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Hassan Alwazzan dit « Léon l’Africain »

Extrait de l’article écrit le 21 décembre 1934 dans la revue « Almaghrib » par Said Hajji (1912-1942) fondateur de la presse nationale arabe au Maroc. (lire tout l’article au site original)

Hassan Alwazzan dit « Léon l’Africain » (1495 – 1548)

Une personnalité marocaine hors du commun ignorée du milieu marocain

Son époque

Les bouleversements politiques

En jetant un coup d’oeil rapide sur les évènements de cette époque pendant laquelle la personnalité dont il va être question dans la suite de cet entretien a vécu, nous nous rendons compte des troubles dont le Maroc souffrait et du chaos dans lequel il était plongé à la suite de l’affaiblissement de l’Administration des Mérinides et de l’arrivée en masse des derniers musulmans en provenance d’Espagne après la « reconquista » de la terre andalouse. Les Espagnols ont exploité l’état de faiblesse du pouvoir au Maroc pour nourrir des visées sur cette rive du détroit. Ils ont entraîné dans le sillage de leurs ambitions le Portugal qui, profitant des remous politiques qui déchiraient le pays et de l’absence d’une autorité centrale forte pour gérer ses affaires, s’est engagé dans des opérations de conquête avec l’occupation d’Anfa en 894 de l’hégire (1489 de l’ère chrétienne), d’Asilah en 907 (1502). Ils ont ensuite édifié la ville d’El Jadida et poursuivi leur avancée le long des villes côtières du Sous. Après avoir édifié le fort de Founty près d’Agadir, ils ont conquis le port de Safi et occupé Azemmour et la Mamora. Pendant ce temps, la guerre faisait rage entre les derniers Wattasides et les Mérinides d’une part, et « Abou Abbas Ahmed Saadi » d’autre part.

Tels étaient les évènements qui ont marqué cette époque. Le pays était la proie de révoltes internes, tandis que les étrangers poursuivaient leurs attaques contre l’Etat pour en saper les fondements. Pendant cette période difficile, la guerre civile opposait une dynastie vieillissante, celle des Wattasides Mérinides et une nouvelle dynastie dont les évènements allaient précipiter l’apparition et la consolidation, la dynastie des Saâdiens, qui allait prendre en mains les destinées du Maroc en chassant l’occupant étranger des sites qu’il y avait conquis, rendant ainsi à l’Etat la souveraineté

La vie intellectuelle

Il est probable que la vie intellectuelle soit la dernière à se laisser influencer par les bouleversements politiques et les révoltes internes. Ses racines se forment et prennent vigueur dans la stabilité et l’essor civilisationnel, mais ses fruits ne mûrissent que tardivement, pendant la période des mouvements de sédition, en raison du fait que la vie intellectuelle, de par l’intérêt porté par les chercheurs aux différentes branches du savoir et leur attachement à la culture d’une manière générale, ne tient pas compte des premières manifestations de remous politiques. Le goût des élèves pour les études et les efforts d’incitation à la recherche entrepris par le corps enseignant sont autant de barrières contre les effets négatifs de ces remous, au moins jusqu’à un certain point.

A Fès, capitale des Mérinides, ainsi que dans d’autres villes du Maroc, les instituts jouaient un rôle très important dans le domaine de l’éducation et de la divulgation du savoir. Des cours d’un haut niveau y étaient dispensés dans différentes branches de la connaissance humaine au stade le plus récent de leur évolution; on pouvait y suivre des cours de droit et des institutions, de sciences naturelles, de mathématiques, de géographie et bien d’autres disciplines. L’université de la Karaouiyine n’enfermait pas, comme c’est le cas aujourd’hui, la science dans son acception la plus étroite et les lettres dans des images figées. Au contraire, les étudiants titulaires du diplôme de cette université pouvaient être considérés comme ayant atteint un haut degré de maturité grâce à une formation d’esprit qui leur permettait de surmonter les difficultés des disciplines scientifiques et de maîtriser les textes littéraires les plus ardus.

Sa vie

Nous ne savons pas grand’chose de la vie de cette personnalité marocaine. Elle est entourée de mystère de tous les côtés. On ne peut faire un pas dans la direction de son parcours biographique pour essayer de trouver une explication aux images qu’elle nous projette sans que nous nous posions des questions sur différents aspects de l’homme que nous ne pourrons connaître que si nous poursuivons l’itinéraire de sa vie en sa compagnie. Il n’était pas de ceux qui vivent pendant des années, puis se font enterrer sans saisir de la vie autre chose qu’une image superficielle. Ceux-là traversent la vie tel un nuage qui se déplace dans le ciel pour se perdre à l’horizon. Au contraire, c’était un homme qui retenait tout ce qu’il voyait et entendait, qui faisait des observations minutieuses et pertinentes. Il avait à peine développé des dispositions naturelles qui lui permettaient d’atteindre la maturité intellectuelle qu’il fut enlevé et emmené de force dans un monde bien différent du milieu qui lui a prodigué les instruments de formation l’ayant destiné à être un homme de culture au vrai sens du terme.

Tout ce que nous savons de sa vie est qu’il est né à Grenade à un moment où les Espagnols attaquaient les Arabes en Andalousie.

Tout ce que nous savons de sa vie est qu’il est né à Grenade à un moment où les Espagnols attaquaient les Arabes en Andalousie. C’était la période de la « reconquista » du pays qui avait été conquis par Tariq Ibn Ziyad pour y planter l’étendard de l’Islam. C’était aussi la période pendant laquelle les musulmans connurent une situation mouvementée, vècurent dans un climat de terreur et de désespoir, et furent poursuivis pour leur adhésion à la foi musulmane. Il était à peine sorti de l’enfance que le dernier groupe de musulmans quittait l’Espagne et que les membres de sa famille s’enfuyaient à leur tour de la terre andalouse pour le Maroc, en direction de la capitale des Mérinides où Hassan ben Mohammed Alwazan a poursuivi ses études, apprenant à la perfection la langue arabe et les disciplines auxquelles elle a donné naissance. Nous manquons d’informations précises concernant les matières d’enseignement qu’il a suivies. Nous pouvons tout au plus procéder par extrapolation à partir de quelques indications fragmentaires issues de son ouvrage dont il sera question plus loin, et en déduire qu’il n’était pas un homme d’une éducation moyenne, à peine au dessus du niveau de celle du peuple. Il réunissait la minutie de l’observation et des dispositions innées à une vaste culture touchant différentes branches de la science dont il nous a entretenu dans son ouvrage précité. Il avait en outre une vue panoramique des multiples facettes des cultures islamiques.

Fès était à l’époque à l’apogée de son prestige; elle devançait les autres capitales sur le plan culturel et éducatif ainsi que sur celui du rayonnement de la civilisation arabo-islamique dont elle était le porte-flambeau. L’université de la Karaouiyine était à la tête des établissements éducationnels instaurés par l’Etat, et en particulier par la dynastie des Mérinides; elle dispensait un enseignement sérieux qui attirait les étudiants de toutes les régions du Maroc et d’ailleurs. Son administration accordait une assistance morale et matérielle à ceux qui étaient dans le besoin. Et c’est dans ce milieu universitaire de Fès que la personnalité de Hassan Alwazzan s’est formée et a nourri en elle le goût et l’esprit des études et de la recherche.

Il nous apprend qu’il s’est adonné à la profession judiciaire et qu’il a exercé le métier de notaire, tenant les cahiers de l’état-civil et les registres du commerce pendant deux longues années, mais il semble que cette profession n’était pas du goût de notre homme qui avait d’autres ambitions dans la vie que de rester assis à longueur de journée au fond d’une boutique étroite en train de rédiger sur ses genoux des actes et des documents. Son souhait était de voyager de par le monde pour étudier les conditions de vie des différentes communautés et confronter ses conceptions théoriques à la réalité du terrain et ce, dans le but de permettre à ses talents de s’exercer au contact des expériences qu’il aura faites et des difficultés qu’il aura rencontrées au cours de ses périples.

En l’espace de dix ans, il a parcouru le Maroc de long en large et est arrivé jusqu’à Tombouctou. Il a visité les différentes régions d’Afrique du Nord, et s’est ensuite rendu à la Mecque, puis à Istanboul, avant de parcourir d’autres contrées asiatiques. Au cours de ces périples, il était souvent chargé de missions à caractère politique. En 921 (1515 pc), il s’est trouvé à Tadla et a pu assister à la bataille de la Mamora au Sebou inférieur, puis il a regagné Fès avant de partir de nouveau pour la Mecque via Tlémcen, l’Algérie et la Tunisie. L’année d’après, il a entrepris un long voyage qui l’a conduit d’abord en Asie puis en Afrique du Nord.

En 926 (1520 pc), son embarcation a été arraisonnée par des pirates italiens au large de Naples; il a été conduit devant le Pape Léon X, et s’est trouvé dans un milieu européen qui lui était totalement étranger. Il s’est tout de suite rappelé qu’il était le produit d’une civilisation raffinée et qu’il avait toutes les raisons d’être fier de son prestigieux passé. La vie intellectuelle qu’il avait menée jusque-là s’est emparée de nouveau de son esprit lorsqu’il s’est rendu compte qu’il avait affaire à l’institution papale, qui était alors omnipotente en Europe. Le Pape était un homme exceptionnel dans son milieu; il encourageait les sciences, les lettres et les arts. Aussi, lorsqu’on lui a présenté Hassan Alwazzan, était-il naturel qu’il lui demandât de l’entretenir de son pays, le Maroc. Le Pape a beaucoup apprécié la qualité du discours que Hassan Alwazzan tint devant lui, et était très impressionné par sa hauteur de vues et la précision de ses connaissances.

L’histoire nous rapporte que le Pape l’a approché de lui, qu’il a ordonné de lui rétribuer une rémuneration substancielle et lui a ménagé un rang social des plus élevés parmi les dignitaires du Vatican. Contrairement aux autres détenus dont regorgeait l’Italie, il a trouvé en lui le disciple d’un âge d’or du savoir et un digne représentant de la cohabitation des cultures. Ses rapports avec Hassan Alwazzan se sont affermis, et leur amitié est allée au-delà de la simple courtoisie. Certains ouvrages de référence nous informent que le Pape lui a proposé de se convertir au christianisme, et qu’il s’est effectivement converti sous le pseudonyme de Léon.

Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, les milieux scientifiques européens le connaissaient sous ce nom d’emprunt. Nous ne savons pas s’il s’est effectivement converti au catholicisme, lui qui a vécu toute sa vie dans un milieu musulman et reçu une formation strictement islamique, ou si cette conversion est le fruit d’une simple déduction que certains historiens ont tirée des rapports etablis entre le Pape et Hassan Alwazzan et de la conviction unanimement partagée par les fidèles que le Pape ne saurait porter une telle considération pour une personne de son entourage qui ne se serait pas convertie au christianisme. Un grand orientaliste qui a étudié la vie et l’oeuvre de Léon l’Africain a rapporté qu’à son retour à Tunis, il s’était aussitôt reconverti à l’Islam. Par conséquent, sa conversion au christianisme, à supposer même qu’elle ait eu lieu, ne s’est jamais manifestée d’une manière apparente. Pour ma part, je doute fort que Léon l’Africain se soit converti de son plein gré, sinon comment expliquer qu’il ait quitté Rome pour Tunis où il s’est reconverti à l’Islam, aussitôt après la mort du Pape Léon X? Pourquoi a -t- il tenu à partir pour Tunis, sinon pour répondre à un appel profond de sa conscience qui lui dictait de redevenir musulman pour pouvoir être inhumé en cette qualité après sa mort en terre d’Islam? De plus, son imposant ouvrage, qui se trouve entre nos mains, traîte des pays musulmans dans plusieurs domaines avec tous les égards qui leur sont dus. Il n’y est nullement question qu’il aurait pris ses distances par rapport à l’Islam et aux musulmans, ou qu’il les aurait condamnés comme n’étant pas sur le droit chemin.

Voilà tout ce que nous savons sur la vie de Léon l’Africain. Nous ne pensons pas que ces quelques repères puissent constituer une biographie à même de nous permettre de soumettre sa personnalité à une analyse systématique pour en tirer les conclusions qu’impose une mise en valeur appropriée de son génie créateur et de ses compétences scientifiques. De plus, ces mêmes repères nécessitent d’être dépouillés des zônes d’ombre susceptibles de discréditer le personnage aux yeux des musulmans, d’autant plus que les ouvrages de référence en langue arabe semblent l’ignorer en ne lui consacrant même pas quelques lignes ou quelques mots. Mais son ouvrage monumental, « la description de l’Afrique » nous renseigne sur l’étendue de ses connaissances et les vastes horizons de ses recherches ainsi que sur son esprit alerte et sa rapidité de compréhension, et nous explique comment l’homme en était venu à acquérir une telle notoriété auprès des chercheurs et des milieux scientifiques occidentaux qui se sont intéressés à son oeuvre et à sa conduite.

Conclusion

La personnalité de Hassan Alwazzan, dit Léon l’Africain, jouit d’une grande notoriété dans les milieux intellectuels occidentaux. De nombreux articles lui ont été consacrés, le présentant comme un homme qui s’est mis au service de la culture et de la recherche à une époque où les connaissances de l’homme étaient limitées et superficielles. Nous aurons mauvaise conscience de laisser disparaître cette éminente personnalité de la mémoire collective du monde arabe où il a vécu et reçu l’essentiel de sa formation intellectuelle, alors que l’occident le vénère et l’auréole d’un prestige immense pour ses connaissances et ses méthodes de recherche. Le moins que nous puissions faire à l’égard de cet homme exceptionnel est de traduire son ouvrage sur « la description de l’Afrique » en langue arabe, qui est après tout sa langue maternelle, afin de rendre à la bibliothèque marocaine un chef d’oeuvre parmi les innombrables publications dont on a perdu la trace, et permettre ainsi au lecteur marocain d’avoir accès à un ouvrage qui reflète plusieurs siècles d’histoire de son pays, avec leurs zônes d’ombre et de lumière. Y aurait-il parmi nos jeunes intellectuels d’aujourd’hui quelqu’un pour s’attaquer à cette tâche passionnante?

Une Réponse

  1. […] Hassan Alwazzan dit « Léon l’Africain » […]

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