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Amoureuses

siham_benchekroun

« Amoureuses » de Siham Benchekroun

Amoureuses est un recueil de nouvelles de Siham Benchekroun où la passion est conjuguée au féminin pluriel. C’est un récit en prose traitant le thème de l’amour amoureux. Il y assemble neuf nouvelles de longueur inégale. Publié en 2012 chez l’édition Empreinte. Il a eu le coup de cœur des «  étudiants » du prix Grand Atlas, (la même année).

La structure du recueil, déjà, dénote le talent d’une nouvelliste qui nous invite à visiter l’âme féminine. Avec un style empathique et lyrique, Siham Benchekroun dresse le portrait de différentes femmes  « Ardente », « Conjointe »,  « Sauvage », « Cachée »,  « Vénéneuse », « Semblable », « Vassale », « Marchande », «  Eternelle »  et à travers ce répertoire des tempéraments amoureux, Siham Benchekroun interroge l’âme humaine, féminine surtout, en empruntant une voie/ voix originale.

Les questions du départ paraissent simples mais elles nous entrainent très loin : quels sont les différents amours ? Quels sont les archétypes ?

La passion amoureuse surgit avec hémorragie de sentiments dans la vie d chacun d’entre nous. C’est une délicieuse catastrophe. Une volupté de l’enfer, une mort trop douce. On l’espère, on la redoute. Elle fascine. Aucune émotion n’a suscité à la fois une telle séduction et une telle aversion .On y souffre avec délectation. On aime au point de haïr. Loin de vivre, on voudrait en mourir.

Sur un axe paradigmatique de l’amour : on peut répertorier et classer l’amour en plusieurs types : l’amour jaloux, possessif, haineux…L’auteure a pris des archétypes : l’amour marchand, l’amour exclusivement sexuel, l’amour homosexuel…Cette pluralité offre d’orées et déjà une bigarrure : un amour qui se révolte contre l’unicité et rompe avec l’uniformité de la conception de l’amour.

Siham Benchekroun est une romancière, nouvelliste et poétesse marocaine. Native de Fès, elle obtient son Baccalauréat scientifique au Lycée mixte de Fès et poursuit des études de médecine au Maroc, à Rabat puis à Casablanca. Pionnière dans le journalisme médical marocain, elle fonde en 1992 le premier groupe de presse marocain spécialisé dans la santé et y occupe les fonctions d'éditorialiste et de directrice de publication. Elle édite d’abord une revue destinée au corps médical, Espérance Médicale, puis d’autres revues professionnelles (pharmaciens, dentistes, sages-femmes). Elle cède ce groupe en 2008.

Siham Benchekroun est une romancière, nouvelliste et poétesse marocaine. Native de Fès, elle obtient son Baccalauréat scientifique au Lycée mixte de Fès et poursuit des études de médecine au Maroc, à Rabat puis à Casablanca. Pionnière dans le journalisme médical marocain, elle fonde en 1992 le premier groupe de presse marocain spécialisé dans la santé et y occupe les fonctions d’éditorialiste et de directrice de publication. Elle édite d’abord une revue destinée au corps médical, Espérance Médicale, puis d’autres revues professionnelles (pharmaciens, dentistes, sages-femmes). Elle cède ce groupe en 2008.

Ce récit met en scène des personnages féminins en devenir, des femmes s’affirmant pas à pas en tant qu’individus moralement autonomes et sujets responsables.

Leur subjectivité, jadis mise en veilleuse commence à se manifester pleinement. Chaque femme «  exprime sa particularité », sa façon d’aimer…son choix…Du coup, on s’écarte du cliché que l’on trouve dans la littérature maghrébine. Les femmes répudiées, battues. Citons, à cet égard, l’exemple de Touria Oulhri dans son roman, la Répudiée [1] :

La répudiation transmet un message social : le privé se trouve transféré dans la sphère du public […] elle officialise le regard méprisant porté sur la femelle dont le mâle ne veut plus.

Le premier texte de Amoureuses évoque les sentiments d’une femme qui souffre à cause de la séparation avec l’amant :

« Eloignés l’un de l’autre, nous peinons à trouver le repos. La séparation nous rend errants parmi les autres ».

La nouvelliste saisit aussi certaines scènes d’intimité avec une poésie décalée. Elle montre un personnage féminin qui devient autre sous les caresses de son amant :

Tes mains affrontées vagabondent le long de mes courbes puis déraillent au plus intime de moi .Elles jouent au luth que je suis devenue. Chaque corde vibre. A leur musique une chair que je n’avais pas me surprend et frissonne. Je ruisselle d’amour.

De l’amour ardent à l’amour soumis. La femme renouvelle son rapport à l’homme et remet en cause ses amours à lui, il est dorénavant multiple :

«  L’univers de ma vie, le socle de ma vie. Tu es Zmani : mon destin »

         Dans la nouvelle « Sauvage », Siham Benchekroun, dresse le portrait d’une femme qui s’affirme en tant que personne à part entière : «  Je suis si bien d’être moi ». Cette affirmation devient complétude, retrouvailles avec soi, amour de soi. L’être passionné, narcissique, cherche à multiplier ses amours :

Je ne menace personne de l’aimer à vie. Autant lui promettre la lune qui ne m appartient pas. Que sais-je de demain moi qui vacille sans cesse dans l’étonnement du présent ? Que sais-je de me devenir ?

Il semble que l’amour est fait pour se multiplier. Alors pourquoi introduire la notion de fidélité dans le contexte de la relation amoureuse. L’enfermement apparait tellement aux antipodes de l’amour :

Je n’ai rien vu de plus lugubre, e plus aberrante invention que la fidélité. Exige-t-on des êtres humains qu’ils ne goûtent qu’un seul fruit, qu’ils contemplent pour le restant de leurs jours le même paysage ? Non bien-sûr ce serait ridicule.

Ainsi, le personnage coupe le cordon ombilical qui rattache la femme à la passion amoureuse et avec cette rupture, la passion littéraire est née de la passion amoureuse.

Au fil de la narration, l’auteure nous plonge dans la sphère d’une amoureuse « cachée », qui par souci de la morale et des apparences dictées par la structure sociale, est acculée à se cacher :

Vivre avec un homme marié, c’est vivre des restes d’une autre, tu entends ? Et apprendre à s’en contenter, à ne pas en perdre une miette !

Même si cette passion, la dégrade socialement, elle refuse de voir la réalité en face :

«  C’est humiliant je sais, mais je bande les yeux »

Comment la passion fascine-t-elle à ce point ? Comment une émotion si peu convenable, comment un phénomène affectif si contraire aux bonnes mœurs, comment un délire provoquant une telle hémorragie de sentiment ?

Il s’agit bel et bien d’un personnage qui cherche à se construire une personnalité affective, psychologique en se liant sentimentalement l’autre, à se désirer à travers l’autre. La réalisation de soi passe nécessairement par autrui.

Pour la nouvelle, « Semblable », l’auteure relate la rencontre entre deux femmes. Maria, qui commence à prendre conscience de l’amour éprouvé à l’égard de Sonia. Toutefois, celui-ci est stigmatisé comme étant «  contre nature » et empêche Maria de l’avouer à son amie :

C’est devenu une véritable épreuve de jouer à une amitié insouciante .Mais qu’est ce que je pourrais te dire ? Que je tremble d’amour et de désir pour toi, alors que je suis ta semblable ? Que cette ‘sœur’ que tu chéris tant te convoite comme un homme ?

Maria tombe de plus en plus amoureuse de Sonia, et s’interroge sur son orientation sexuelle :

J’aime une femme et quelle femme ! La plus merveilleuse de toutes …J’aime une femme. Je ne cesse de me le répéter. J’en suis émerveillée et, en même temps, je ne sais quoi en faire ni ce que ça vent dire ? Etais-je homosexuelle sans le savoir ?

Le profil de Maria s’inscrit d’ailleurs dans un cadre anticonformiste, C’est une femme autre (inhabituelle), qui se réclame, se conteste, se réveille et qui se condamne à l’amour, mais surtout qui se purifie d’une identité qu’on lui assigne :

Tant pis pour celles qui se sont rendues avant même de se battre. Tant pis pour celles qui se mettent et justifient leur faiblesse par des alibis de paix ou de sécurité. Tant pis pour les craintives, les soumises. Celles qui choisissent de vivre courbées au lieu de se tenir debout. J’ai pour ma part a nuque bien trop raide pour la plier. Tant pis pour celles qui préfèrent obéir au lieu d’affronter. Elles craignent la solitude mais se suffisent d’une compagnie de façade. Quant à moi, si je devais mourir seule, je mourrai dignement plutôt que d’être inféodée.

De ce fait, Siham Benchekroun, met en évidence un personnage face à la coercition de la contrainte communautaire qui n’a cessé de marquer la littérature marocaine, ces seize dernières années.

Elle livre d’autres vécus possibles de l’amour amoureux : charnel, marchand, totalement soumis… et achève sciemment son livre par la nouvelle

« Eternelle ». C’est un hommage au sacré. La passion devient spirituelle et mystique. L’abolition du temps chronologique et de l’espace physique fait surgir un être nouveau. C’est l’expression de l’amour qui bat le chemin de la liberté :

Un jour je t’avais dit : je t’aimerai encore même si je ne t’aime plus. Je veux t’aimer au-delà du temps, au-delà de toi, au-delà de moi. Et il me semble que plus j’avancerai, dans cet amour, plus je me libérerai de toi. Je ne veux plus avoir besoin de toi pour t’aimer.

Latifa Chahbi. (Doctorante, Université Ibn Tofail. Kenitra. Enseignante chez Ministère de l'Education Nationale

Latifa Chahbi. (Doctorante, Université Ibn Tofail. Kenitra. Enseignante chez Ministère de l’Education Nationale. Elle fait une thèse sur l’écriture de femmes.

L’originalité de l’écriture chez Siham Benchekroun, réside dans le fait qu’elle aborde une thématique, qui relève du quotidien à savoir : l’amour sous plusieurs facettes. Amoureuses est un récit captivant, par l’usage particulier de tout un vocabulaire de la rupture avec la conception classique de l’amour.

Il est, en effet, inconcevable de libérer la langue sans nous libérer de notre dépendance à la tradition. C’est en ce sens que la littérature offre ce que Pierre Bourdieu et Nathalie Heinich appellent un « espace des possibles », à partir duquel les écrivains font exister un projet «  créateur » pas forcément coupé des dispositions particulières qui sont les leurs.

Par ailleurs, le regard est très vite passé d’une littérature marquée par l’autotélisme à une surdétermination de l’écriture par le réel considéré sous l’angle de l’expérience d’un Maroc en mutation.

Latifa Chahbi. (Doctorante, Université Ibn Tofail. Kenitra)

Collaboratrice de l’Atelier de Littérature Française

Bibliographie

  • Benchekroun, Amoureuses, Casablanca, Empreintes éditions, 2012.
  • Oulhri, La Répudiée, Casablanca, Afrique-Orient, 2001
  • Heinich, Les ambivalences de l’émancipation féminine, Paris, Albin Michel, 2003

[1] Touria Oulhri La Répudiée, Casablanca, Afrique-Orient, 2001 p.58

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