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Symétrie meurtrière

estanteria

« Meursault, contre-enquête », le roman lauréat de Kamel Daoud, interroge la célèbre oeuvre d’Albert Camus mettant en relief les contradictions et faiblisses morales de nos civilisations et de la nature humaine.

Ce dernier vendredi de lectures pour l’ATELIER s’est passé avec « Meursault, contre-enquête », l’ALTER EGO DE CAMUS .

Nous avons bien profité de deux lectures : de « L’étranger », et du livre de cet auteur algérien : Kamel Daoud qui nous a encore rappelé les sujets clés et insurmontables de son pays, l’Algérie, ce pays oublié d’Occident ; de la colonisation et des colonisateurs, de «ses souffrances» mises dans la voix du protagoniste de cette contre-enquête qui a remis en question l’absurdité d’un personnage parfaitement conçu par le grand Camus , de l’existence d’un «mort» qui n’a jamais été enterré… de cette révolte suggérée par Camus –même dans son «étranger», vide et toujours vivant… de ce mort sans «prénom» et qu’il faudrait revendiquer car comme Kamel écrit sur son livre :

« On ne tue pas un homme facilement quand il a un prénom » (chapitre III) ; « c’est important de donner un nom à un mort, autant qu’un nouveau-né. (chapitre II).

Et si on était en train d’assister à une « 2ème partie de l’Étranger ? de ce personnage intouchable que personne n’a osé contredire…?  Et s’il fallait cette 2ème partie ou au moins un livre pour que « l’Arabe  » presque inexistant puisse reposer en paix…?

Pour certains d’entre nous, qui n’avaient pas eu l’occasion de s’approcher de « L’Étranger », cet « écho littéraire » a été une façon très surprenante de le découvrir pour mieux comprendre les clés y enfermées.

De la part de Kamel Daoud son contre-personnage : « l’Arabe » a bien un prénom.. et ce n’est pas pour rien qu’il s’appelle Aaron/Moussa… il faut remonter à l’histoire des religions pour en savoir plus.

Deux fois tué,  sous les balles du pistolet de Meursault et sous la plume de ce « Camus-Meursault » inventé par Daoud qui décide ainsi de raconter son histoire avant d’être exécuté,  pas pour le meurtre d’une personne mais « pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère ».

pistolet-pñume

« L’Arabe » va retourner à la vie, revêtu de mythe  sous le regard et merci à l’insistance de son frère encore vivant, en dépit du deuil « familial, éternel et vivant » où sa mère et lui même sont tombés, à cause de cette mort:

S’il appelle mon frère l’Arabe, c’est pour le tuer comme on tue le temps, en se promenant sans but. (Chapitre I)

Nous nous sommes mis dans le parcours de notre lecture dans la peau de l’autre, de celui qui est muet, qui n’a pas l’option de parler, que personne ne va écouter, celui-ci est un personnage universel, toujours vivant.

Ce roman nous a permis de faire une relecture du livre de Camus que nous avons déjà abordé pendant l’année 2007, aussi au mois du Mai et dont nous avons laissé trace dans  nos articles « Le crépuscule des coeurs » et d’autres. Une boucle littéraire qui nous sert de bouquet final pour bien clore ce cours littéraire et qui consacre Mai comme le mois de Camus.

Il y a aussi une autre coïncidence à souligner: nous venons de nous interroger à propos de l’importance d’un nom lors du dernière roman d’Abdellah Baïda, « Nom d’un chien« , et voici que nous nous retrouvons à nouveau sur le même sujet, en nous interrogeant dans ce cas sur un nom pour un cadavre disparu il y a une cinquantaine d’années dans le royaume de l’imaginaire littéraire.

Écoutons la voix de l’auteur en train de parler de son roman, lors d’un entretien pour « Actes Sud »:

S’agit-il d’une « vengeance »? En dépit des impressions de l’intervieweur, on ne trouve pas la moindre trace de vengeance. Au contraire, nous pensons que Daoud et son roman ont pour but de rendre hommage aux victimes qui entouraient le meurtre, notamment le peuple algérien (arabes inclus..). Tous ceux qui étaient inconnus à cette époque-là ont été mis en valeur et on leur a accordé leur importance.

Or, il y a aussi quelques extraits où je trouve un degré de dérision à l’égard de Camus à cause de la façon avec laquelle Daoud (dans la bouche de Haroum) parle de de cet héros qu’on vient de créer.

L’auteur a fait un livre symétrique, parfois même d’une façon forcée, pour décrire la vie tourmentée, parallèle, de ce Haround liée pour toujours et par la volonté du destin à celle du « roumi » Meursault.

Depuis  le début même du roman où au lieu de la célèbre phrase de « L’Étranger »:

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

l’écrivain déclare, défiant:

Aujourd’hui, M’ma est encore vivante.

jusqu’aux détails de l’histoire, l’auteur commet l’audace de devenir l’ombre morale de « L’Étranger », le “négatif” de l’histoire de Camus ou plus encore, de se mettre de l’autre côté d’un miroir où Meursault-Moussa se regardent face à face, victimes d’un destin partagé…pour faire un hommage à « son héros » né de cette intéressante et fertile confrontation littéraire:

  • Les deux grands écrivains, l’un, tout à fait reconnu, (ALBERT CAMUS), l’autre sur le point d’être grandement reconnu (KAMEL DAOUD), tous les deux Algériens, séparés par des générations, deux siècles, deux histoires personnelles différentes et deux points de vue tout à fait raisonnables.
  • L’une écrite en 1957, l’autre en 2013. Pour tous les deux c’est leur premier roman, «L’Étranger» le 1er de Camus, « Mersault, contre-enquête » c’est le 1er aussi de cet auteur algérien et les deux histoires partent , se déroulent et meurent à Alger . Cette ville que nous avons connu de la main d’un autre auteur algérien : Boualem Sansal : et sa « Rue Darwin ». À cette occasion, notre copain Carmelo a fait un essai à propos aussi d’une confrontation entre l’oeuvre de Camus, « L’envers et l’endroit » et celle de Sansal qui mérite une relecture.
  • L’incapacité des deux personnages pour aimer; deux femmes, du même nom -Marie-Mériem-, spectatrices  impuissantes de la destruction de leurs amants.
  • L’absurdité de la vie comme décor commun aux deux romans:

C’est ce qui prouve le mieux notre condition absurde, cher ami : personne n’a droit à un dernier jour, mais seulement à une interruption accidentelle de la vie. (chapitre II)

  • Une position contraire à la religion et aux dogmes qui est présent depuis l’incompréhension envers la prohibition du vin chez la culture musulmane jusqu’aux dernières pages où la symétrie devient presque similitude: où Meursault faisait face à l’aumônier,  Haround le fait envers l’imam qui l’interroge sur ses convictions religieuses.

J’en déteste aussi l’imam qui regarde ses ouailles comme s’il était l’intendant d’un royaume. Un minaret hideux qui provoque l’envie de blasphème absolu en moi.  (…)

“Hurler que je suis libre et que Dieu est une question, pas une réponse, et que je veux le rencontrer seul comme à ma naissance ou à ma mort.”  (chapitre XV)

Nos débats nous ont amenés à avouer que l’absurdité de l’Étranger ne nous a jamais conquis ni plu… que la cruauté « invisible » de ce Mersault camusien nous a toujours déroutés. On lui a même qualifié de « personnalité pathologique », manque d’empathie, antisociale.

L’existentialisme comme «mouvement philosophique» nous laisse froids et ses principales représentants nous posent des interrogeants pas très passionnantes..

Ce que nous avons aimé a été le style de ces deux écrivains dans la distance et dans le temps… leur manière de manifester leur malaise, leur mal d’aimer , leur (im) puissance de communication pour mettre en relief leurs sujets littéraires.. et pour tous les deux c’est peut-être grâce à la langue française… et à ses nuances .

Nous nous sommes aussi demandé la définition du mouvement philosophique qui pourrait représenter notre époque, cette époque dans laquelle nous vivons, est-ce le «voyeurisme» à cause de l’exposition publique et permanente favorisée par les nouvelles technologies, est-ce le sens de l’ubiquité ? Ou plutôt d’un simple « self-isme » si l’on peut dire ? Est-ce le matérialisme, le manque de philosophie? On aurait bien voulu en trouver une…

La langue française devient, chez ce roman et l’histoire y racontée, un véhicule de liberté et de libération  ce que nous avons très apprécié:

La langue française me fascinait comme une énigme au-delà de laquelle résidait la solution aux dissonances de mon monde. (chapitre XIII)

Une langue se boit et se parle, et un jour elle vous possède ; alors, elle prend l’habitude de saisir les choses à votre place, elle s’empare de la bouche comme le fait le couple dans le baiser vorace. (chapitre I)

J’ai donc appris cette langue, en partie, pour raconter cette histoire à la place de mon frère qui était l’ami du soleil (…) pour parler à la place d’un mort, continuer un peu ses phrases.(chapitre I)

 Cela me poussa à apprendre une langue capable de faire barrage entre le délire de ma mère et moi. (chapitre III)

La langue française est ainsi devenue l’instrument d’une enquête pointilleuse et maniaque (chapitre IX)

Voici à nouveau la voix de l’auteur qui parle, entre d’autres sujets, à propos de son rapport avec la langue française:

sms-en-inconnu

Comme un troisième personnage, implicite, inconnu, on se demande à qui sont dirigés les réflexions du frère de Moussa.

On a tout de suite retourné à notre lecture et une question s’impose pour clore notre débat : Quel est le personnage qui fait l’enquête ? à qui s’adresse le frère de l’Arabe, ? Qui est-ce… ?

C’est un livre d’une telle immensité, des couleurs si brillantes et d’une telle profondeur que difficilement on va pouvoir le commenter dans une séance.. Alors on donne rendez-vous pour aller à la recherche de ce … qui est-ce ??? pour notre toute prochaine séance, vendredi suivant… (le 20 mai).

Begoña a dit, à la manière d’un résumé émotionnel de sa lecture:

En lisant les romans, j’ai eu l’impresión d’avoir très souvent jugé les gens en raison de leur façon de montrer leurs sentiments: il est censé pleurer lors de l’enterrement de nos proches, il est censé se marier à une âge établie… C’est à nous d’apprendre de ces histories

Cette petite chronique fera notre hommage à cet auteur que nous venons de découvrir… Merci, Kamel Daoud, enchantés de vous avoir lu…

 

pistolet-pñume

Pour en savoir plus…

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