• Bienvenus à l’Atelier de Littérature d’Expression Française

    Bienvenues à l'Atelier de Littérature française
    Si vous, internaute, d’où que vous veniez, vous êtes arrivé sur ce blog emporté par l'espoir de trouver un lieu où partager votre intérêt pour la littérature en langue française, vous êtes les bienvenus. Veuillez bien participer avec vos inquiétudes et vos idées en répondant aux posts affichés. Merci de votre visite et de vos opinions..

    Les membres de l'atelier de littérature.

    Tous à vos tâches
  • Pour nous trouver...

    Vendredi de 17h-19h (Consultez le calendrier sur la marge droite)
  • J’aime lire

  • Lisez le Bulletin de l’Atelier

    Lisez le Bulletin de l'Atelier
  • Version iPad-iPhone

    Version iPad-iPhone

    Cliquez sur l'image, téléchargez Flipboard et regardez le magazine de l'Atelier sur ton iPhone, ipad

  • Contributions

    Contributions
  • Chercher para catégories

  • Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire a ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

    Rejoignez 330 autres abonnés

  • Follow Atelier de littérature d'expression française on WordPress.com
  • Vidéothèque

  • RSS Vidéothèque sur l’Islam (en espagnol)

    • Erreur, le flux RSS est probablement en panne. Essayez plus tard.
  • Phonothèque

    Phonothèque
  • RSS Audiolivres

  • Fiches de lecture
  • Échos littéraires

    Échos littéraires
  • Ecos literarios

  • La bibliothèque de l'Atelier

    La bibliothèque de l'Atelier

  • Mon livre préféré

    Mon livre préféré
  • Articles les plus consultés

  • Archives

  • Commentaires récents

    2016-2017: Une année… sur Noël multicouleur
    2016-2017: Une année… sur Chagrin en temps de jeune…
    Témoignage sur l… sur Rentrée
    Re-vivre la vie | At… sur Peindre pour survivre
    Leticia Hernández Ló… sur Le crépuscule des coeurs
  • Nous avons eu...

    • 126,793 visiteurs
  • Visiteur
  • Administration

Sisyphes de la vie

Le tableau "Niños comienod uvas y melón"  (Garçons en train de manger raisins et melon") de Bartolomé Esteban Murillo nous emmène vers des vies tragiques surgies des enfances saccagées comme celui du protagoniste de "Rue des Voleurs"

Le tableau « Niños comiendo uvas y melón » (Garçons en train de manger des raisins et du melon ») de Bartolomé Esteban Murillo nous emmène vers des vies tragiques surgies des enfances saccagées comme celle du protagoniste de « Rue des Voleurs »

La dernière séance consacrée à commenter le livre de Mathias Énard, « Rue des voleurs », est devenue une mosaïque d’opinions. Emportés par la vie tumultueuse du protagoniste, Lakhdar, on a fait une analyse qui, souvent, a débordé l’histoire même et on est allés survoler des territoires éloignés mais inspirés de cette histoire, y attachés à des fils invisibles.

D’abord on s’est demandé sur la psychologie de ce Lakhdar, obsessif, existentialiste, contradictoire. S’il se sent toujours prisonnier de sa vie, il est en même temps un survivant de événements vécus. Une vision négative de l’être humain, réduit aux instincts plus bas. Des instincts qui lui feront surmonter les infinies difficultés balisant sa vie. Un « Ulysse » de la pauvreté, un « Sisyphe« * condamné par toute l’éternité à porter sur lui une vie pénible qu’il laissera tomber dès qu’il semble arriver au sommet d’une étape. pour recommencer à nouveau.

Héros ou antihéros? On se l’est aussi demandé. Un héros, en Littérature, doit-il être un porteur de valeurs positives? Les antihéros habitent en marge de la société, ils transmettent souvent des « ondes » négatives autour d’eux. Dans la Littérature espagnole on compte comme paradigme de ces antihéros, le Lazarillo de Tormes ou la Célestine  de Fernando de Rojas.

On n’est pas arrivé à une décision satisfaisante. Bien que Lakhdar se débrouille dans des ambiances et situations toujours marginales, poursuivi d’un fatalisme depuis le berceau même, il arrive à ne pas succomber à cette malédiction: il continue à essayer de se réinventer, à surmonter tous les obstacles qui l’empêchent de s’en sortir. C’est comme ça que ce roman qui pouvait être une œuvre oppressante par la dureté des évènements qu’on y raconte devient une histoire presque optimiste.

Peut-être Lakhdar est un héros quotidien, le type de héros qui habite dans les rêves de chacun dont la héroïcité est celle de faire la vie des autres un peu plus harmonieuse, plus paisible. Un héros intime qui adoucit la dureté de son entourage, devenu, dans le cas du protagoniste, une jungle amère, peuplée des féroces animaux humains.

On a eu l’occasion aussi de parler du fondamentalisme, un fantôme qui, attentif à la démarche de notre « héros », tombera à plat sur lui vers la fin de l’histoire, sans vraiment comprendre la raison, quand tout faisait penser que cette étape de sa vie était finie.

Un fondamentalisme qui est toujours intolérant, qui empêche les sociétés d’avancer, de surmonter leurs tabous, une excuse pour dominer les autres et leur interdire de penser. La nourriture des extrémismes, l’inculture.

Voilà sinon les commentaires que nous pouvons lire sur la « Lettre à Allah… » que le critique littéraire Abdellah Baïda a écrit sur le site Qandisha. L’un d’entre nous a commenté sur cette situation que « « Baïda a écrit une lettre à Dieu et qu’elle a été interceptée par le diable, qui est celui qui répond dans de nombreuses occasions avec des sottises démagogiques, en jouant à la confusion. » « 

Être écrivain signifie aussi avoir une vision critique de la vie, adopter une position de compromis envers le futur. Avoir le courage de dénoncer l’injustice, faire des mots, les armes nécessaires pour soutenir la cause de la liberté. Un provocateur compulsif.

Les années soixante ont connu chez l'Espagne une grande vague d'émigration vers l'Europe. Une seconde vague s'annonce pour le futur immédiat?

Les années soixante ont connu en Espagne une grande vague d’émigration vers l’Europe. Une seconde vague s’annonce-t-elle dans l’horizon d’un futur immédiat?

Une autre « brise »nous a emmenés, tout le long du débat, à parler de l’immigration, faisant des liens entre le moment actuel qui commence à connaitre chez nous une seconde « vague » d’exilés économiques,  et les années 50-60 qui ont connu un grand déplacement des gens à la recherche d’une amélioration de leurs conditions de vie.

Lakhdar est un personnage réel, trop réel, qui nous montre ces vies que l’on ne voudrait jamais en connaitre et que nous saluons chaque jour d’un geste de la tête vers la direction opposée.

On devient l’équivalent humain du pigeon ou de la mouette. Les gens nous voient sans nous voir, parfois ils nous donnent des coups de pied pour que nous disparaissions et peu, bien peu, imaginent sur quel bastingage, sur quel balcon nous dormons, la nuit. (p18)

« Rue des voleurs » est un livre complexe, qui mérite des plusieurs lectures pour saisir les messages, les complicités, les parallélismes que l’on devine et ressent avec le moment actuel. On l’a qualifié d’une chronique actuelle sous le support d’un roman, une chronique qui accroche, qui nous laisse presque sans souffle, suivant les souffrances du protagoniste, accablé des épreuves pour survivre.

Une seule critique négative: on pense qu’il manque une explication pour la fin, pour cette retrouvaille avec son ami d’enfance. C’est cette absurde fin qui consititue le talon d’Achille d’une histoire qui fait beaucoup réfléchir.

Voilà d’autres aspects à commenter, à y penser, moments littéraires à souligner:

  • La longue trajectoire de la  courte/longue  vie  du protagoniste :
  • Tanger, la plage, la contemplation de la côte espagnole  la librairie, le paysage humain : famille inexistante, amis, (Bassam), son amour d’enfance qui lui marquera pour toujours (Meryem), le groupe des islamistes, Nouredine à sa tête. Les révoltes du 20 février au Maroc  au milieu du Printemps arabe,  l’attentat à MarrakechRencontre avec Judith et son amie (étudiantes espagnoles d’arabe)
  • Trouvaille d’un petit job : saisie kilométrique par moyen d’un tel Jean-François, l’approche de la lecture à travers la tache de copieur… « Je me sentais très arabe grâce à Judith » (p100)
  • Départ pour Algeciras, travail dans un bateau .
  • L’Espagne : réussite ou déception ?
  • Judith : amour-désamour / désenchantement/ Expression : « je suis repartie le cœur dans les godasses » (pag.117)
  • La sexualité, « l’incurable mélancolie des couilles » (p53)
  • L’arabe comme langue pleine de beauté: « un océan de lumières » (p24-25) La littérature classique arabe et leurs personnages égrainée tout le long du roman et que nous avons essayé de refléter sur le mur des « villes invisibles »: Ibn Batouta, Ibn Taymiya, Ibn Zaydûn, Ibn Hazn, Mutanabbî, Jâhiz, Nizar Kabbani, Mohamed Choukri… et les connexions avec d’autres littératures: Bowles, Burroughs, Izoo, Ángel Vázquez…
  • La réalité sociale-politique espagnole : depuis Zapatero jusqu’à nos jours : le mouvement du 15M , les indignés et sa vision désenchanté du mouvement (p49)
  • Voyage par l’histoire et la géographie espagnole : les lieux communs, clichés qui on été transmis à travers
  • l’histoire entre le Maroc et l’Espagne. (L’Espagne redeviendra marocaine, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être) pag. 128
  • … éternellement sur le départ, dans le barzakh , entre la vie et la mort (pag. 130)
  • Deux autres personnages apparaissent dans l’histoire bien opposés l’un à l’autre : SAADI / MARCELO CRUZ (un mystère sombre et fuyant. Pag. 153)
  • Arrivée a LA RUE DES VOLEURS en pleine « carrer robadors », quartier dégradé de Barcelone. « Barcelone c’était différent, c’était la démocratie, mais on sentait que tout cela était sur le point de basculer, » …. Pag. 195
  • Des faits divers se succèdent dans notre histoire la plus récente : Sidi Bouzid en Tunisie, le meurtre dans une école de Toulouse , la grève générale en Espagne,
  • Réussites et échecs se mélangent sans  répit , la vie passe, L’Europe s’effondre économiquement , explose du point vue humain, manifestations dans la rue.. « Qui sème la misère récolte la rage » pag.209
  • Retrouvailles mystérieuses avec Nouredine, le Cheik et Bassam, prémonitions d’une fin tragique …
Carrer d'En Robador. El Raval (Barcelona)

Carrer d’En Robador. El Raval (Barcelona)

La rue des voleurs » nous a volé un peu de notre tranquillité, de notre sureté… nous a provoqués et nous à fait beaucoup y réfléchir, guidés par la main ferme et sage de cet écrivain que nous avons aimé et que nous avons ajouté à notre tableau d’honneur des écrivains qui sont arrivés à nous toucher de près.

Notre séance a été aussi consacrée à célébrer la Journée Internationale de la femme dans un panorama international où les situations d’inégalité et de violence envers les femmes continuent à remplir les premières pages des journaux.

.

Une fille de 15 ans, survivante d’une viole, est en danger d’être incarcerée chez elle et d’être fouettée après être trouvée coupable et condamnée à 8 mois d’arrestation et 100 coups de fouet.(Maldives)

Amnesty International (Espagne) a lancé une intéressante campagne -« Mujer tenías que ser« Amnesty International (Espagne) a lancé une intéressante campagne – »Mujer tenías que ser » (Phrase expressive de difficile traduction en Français car elle contient de connotations péjoratives, souvent utilisée pour relier une erreur par le seul fait d’être « une femme»)  pour souligner les « femmes extraordinaires » de la vie de chacun.

Une fois la rue des voleurs parcourue… nous serons libres de pouvoir arpenter d’autres chemins: « Kant et la petite robe rouge », « Mme. Bovary » … même s’il est toujours vrai qu’un certain sentiment de « peine » nous envahis quand on dit « au revoir » à un livre.

Peu importe. Dans les moments de tristesse passagère ou permanente il nous restera toujours ces parcours littéraires et tous ces textes qu’un jour nous ont rendus « heureux »…

Soyons donc heureux et « à la prochaine »…

Pour en savoir plus


*Sisyphe:
  • Personnage de la mythologie grecque, figurant dans l’Odyssée d’Homère, qu’Hadès a condamné pour l’éternité à faire rouler un rocher jusqu’au sommet d’une colline sans jamais pouvoir l’atteindre. [Mythologie].
  • Sens 3 Tâche impossible à réaliser, difficulté impossible à surmonter ou personne devant faire face à ce genre d’obstacle (en référence au rocher de Sisyphe). [Littéraire]

Une Réponse

  1. […] Rue des voleurs (Mathias Ennard): De Tanger à Barcelone : une épopée silencieuse: Sisyphes de la vie. […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :