• Bienvenus à l’Atelier de Littérature d’Expression Française

    Bienvenues à l'Atelier de Littérature française
    Si vous, internaute, d’où que vous veniez, vous êtes arrivé sur ce blog emporté par l'espoir de trouver un lieu où partager votre intérêt pour la littérature en langue française, vous êtes les bienvenus. Veuillez bien participer avec vos inquiétudes et vos idées en répondant aux posts affichés. Merci de votre visite et de vos opinions..

    Les membres de l'atelier de littérature.

    Tous à vos tâches
  • Pour nous trouver...

    Vendredi de 17h-19h (Consultez le calendrier sur la marge droite)
  • J’aime lire

  • Lisez le Bulletin de l’Atelier

    Lisez le Bulletin de l'Atelier
  • Version iPad-iPhone

    Version iPad-iPhone

    Cliquez sur l'image, téléchargez Flipboard et regardez le magazine de l'Atelier sur ton iPhone, ipad

  • Contributions

    Contributions
  • Chercher para catégories

  • Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire a ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

    Rejoignez 318 autres abonnés

  • Follow Atelier de littérature d'expression française on WordPress.com
  • Vidéothèque

  • RSS Vidéothèque sur l’Islam (en espagnol)

    • Une erreur est survenue ; le flux est probablement indisponible. Veuillez réessayer plus tard.
  • Phonothèque

    Phonothèque
  • RSS Audiolivres

  • Fiches de lecture
  • Échos littéraires

    Échos littéraires
  • Ecos literarios

  • La bibliothèque de l'Atelier

    La bibliothèque de l'Atelier

  • Mon livre préféré

    Mon livre préféré
  • Articles les plus consultés

  • Archives

  • Commentaires récents

    Re-vivre la vie | At… sur Peindre pour survivre
    Leticia Hernández Ló… sur Le crépuscule des coeurs
    Symétrie meurtrière… sur Camus-Sansal, Sansal-Camus:…
    Symétrie meurtrière… sur Retour à la vie
    Symétrie meurtrière… sur Le crépuscule des coeurs
  • Nous avons eu...

    • 122,503 visiteurs
  • Visiteur
  • Administration

Les semences de la violence

Mahi Binébine

Mahi Binebine, peintre, sculpteur et romancier, auteur de « Les étoiles de Sidi Moumen »(2010)

Nous avions une dette avec ce livre: « Lés étoiles de Sidi Moumen » de l’écrivain et artiste marocain Mahi Binebine. C’est curieux comment le temps a joué avec nous et nous a régalé l’opportunité de « régler nos comptes ». Le livre a été publié en 2010, chez Flammarion et peu après il a a gagné le prestigieux Prix de la Mamounia, dans sa première édition.  Un an après, nous avons programmé la lecture, pour mai 2011, mais une année scolaire très chargée nous a empêchés d’y arriver. Cette lecture a été, alors, repoussée à plusieurs reprises. Le temps a passé et un film est sorti sur le titre de «Les chevaux de Dieux» du cinéaste marocain Nabil Ayouch. Lui et l’écrivain se sont mis d’accord pour faire la promotion de leur /film-livre partout au Maroc et ailleurs; la chance nous a apporté ce film en Espagne au festival de Valladolid où il a été décerné avec « La Espiga de oro » de la Seminci en 2012. En plus, le film a été sélectionné pour le festival de Cannes 2012 et il a reçu le prix François-Chalais, parmi d’autres. C’est maintenant que l’opportunité est arrivée et que nous pouvons, à la fin, reprendre notre lecture et réparer le tissu de notre histoire comme des lecteurs que la chronologie avait laissé un peu effiloché.

Nous étions face à une œuvre dont la polémique n’est pas absente. S’agit-il d’une apologie du terrorisme? D’une justification? Ou, par contre, sommes-nous devant un essai littéraire dont les motives poussent des garçons d’un bidonville de Casablanca à se faire exploser? Essai sociologique ou de la littérature?

Le propre Mahi Binebine nous donne un peu la réponse lors de cet entretien à la télé, sur TV5Monde:

« On ne peut pas excuser l’inexcusable »… « Mais ces gamins sont quelque part des victimes »

La Trahison des images (1929, le fameux huile sur toile  (Los Angeles County Museum) est un des tableaux les plus célèbres de René Magritte. Il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante  : « Ceci n’est pas une pipe. »  De la même façon le critique littéraire et ami de l'Atelier, Abdella Baïda, nous rappelle dans sa chronique de ce livre que "Ceci est un roman", une approche littéraire et libre à une réalité, mais ce n'est pas de la réalité, "ceci n'est pas une pipe", non plus.

La Trahison des images (1929, le fameux huile sur toile peint à 1929 (Los Angeles County Museum) est un des tableaux les plus célèbres de René Magritte. Il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe. »
De la même façon le critique littéraire et ami de l’Atelier, Abdellah Baïda, nous rappelle dans sa chronique de ce livre que « Ceci est un roman », une approche littéraire et libre à une réalité, mais ce n’est pas de la réalité, « ceci n’est pas une pipe », non plus.

Ce débat est nécessaire car le livre ouvre une blessure jamais fermée après les attentats de Casablanca de 2003, après le 11-Septembre 2001 aux États Unis -une date qui a changé l’histoire-,  inspirés par la brutalité fondamentaliste et menés à terme par des garçons sortis d’un bidonville aux alentours de Casablanca: Sidi Moumen. Un évènement qui soulève aussi des  souvenirs terribles chez nous, en Espagne, à propos de l’attentat dans le métro de Madrid, le 11-Mars 2004.

Alors nous avons plongé aussi sur la question de l’équilibre  entre la dénonce et la fonction sociale de la littérature et le même fait littéraire, les valeurs du livre comme  roman et que l’auteur précise en sous-titre.  À notre avis, l’équilibre et bien acquis. L’épreuve: une évènement si tragique déclenché au milieu d’une pauvreté et d’une violence extrêmes, sont décrits d’une telle manière que le lecteur ne se laisse pas entrainé par la douleur ou la négativité.  Bien au contraire:

« L’enfer n’était pas si triste »

est le slogan ajouté dans la dernière des couvertures pour promouvoir et un peu résumer l’esprit du livre. Question de style Quels sont les vertus stylistiques de ce livre qui expliquent son succès? Il y en a plein. En voici quelques-unes.

Pour adoucir et mieux digérer la tragédie implicite de l’histoire, le livre est tressé sur un « va et bien » temporale, pas un flashback mais une interruption de la ligne chronologique  par l’insertion des détails d’un final que l’on connait à l’avance. Ça produit un effet de réduction de la violence de la fin de l’histoire et nous laisse penser qu’il s’agit d’un acte du fatum.

« Ça faisait belle lurette que Dieu avait détourné son auguste regard de Sidi Moumen »  (p 48) « Sidi Moumen, confluence naturelle de tous les déclins » (p 50) “Mais à Sidi Moumen, dès qu’un machine est rodée, voilà que des grains de sable viennent  l’enrayer Inéluctablement.” “C’était inscrit en lettres indélébiles sur la trame de nos destinées”  (p92)

Un autre aspect, présent partout, c’est le sens de l’humour, mélangé d’une manière presque impertinente, quand le protagoniste décrit comment ses dépouilles  sont recueillies avec une cuillère et mêlés avec celles de son ami.

Une mort presque sans cadavre, car le mien a été ramassé à la cuillère. L’ironie, ils ont enterré avec moi des restes de Khalil: une mâchoire édentée, deux doigts de la main droite,  celle qui avait actionné le dispositif, et un pied avec sa cheville car nous avions eu la mauvaise idée d’acheter des espadrilles identiques la veille du grand jour ». (p63)

La dureté de la vie chez le bidonville est adoucie par le sens de la quotidienneté tamisée par la vision des enfants qui nous a fait souligner la capacité de l’être humain pour s’imposer sur les catastrophes et sur les difficultés. Une vision qui nous a rappelé parfois à celle que nous avions connue lors de la lecture de « La porte de la chance » de El Mostapha Bouignane ou  « Le gonne du Chabâa », d’Azouz Begag.

La situation fantastique de créer un narrateur-fantôme qui est capable de regarder et de raconter son propre enterrement et sa propre détresse depuis son état de “fantôme amoureux” (p72) et d’“âme errante” (p85) réduit aussi le dramatisme et ajoute des notes d’innocence et d’irréalité qui nous éloigné du réalisme et de la tragédie. Dans quelques moments  l’auteur justifie la violence montrée  dans le livre comme le résultat d’un effet de condensation du temps dans l’histoire mais qui n’était pas si grave en réalité.

“Ce que l’on raconte ici c’est un condensé de 18 ans dans une fourmilière…” (p 63)

Nous ne sommes pas du tout d’accord car parfois on ressent un sentiment de normalité dans la violence qui est partout dans le livre qui nous rend un peu mal à l’aise. L’auteur a peut-être raison et c’est notre situation des privilégies qui n’avons pas vécu une telle réalité qui nous fait expérimenter un tel sentiment de dégout.

La réalité est vraiment dure et le livre ne s’éloigne pas d’elle et qui est encore présente dans les favelas du Brésil ou les bidonvilles de Bogotá. (Rappelons-nous de ce documentaire de la télévision française des années 80, « Les gamins de Bogotá ».)

Mais il y a de la tendresse partout, des émotions profondes et des moments d’une intense beauté littéraire comme quand la mère étourdie par la mort de ses fils exige un enterrement digne et accord aux traditions pour eux, malgré la prohibition qu’interdisait aux femmes d’aller au cimetière « les jours de mis en terre »:

À croupetons devant ses amas de terre humide, les mains sur son visage desséché ou les rides, se nourrissant de la douleur, avaient tissé leur toile en un rien de temps. Les yeux de Yemma avaient presque disparu, comme mangés par ses paupières. » (p68)

Et le contrepoint délicat, sensible, de Guizlane, la sœur de Fouad, et l’amour éternel du protagoniste, « un joyau tombé du paradis », « une fausse note à l’envers » (p72) qui couvre d’un rideau invisible fait de sentiments la terrible réalité bien qu’elle n’arrive pas à éviter le destin de son amoureux. Le livre ou le film?

Affiche du film "Les chevaux de Dieu"

Affiche du film « Les chevaux de Dieu »

C’est un débat stérile car ce sont des réalités différentes avec les mêmes racines. Nabil Ayouch a fait un film inspiré par le livre mais son message et le langage ne sont pas ceux du livre en entier, malgré la présence de l’auteur comme consultant. D’abord, le slogan choisi pour le film est un autre différent qui met le point sur l’aspect de la dénonce et  » l’inévitable » destin des protagonistes.

« On ne nait pas martyr »

Il y a d’autres licences dans le film. La violence n’est pas si explicite ni si abondante que dans le livre, la transformation de Hamid, le frère ainé, dans un fondamentaliste islamique va se produire en prison et, surtout, ce sera Hamid le grand protagoniste du film avec ses doutes et son refus de participer à l’attentat ce qui n’est pas si évident ni développé dans le livre. Prochaine destination: Sidi Moumen Nous avons décidé alors d’affronter cette lecture dans deux parties: la première, plus générale qui nous sert de présentation et une autre pour approfondir dans le style, les personnages et la propre histoire. Une autre histoire des enfances saccagées  comme cela se passe presque toujours quand on retourne à nos années de jeunesse, « l’enfer n’était pas si terrible » car nous avions toute une vie devant nous, nous étions des conquérants, des chevaliers, des rois, des joueurs de football, comme le Yachine de notre histoire, impossible de vaincre.  Ils  étaient, comme dans la chanson de Joaquín Sabina, « des papillons des bidonvilles qui n’avaient pas appris à voler ».

Espagnol Français
 Cuando aprendí a tragar fuego el circo ya se había ido de Albacete a Nueva York. El elefante está ciego el domador malherido ¿quién ha mentido, mi amor?  Quand j’ai appris à avaler du feu le cirque était déjà parti d’Albacete à New York. L’éléphant est aveugle, le dompteur est blessé qui a menti, mon amour?
 La canción que estoy cantando empieza en otras canciones y acaba en un hospital. ¿Por qué me sigo jugando la vida a pares o nones por fulanita de tal?  La chanson que je chante commence par d’autres chansons et finit dans un hôpital. Pourquoi continue-je à risquer ma vie pour pair ou impair pour un quiconque?
 Cuando el flautista de hamelin sacó un ratón de su bombín, Polichinela se fugó con Arlequín. Hay mariposas de arrabal que nunca aprenden a volar, vinagre y rosas, a la hora de cenar. Lorsque le flutiste d’Hamelin est sorti une souris de son chapeau melon, Polichinelle s’est enfuit avec Arlequin. Il y a des papillons dans les bidonvilles qui n’apprennent jamais à voler, du vinaigre et des roses pour diner.
 La trapecista polaca se encaprichó de un forzudo caminito de Moscú. Cambió mi oro por su alpaca, maldita ley del embudo, no valgo menos que tú. La trapéziste polonaise s’est amourachée d’un costaud sur le chemin de Moscou. Elle a changé mon or pour son bijouterie, maudite loi du plus fort, je ne vaux pas moins que toi.
 El lanzador de cuchillos por llevarse algo al bolsillo trabaja de afilador. El hombre bala se enfada, su pólvora está empapada de tanto decir adiós.  Le lanceur de couteaux pour gagner quelque chose il travaille comme aiguilleur. L’homme-boulet est en colère, la poudre est trempée de tant dire au revoir.
 Cuando el flautista de hamelin sacó un ratón de su bombín, Polichinela se fugó con Arlequín. Hay mariposas de arrabal que nunca aprenden a volar, vinagre y rosas, a la hora de cenar. Lorsque le flutiste d’Hamelin est sorti une souris de son chapeau melon, Polichinelle s’est enfuit avec Arlequin. Il y a des papillons dans les bidonvilles qui n’apprennent jamais à voler, du vinaigre et des roses pour diner.

Pour en savoir plus

Une Réponse

  1. […] racines du fondamentalisme et le grand saut, les même appellatif utilise par Mahi Binebine dans «Les étoiles de Sidi Moumen». Rejoindre le paradis à travers une explosion qui lui sauvera de la faim, après avoir été […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s