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2016-2017: Une année lectrice

portadaCette photo prise en novembre 2016 …

b6omsi3wkhwcszuc… nous sépare de cette autre prise à la fin mai 2017

Toutes les deux prises à la bibliothèque de l’IES Alpajés qui accueille L’ATELIER de littérature de langue française composé d’anciens et de nouveaux étudiants de la EOI d’ Aranjuez.

Une année de plus nous avons parcouru une belle histoire ; la destination de notre voyage littéraire n’est pas important, ce qui est vraiment important c’est le trajet, et c’est ce beau trajet que nous allons afficher dans cette nouvelle page de notre Atelier qui finit cette année scolaire demain, le 28 juin 2017, et nous tous, nous pensons déjà à la prochaine rentrée.

Voici un petit extrait d’une livre que nous avons lu, il y a un temps déjà, de Daniel Pennac , « Chagrin d’école » :

 

« Le savoir est d’abord charnel. Ce sont nos oreilles et nos yeux qui le captent, notre bouche qui les transmet. Certes, il nous vient des livres, mais les livres sortent de nous. Ça fait du bruit, une pensée, et le goût de lire est un héritage du besoin de dire. »

Nous imaginons pour un instant ce beau parcours que nous voudrions partager avec tous ceux qui veulent bien visiter cette autre manière de communication moderne, un blog, le nôtre , écrit par nous, pour nous et pour l’humanité littéraire.

Nous nous imaginons dans une rue d’une grande ville, on s’y promène en regardant les étalages des bouquinistes et nous trouvons les titres suivants , ces titres appartenant aux livres suivants nous ont tous interpelés

Voici des œuvres des auteurs connus et inconnus, nous y avons trouvé des surprises bien cachées .

Que serions-nous sans les histoires, les fables…..

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Maux de Langue

Akira Mizubayashi une langue venue ailleurs_0Une séance émouvante

Nous étions presque tous, réunis autour du livre d’Akira Mizubayashi, « Une langue venue d’ailleurs » où nous avons trouvé tant de références et de points communs. Un groupe hétérogène, avec des personnes rechapées de plusieurs guerres. C’est la première fois que l’Atelier devient si nombreux : nous avons atteint le chiffre de 18 personnes.
Après les salutations et la plus chaleureuse bienvenue donnée aux nouveaux membres, nous avons parcouru les articles postés après notre dernier rencontre.  Mais nous avions du pain sur la planche et nous nous sommes plongés sur cette lecture si inspiratrice. Et comme si le temps ne s’était pas passé les commentaires ont coulé, libres, créatifs… On voit bien que l’été avait  fait son effet médical de repos…

Jamais le temps a été  moins généreux que pendant ces deux  petites heures à tel point que personne ne voulait partir après la séance et on a continué le débat en dehors l’école. Mais, le temps étant implacable, nous aurons le plaisir de pouvoir continuer dans quelques semaines …. car nous sommes devenus des « akiras » à notre manière.

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À toute allure

Une nouvelle aventure, un cours littéraire en avant

Une nouvelle aventure, tout un cours littéraire devant nous

“La lecture est une conversation. Elle est une tâche confortable, solitaire, lente et sensuelle” (Alberto Manguel, “Journal d’un lecteur.” (Actes Sud. 2004)

“Lisez pour vivre” (conseil de Gustave Flaubert à Mille de Chantepie dans une lettre datée de juin 1857)

Les premières trois mots qui font le salut imprévu pour cette année scolaire qui vient de faire son début sont les rassurantes « ´ça y est ». En effet, nous sommes arrivés, une année de plus, à faire possible la magie de l’atelier. C’est notre huitième rentrée (2005-2013) , une autre aventure va avoir lieu dans cet espace culturel que nous avons créé à notre mesure, un espace convivial, profondément littéraire. Un petit coin sympa, loin des conventions et des tortueux sentiers officiels.

Le nouveau Atelier

Le nouvel Atelier

 L’ATELIER a démarré cette nouvelle édition sous la pluie, dans  un après-midi très littéraire. Nous avons été très bien protégés par un parapluie d’enthousiasme, de chemins littéraires à poursuivre … Et par ce bol d’air frais arrivé de nouveaux membres: Carmelo, Miriam, Guillermo, Carolina, Nieves, Yolanda,… Qui vont  sans doute apporter de nouveaux regards, de nouvelles idées, ouvrant des sentiers inédits dans cette aventure collective que c’est l’Atelier. Les  anciens membres : Javier, Teresa, Natalia, Juan, Francisco Javier, Irene, Paula, María, nous tous sommes ravis de les accueillir. Ils représentent une allure renouvelée, une force dont nous avions besoin,  L’Atelier devient avec eux un cocktail plein de promesses et de futur, un Atelier aussi “différent et nouveau”.

Notre chère Rosa, toujours avec nous

Notre chère Rosa, toujours avec nous

Un souvenir spécial pour une de nos membres le plus anciennes, depuis le début de l’Atelier, Rosa, notre étudiante doyenne, n’a pas manqué un seul jour à ce rendez-vous qu’elle considérait comme une des ses principales activités. Étant donné son âge avancé et sa santé délicate elle a décidé de nous suivre sur le blog… Merci Rosa de tout ce que tu nous a appris. Une chaise restera toujours prête pour toi  quand tu retrouverais encore une fois tes forces et tu reviendras nous rejoindre avec la sagesse qui te caractérise.

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Chagrin en temps de jeunesse

Le chagrin fréquente aussi que la joie nos écoles

Le chagrin, autant que la joie, fréquentent nos écoles

Du point de vue littéraire, la première idée que l’on peut souligner sur le livre de Pennac, « Chagrin d’école ». c’est la difficulté à le classer dans un genre précis. Ce n’est pas un roman, même s’il raconte des événements et des épisodes à la manière d’un récit. Ce n’est pas un essai non plus car son style est bien éloigné de la froideur et objectivité qui accompagne souvent cette sorte des productions.
Qu’est-ce que c’est que le livre alors ? On pourrait dire que ce sont les mémoires incomplètes d’un professeur qui paraissent avoir été écrites d’une manière discontinue, selon le temps disponible ou quand l’état d’âme devenait le plus approprié pour se mettre à la tâche.

Il commence par décrire le concept de « cancre », une figure souvent écartée de l’attention générale, même proscrite et condamnée à l’ostracisme. Qui veut s’identifier avec un échec ? Mais Pennac s’est défini comme un « cancre » lui-même. Or il nous parle en première personne des sentiments de ceux qui ne seront peut-être jamais rappelés par leurs copains et même par leurs professeurs. Les sentiments de solitude, d’isolement qui, souvent, obligent les « cancres » à faire des bêtises pour attirer l’attention des autres.

Autoroute solitaire vers un destin incertain

Autoroute solitaire vers un destin incertain

Un sentiment de prédestination qui est renforcé tous les jours par les rires des autres, les châtiments ou les répréhensions des maîtres. Selon Pennac, c’est la malédiction des cancres.
Mais pour Pennac l’échec des cancres c’est aussi l’échec du système et des professeurs, car on ne peut que décrire comme un échec un endroit -l’école- où il n’y a de la place que pour ceux qui sont plus avantageux , les « normales »…
Il discute la convenance d’une telle distribution de la journée scolaire, dans laquelle un élève doit faire « de la gymnastique » quand il doit passer d’une matière à une autre tout à fait différente, soumis à l’exigence d’être chaque fois en pleine dispositions des forces et avec toute sa concentration,… Il dit « des réincarnations en une seule journée » ou bien « Alice au pays des merveilles ».

On pourrait penser à un livre amer ou la vision de ses personnages projette une ombre grise sur les pages. Mais non, c’est un livre optimiste où on peut trouver aussi les sentiments des maîtres, une histoire semée des rencontres « aussi imprévisibles que la forme d’un nuage ».

Le poids de la grammaire

Le poids de la grammaire

C’est à remarquer aussi l’utilisation des figures grammaticales comme le fil conducteur de quelques moments du récit. On utilise ces pronoms « flous » « y » et « en » pour bien décrire les sentiments qui remplissent l’esprit des cancres : ce sont des monstres indéfinis qui n’arrivent pas à se matérialiser d’une manière suffisamment définie comme pour lutter contre eux ; ce sont des « greniers inaccessibles » , des « caves du langage », « une valise qu’on n’ouvre jamais, un paquet oublié dans une consigne dont on aurai perdu la clef ».

Pennac n’oublie non plus sa facette pédagogique et il donne des conseils aux professeurs pour essayer d’être le plus efficaces possibles :
• « parler seulement de la matière »
• « la présence des élèves dans une classe dépend de la présence physique, intellectuelle et mentale du prof »
• Pour Pennac l’apprentissage chez un groupe c’est comme une orchestre : tout dépend de l’exécution précise de la musique mise au service de l’interprétation chorale et coordonnée par la figure autorisée, pas autoritaire, du maître. Le problème ne se pose toujours pas dans l’incapacité ou le manque de volonté des élèves. C’est aussi « qu’on veut leur faire croire à un monde où seuls comptent les premières violons. »
• « La première qualité d’un bon professeur c ‘est du sommeil »
• « Ne parler jamais plus fort qu’eux (les élèves) »
• Il nous montre aussi des trucs suggestifs comme celui de « l’écho », dont le prof répète le nom de chaque élève mimant aussi l’intonation, le son, le volume…

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Ce serait impossible de commenter en détail tous les aspects du livre. Remarquons seulement quelques extraits de paragraphes chosis par les membres du groupe, le jour de la séance :

Carmen a choisi un des extraits consacré à la classe :
« CHAQUE élève joue de son instrument, ce n’est pas la peine d’aller contre. Le délicat, c’est de bien connaître nos musiciens et de trouver l’harmonie. Une bonne classe ce n’est pas un régiment qui marche au pas, c’est un orchestre qui travaille la même symphonie »…

Pour Natalia un bon extrait c’est celui qui parle des professeurs :
« CE n’était pas seulement leur savoir que ces professeurs partageaient avec nous, c’était le désir même de savoir ! Et c’est le goût de sa transmission qu’ils me communiquèrent »…

Rosa a voulu remarquer une des obsessions de l’auteur :
« SEULEMENT, il y a une quinzaine d’années, aurais-je été le dernier-né d’une fratrie de quatre ? M’aurait-on désiré ? M’aurait-on accordé mon visa de sortie ? Question de budget comme le reste. «
Elle (Rosa) met aussi en relief la cancrerie de l’auteur dans les premières pages du livre, incompréhensible, par rapport à ses origines :
(…) » BIBLIOTHEQUE à la maison, culture ambiante conforme au milieu et à l’époque (père et mère nés avant 1914) : peinture jusqu’aux impressionnistes, poésie jusqu’à Mallarmé, musique jusqu’à Debussy, romans russes, l’inévitable période Teillard de Chardin, Joyce et Cioran pour toute audace… Propos de table calmes, rieurs et cultivés. »

Teresa, a eu un coup de cœur avec les dernières lignes de ce long livre, elle veut savoir « CE qu’aimer veut dire » en pédagogie.
« Ce n’est pas de cet amour-là qu’il s’agit. Une hirondelle assommée est une hirondelle à ranimer, point final. »

Isabel nous offre un beau paragraphe pour parler des élèves
« ILS étaient mes élèves. (Ce possessif ne marque aucune propriété, il désigne un intervalle de temps, nos années d’enseignement, où notre responsabilité de professeur se trouve entièrement engagée vis-à-vis de ces élèves-là). Une partie de mon métier consistait à persuader mes élèves les plus abandonnés par eux-mêmes que la courtoisie mieux que la baffe prédispose à la réflexion, que la vie en communauté engage, que le jour et l’heure de la remise d’un devoir ne sont pas négociables, qu’un devoir bâclé est à refaire pour le lendemain. ….. «

Javier nous rappelle ce paragraphe génial consacrée à Natalie, l’élève qui a des « problèmes » avec la subordonnée conjonctive de concession et d’opposition..

« COMMENT expliquer à cette élève qu’il n’y a pas de quoi s’en faire une montagne, qu’elle l’utilise sans le savoir, cette fichue proposition (une de mes préférées d’ailleurs, si tant est qu’on puisse préférer une conjonctive à une autre…) «
Et voici la petite réflexion que notre directrice Inma fait pour finir ce livre : « N’ayant jamais été un cancre, moi, comme Pennac, j’espère bien avoir su être un prof qui a bien accueilli les élèves cancres et les autres »

Fini avec Pennac ? Pas du tout. C’est sûr que l’atelier va reprendre Pennac dans le futur, un écrivain qui a autant de choses à dire et qui nous apportera sans doute des intenses moments littéraires.

Fiche de lecture

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