelier de Littérature comme le jour où nous avons pu partager notre vision des lecteurs avec celle de l’auteur. L’événement s’est produit autour du livre « Le Dernier Salto » d’Abdellah Baïda. La dernière séance de cette saison littéraire a été célébrée avec ce cadeau de pouvoir aller au-delà des fils d’un livre pour saisir les intentions, les motivations, les doutes, les détails derrière les mots… de l’auteur.

 Abdellah Baïda n’allait pas être un « interlocuteur » facile pour cette occasion. Il a  voulu ne pas faire de cette séance un entretien mais un débat littéraire, devenir un autre « atelierien » et  connaitre les impressions des lecteurs car comme il dit, une fois l’oeuvre écrite elle n’appartient plus  à l’auteur mais aux lecteurs.

Il a voulu même redécouvrir sa propre oeuvre depuis les impressions communiquées par ces amis « invisibles » que l’écrivain n’arrive fréquemment à connaître.

DSC03623Après les présentations, Abdellah Baïda a fait une petite déclaration de ses intentions pour la séance et même pour le métier d’écrivain: pour lui, écrire n’est pas nécessairement une manière de refléter la réalité. Un roman est une oeuvre d’art, une expression de liberté totale où les mots sont les vrais protagonistes, pas les personnages. Les mots, le rythme, l’organisation du livre. C’est sûr qu’il y a un rapport avec le vécu de l’auteur –« la réalité est attaché à nous malgré nos efforts »– et que la réalité essaiera de s’imposer sur la propre histoire, menaçant d’effacer la capacité de transmission des mots. En effet, s’éloigner de la réalité et de l’actualité est l’un des efforts de l’écrivain pour surmonter cette réalité et créer de nouveaux scénarios. La tentation est très forte: c’est plus facile de parler et de faire comprendre aux lecteurs tout ce que l’on connait le plus due à sa proximité tandis qu’il faut un grand effort pour transmettre de l’authenticité, de la sincérité, à des histoires inventées sans rapport avec un moment ou un événement concret, reconnaissable.

Mais l’oeuvre littéraire doit résister aux menaces et suivre ses propres règles. Abdellah Baïda avoue que son intention a été celle de suggérer plus que de donner trop de détails pour transformer le lecteur en complice, en agent actif de la construction de l’histoire, c’est peut-être la raison et l’explication pour créer un bon livre: plus les lecteurs font un effort pour trouver et remplir les vides,  plus l’histoire devient intense, inoubliable. Il reconnaît avoir sacrifié beaucoup de précisions, d’explications, de descriptions en faveur de la spontanéité et de la suggestion. Laisser l’histoire suspendue hors du temps et de l’espace pour que le lecteur puisse la situer chez ses scénarios personnels -physiques et émotionnels- contribuant à la douer de la sincérité et de la signification désirée.

En effet, il suffit de petits détails pour déclencher une histoire: un dossier avec un titre particulier et le sourire d’une femme tamisés par l’oeil analytique de l’écrivain signifient une possibilité  de roman,   ils  trouveront leur place dans le livre. ouvrant la porte à un univers parallèle, magique, caché dans l’espace anodin de la réalité, déguisé de la superficialité des regards des inconnus de tous les jours qui ne se croisent jamais, même s’ils se voient dans les mêmes endroits: un avion, le métro, l’autobus, les rues…

DSC03619Mais une question reste sans réponse satisfaisante:  la littérature doit-elle être engagée avec la dénonce de l’injustice? Peut-on écrire sans tenir compte de l’importance des mots pour contribuer à améliorer la situation sociale du moment? Teresa veut souligner son impression du manque de compromis qui abîme quelques oeuvres littéraires du présent

Pour l’auteur, le « salto » comme mouvement lui a presque obsédé à cause de sa qualité esthétique et de sa capacité métaphorique, porteur des rêves à réaliser. Une métaphore qui enferme dans les rotations, toutes les difficultés des défis que la vie met devant nous et dans la réception, les résultats, les rêves accomplis, les leçons à en tirer, gardés dans une espèce de mémoire poétique de notre propre vie faite en images.  Un terme polysémique qui a des résonances littéraires, filmiques… L’essence de la vie est, selon A. Baïda, le « saut »· plus que l’évolution linéaire: on saute de l’enfance vers la jeunesse; de la jeunesse au monde adulte… et un retour en arrière nous surprend dans la maturité extrême de la vieillesse.

Questionné par son propre « Salto » qui lui a fait passer de critique littéraire à écrivain, il nous avoue que ce saut vers la fiction a toujours été présent, de telle façon qu’il s’agit plus d’une transition que d’une coupure avec son passé littéraire:

  • En 2007 il a écrit une approche académique de la figure de Khaïr-Eddine –Les Voix de Khaïr-Eddine– où la subjectivité n’avait pas lieu et où il n’y avait pas d’interaction avec le lecteur.
  • En 2011 c’est la publication de  son  « Au fil des livres » dans lequel il établit déjà un dialogue avec les textes, laissant place à la créativité à travers les chroniques appliquées sur les histoires des autres: il va interroger les auteurs et s’interpeller  comment il aurait écrit ces histoires s’il avait été l’auteur
  • Et finalement, en 2014, son « premier Salto » vers la fiction arrive. Un exercice qu’il avoue a été difficile pour s’éloigner de l’expérience accumulée et qu’il aborde dans le livre sur le récit qui montre à un écrivain qui essaye de copier le style d’un autre. À la fin, c’est impossible d’échapper complètement à ces influences telle elles ont fait part de l’histoire et du style de chaque auteur. C’est la part du « métier » d’un écrivain.

La couverture du livre, oeuvre de l'artiste H. Miloudi, nous reçoit avec une image inquiétante. On ressent la figure se déplacer par la couverture tel est son dynamisme. Les tentacules et les griffes d'une bête sans forme définie nous font douter. Étions-nous face á un scène de destruction où, bien au contraire, l'ordre est surgi du chaos? Peut-être nous aurons l'opportunité de le demander à l'auteur lors de sa visite chez nous pour présenter son nouveau livre. Ou parfois laissons lieu à l'incognito plus attirante et provocateur que la certitude: les énigmes irrésolus persistent à toujours, les défis accomplis tombent tout de suite dans l'oubli.

Un moment pour commenter la couverture: une décision pas superficielle mais qui a eu besoin de plusieurs discussions pour la sélectionner avec l’Editeur Marsan parmi sa collection particulière: un chaos équilibré, un Salto qui n’a pas été  réussi, le mouvement permanent, un sentiment de fragmentation sans unité, une forme carrée qui enferme un monstre qui fait trouer le cadre laissant une ouverture dans la partie supérieure…  Tout un orage des sentiments déclenchés par cette image inquiétante.

La couleur de la couverture est choisie par Abdellah Baïda car elle le rappelle le sable, une matière instable qui fuit et change et qui représente  le début et la fin de cette histoire.

Juan exprime son idée du livre comme un essai sur la condition humaine et souligne la vision comique projetée par l’auteur dans ses histoires. Abdellah Baïda commente sur ce sujet qu’il aime surtout les interstices sutiles pour passer d’un état d’esprit à l’autre: de la beauté à la laideur, de la joie à la tristesse… C’est le cas du récit où l’aphasie du grand-père ouvre la porte à la communication avec son grand-fils à travers le silence.  Le silence, cette plage blanche pour l’auteur.

Carmelo reprend ce sujet du silence comme protagoniste du livre, un silence éloquent qui va construire une partie du rythme du roman atteignant une musicalité qui facilite le dialogue avec le lecteur. Ce sont des silences qui disent beaucoup de choses, selon l’auteur, des « moments d’intimité qui laissent des possibilités à l’interprétation, des pages blanches à remplir par le lecteur.

Le livre a aussi son propre rythme : les histoires du début commencent en douceur, consacrées à des sujets pas si transcendants où la mort même est prise avec un humour moqueur. Mais au fur et à mesure que le livre avance, la tension et le sens dramatique augmentent jusqu’à finir dans cette image statique de la scène final du livre. On y trouve aussi ces cafés comme l’endroit pour les réflexions et la psychologie des peuples de la Méditerranée.

Natalia lui pose directement la question : a-t-il pensé du début à faire un roman-recueil d’histoires ou bien à développer une histoire en particulière.

Baïda répond qu’il a choisi d’une façon délibérée cette structure fragmentaire, en mosaïque, très éloignée de la structure canonique du roman classique, un résultat de la propre biographie du roman: les histoires ont été écrites en différents moments et, le temps passé, la main de l’écrivain leur a donnés une seconde vie, les reliant à travers une logique et à des connexions inattendues par l’auteur lui-même qui s’est senti interpellé parfois par les situations exposées dans son livre. On n’y trouvera pas non plus une vraie chronologie ni de la linéarité dans le récit. Il a évité de créer une surface horizontale pour parcourir aisément le chemin des récits. Mais l’auteur reconnait que cette structure a besoin d’un certain effort de sa part: il sait que quelques uns qui ont lu le livre se sentent  perdus parfois par les « sauts » entre les histoires… du moins jusqu’au dernier chapitre dont il parle souvent mais qui garde soigneusement dans le royaume des secrets pour ne pas dévoiler au lecteur la joie de la découverte. En effet, les clés pour fermer le cercle de l’argument surprendront aux lecteurs dans le dernier chapitre.  Ce sera le « Dernier Salto », la confession finale.

 Selon l’auteur, il a aimé « laisser les situations s’exprimer d’une façon spontanée, ouvrir la porte aux vagabondages de son imagination ». Mais après, c’est l’académicien, l’écrivain exigeant qui tombe sur l’histoire pour retravailler la langue, les mots, les récits… leur donnant une cohérence globale et arrivant à construire l’Univers propre du livre avec sa logique interne. Cet effort pour trouver le mot précis caractérise aussi le style de Baïda comme écrivain: un certain minimalisme littéraire pour essayer de n’utiliser que les phrases indispensables, remplacer un paragraphe par un mot, une idée déjà finie par une métaphore à interpréter… C’est la magie d’une langue, apprise après avoir étudié beaucoup d’auteurs, analysé beaucoup de livres…

 Teresa, professeur de langue espagnole, veut souligner la beauté d’une phrase du livre: « À l’origine, c’est la langue ». Les mots, étant le cible de l’écrivain, l’auteur joue avec les lecteurs nous montrant des moments pour le paradoxe: voir les choses à l’envers c’est l’essence du « Salto », des « saltos » dessinés par  la plume de Baïda.

Le débat arrive sur les critiques aux écrivains abordés dans une des histoires. L’amitié profonde d’Abdellah Baïda pour Edmond Amran El Maleh l’amène à établir une espèce de « classification » des auteurs prenant Edmond comme la référence à suivre. Parmi les autres la jalousie, la corruption  y habitent… Mais c’est encore des manifestations de l’humour acide de l’auteur car il reconnait qu’il a choisi pour matérialiser ses « stéréotypes » des auteurs qu’il aime, qu’il admire et qu’il n’a rien contre les prix littéraires qu’ils ont reçus.

DSC03627Bien que le livre n’est pas une oeuvre érudite il y en a pas mal de références littéraires et historiques, estompées par l’intention de l’auteur de ne pas faire une relation très explicite avec des moments précis de l’histoire récent (le « Printemps Arabe » par exemple) laissant l’oeuvre flotter dans le limbe du temps et apatride. Ce sont des dialogues avec la culture pour contribuer à éliminer l’ignorance à travers la lecture.

Pour finir ce débat ouvert avec l’auteur on lui a demandé par ses sentiments après la publication du livre. Avez-vous réussi avec ce « Salto »?  Une simple et directe réponse: « J’ai fait ce que j’avais à faire; j’ai fait tout ce dont j’étais convaincu de faire. Aucun souci, aucun regret ». En trois mois .depuis le 30 Janvier 2014, il a reçu beaucoup de critiques, des articles de presse se sont écrits, toujours positifs, des entretiens et la présence du livre et de l’auteur dans les médias… (Voir la « Ville Invisible » du livre)  Il se déclare comblé de satisfaction.

(Récemment ce livre a été sélectionné pour le Prix Atlas 2014)

Le moment des signatures arrive et après un petit apéro préparé par les membres de l’Atelier qui nous a permis de parler d’une manière plus informelle avec l’auteur, de partager avec lui nos impressions les plus personnelles, nos émotions les plus cachées… et que nous garderont pour nous dans notre mémoire comme clôture d’or à cette année littéraire.

DSC03631

On a invité le public à visiter  l’exposition préparée comme commémoration des dix ans de parcours littéraire chez « L’Atelier »: une sélection de 25 auteurs choisis parmi tous ceux qui nous ont inspirés pendant cette période si intense des lectures et des émotions.

Inma, la prof animatrice de l’Atelier souligne dans sa présentation de l’exposition:

Depuis que l’Atelier de littérature existe, cela va faire bientôt 10 ans (en 2015) le moment est venu de recenser une petite représentation des auteurs et des livres lus et étudiés. Presque une soixantaine de titres et d’auteurs ont occupé déjà les séances et rempli de littérature tout ce temps.  C’est aussi l’occasion de les exposer pour les faire connaître aux autres groupes de français « cette autre littérature » d’expression française qui nous a tant transmis et fait plonger dans des débats qui résonnent encore dans nos oreilles, dans notre cœur et dans nos pensées.

À travers ces auteurs et ces titres nous nous sommes approchés non seulement d’une autre façon d’écrire, mais de différents mondes, oubliés parfois, souvent méconnus mais qui font une partie indispensable d’une même réalité que l’on commence à partager depuis le premier moment que l’on ouvre la couverture d’un livre.

Leurs origines de nos auteurs sont très diverses, et leur écriture encore plus…. Découvrez-les….

FAITES UN BON ET BEAU PARCOURS

Une séance inoubliable, la façon parfaite de fermer cette année littéraire.  À  bientôt pour plus de lectures et plus de partages.

Voici L’exposition

Galerie d’images 

4 Réponses

  1. UNE GRANDE ET OUVERTE RECONNAISSANCE DE LA PART DU GROUPE DE L’ATELIER POUR JAVIER MEDINA, sans lui, rien de tout cela n’aurait pas été possible.
    Merci, Javier, pour ce couronnement…

  2. Merci beaucoup pour nous offrir la magnifique opportunité de pouvoir parler avec cet homme, nous avons eu l’occasion  d’écouter et dialoguer avec un poète

  3. Tout d’abord te remercier et te féliciter pour avoir organisé la présentation du livre, ça été super cette nouvelle expérience unique d’avoir un auteur entre nous.

  4. Et bon, comme je viens de dire à Javier, cette mise à jour du blog a culminé avec une magnifique présentation par qui on pourrait déjà qualifier comme notre auteur d’adoption. Tous nos gestes montrent bien notre l’attachement aux mystères que la littérature enferme.

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