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Le silence des arbres

Cette histoire est vraie,  parce qu’elle est ancrée dans la réalité, plongée dans la vie réelle. Mais elles est fausse également parce qu’elle est l’objet d’un travail littéraire (…) Bref, ce qui reste, c’est le mensonge (facétie) de la mémoire, de la parole.

"Loin de mon père", de Véronique Tadjo

« Loin de mon père », de Véronique Tadjo

Cette histoire vraie-fausse, s’appelle « Loin de mon père », le roman de l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo. Une autobiographie cachée. L’auteure semble avoir eu la nécessité de réviser sa vie en même temps qu’elle nous montre quelques aspects méconnus d’une culture, d’un monde disons « africain »..

Nina revient dans son pays, la Côte d’Ivoire, pour y enterrer son père et organiser ses funérailles. Face à la famille, aux parents, aux amis, aux voisins, Nina est seule. Le pays qu’elle a quitté depuis si longtemps lui échappe, les règles et les usages lui restent obscurs, et il s’agit pourtant de trouver le ton juste, l’attitude convenable face aux comportements des uns et des autres, aux mesquineries, aux convoitises.
Pour des raisons protocolaires, les funérailles sont plusieurs fois ajournées mais, dans ce pays où gronde la guerre civile, dans cette ville d’Abidjan en proie au chaos, Nina tente d’accepter, d’assumer son impuissance et de retrouver une appartenance à jamais perdue. Malgré sa posture tout à la fois proche et étrangère, elle investit avec dignité la place qui sera désormais la sienne en cette maison paternelle. (Actes-Sud)

Faisons alors, de la main de ce livre, un voyage culturel, vers un monde différent, complexe, exotique, contradictoire. Le monde des marabouts, de l’esprit de la polygamie, de l’amalgame des cultures qui est l’Afrique.

La thèse de Véronique Tajdo c’est aussi sa propre vie: « l’acculturation » des Africains. Le tribalisme original, essentiel des gens envers l’occidentalisation envahissante et, parfois, salvatrice. Des mondes frappés par les guerres, la pauvreté, l’isolement.

Une contradiction très bien représentée para la figure du Père -en majuscules, tel est son rôle d’archétype. Une figure dont le caractère exceptionnel devient au fur et à mesure que l’on lit, plus humaine, plus faible, un homme comme tant d’autres, avec ses défauts, ses insuffisances, ses vides… Pas un bon père, pas un bon mari… toujours vu du point de vue occidental.

La protagoniste, Nina, se rend dans son pays d’origine lors de la mort de son père et fait un retour non seulement géographique mais spirituel. Elle esquisse quelques passages de sa vie, de sa relation avec sa sœur, Gabrielle, toujours teintée de la jalousie de Nina envers son indépendance, le manque d’insouciance à la critique dont Gabrielle fait sa façon de vivre .

Elle songea a Gabrielle. En vérité, elle l’enviait d’être aussi déterminée, aussi sûre de ses convictions. Si seulement elle avait pue imposer les siennes aussi froidement que sa sœur, elle n’en serait pas là aujourd’hui. Ne plus savoir où avancer. (p111)

C’est précisément le courage de Nina-Véronique pour faire face à son histoire ce que rend ce roman plus attirant. Plus qu’un effort pour se déshabiller , Nina se dépouille d’elle-même, change sa peau devenue carapace, ouvre les fenêtres de son âme.

Une renaissance qui est illustrée sur le livre à propos de la lecture du passage biblique de la résurrection de Lazare (p188), son passé-lazare qui resurgira sous la surveillance des restes de son père, qui lui permettra finir cette relation difficile avec un

Elle pensa qu’elle l’aimerait toujours.

Le vaudou, un substrat mi-religieux, mi-païen de beaucoup de cultures africaines

Le vaudou, un substrat mi-religieux, mi-païen de beaucoup de cultures africaines

Mais le livre est aussi bien une introspection dont chacun de nous peut trouver des reflets de la vie personnelle, un regard autorisé, compréhensif, respectueux bien que critique, de la société ivoirienne.

D’un style presque « filmique », on s’approche de la supercherie, des superstitions ancestrales, qui soulignent la faiblesse de l’être humain envers les catastrophes et les mystères de la Nature, et qui essaient de les conjurer avec des rites parfois effrayants.

Véronique Tadjo

Véronique Tadjo (visualiser avec Layar pour regarder les documents attachés)

La famille est aussi un sujet très présent. Une famille patriarcale, qui, quelle paradoxe!- vit en marge du père, une figure absente à l’éducation et le jour au jour des enfants et de la mère, devenue objet au service de la continuité de la lignée familiale. Des enfants qui font la transition eux-mêmes vers le monde adulte sans presque aucune aide. Dans le cas de Nina, d’une part, le père toujours engagé aux responsabilités publiques; la mère, jamais intégrée dans un monde auquel elle ne pourras jamais appartenir .

Les petites ou grandes tragédies personnelles qui  jaillissent dans le livre sont toujours adoucies de l’espoir avec lequel l’auteure a voulu finir chaque chapitre. Une auteure qui par sa sa manière d’écrire et de répondre dans les entretiens, nous semble une femme accessible, naturelle, sans « maquillages d’esprit ».

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Lors de la découverte de ce beau livre plein de poésie nous avons mis en relief certains paragraphes par sa manière d’être écrits, par son message dans le contexte de l’histoire.

Chaque membre l’Atelier a fait le choix d’un long extrait  mais nous nous contenterons ici de reproduire certaines phrases de ces morceaux choisis.

Les fourmis, c’était une autre histoire. Dans le même livre, Nina avait appris qu’elles évitaient les violences inutiles.. (pag.64) Irene

Entre ses parents, ce ne fut pas le coup de foudre (pag.83) Natalia

(…) Mais as-tu pensé aux autres, à nous, à la famille ? Il s’agit de ton père et tu sais ce que cela signifie ici. La mort est une chose très importante. (par. 111) Francisco Javier

Dès que Nina et sa sœur sortaient se promener, une horde d’enfants courait derrière elle en chantant : « Bôfuè, Bôfuè ! » (pag.126) Juan

Abandonne tes prétentions. Ne te perds pas dans la complaisance. Rien n’est certain, surtout pas l’évidence. N’aie pas peur de ce qui est en toi ». (pag. 142) Teresa

Juste avant de fermer  les yeux, elle entendit la pluie marteler le toit avec fureur. Ses angoisses éclataient sous l’orage. (Pag. 165) Carmelo

Pour finir cette petite chronique, on peut définir ce livre comme une histoire d’autre temps écrite aujourd’hui. Très bien écrit, très bien décrit, qui soulève des émotions , qui nous a fait découvrir ce monde africain si attirant  et qui enferme autant de secrets jamais relevés.

L’Atelier voudrait remercier vivement Véronique Tadjo pour ses mots encourageants et rassurants envoyés dans des messages tout récents. Ils nous ont agréablement touchés et nous nous sentons très heureux de savoir que les écrivains sont « près de nous », leurs lecteurs.

Voici une possible conclusion à ces pensées rédigées dans cette chronique

Nina songea:

« Les arbres son porteurs de notre mémoire. Et pourtant ils se taisent, gardent jalousement leurs secrets. Je ne saurai jamais ce qui s’est réellement passé. »

Pour en savoir plus

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2 Réponses

  1. Madame Tadjo,

    Je suis une élève de L’Atelier de Littérature Française à L’école Officielle de Langes de Aranjuez. Inma nous a donné l’oportunité de vous envoyer quelques mots à propos de votre merveilleux livre “ Loin de Mon Pére”. Nous l’avons lu avec un grand intérêt et aussi discuté en large et en long sur ce voyage á travers le personnage de Nina. Elle nous a montré toute sa souffrance mais aussi tout son amour pour ses racines et j’ai compris à mon tour cette souffrance et tout cet amour comme si j’étais là, avec elle. Le pouvoir de la lecture si bien écrite.
    Merci beaucoup et si vous venez un jour en Espagne, vous pouvez nous rendre visite, nous serons enchantés de vous recevoir.
    Á bientôt.

  2. […] Loin de mon père (Véronique Tadjo): Le silence des arbres […]

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