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Sur les épaules du silence

8-2

Xilographie de 1423 montrant la légende de Saint-Christophe emportant sur ses épaules un petit Jésus-Christ l’aidant à traverser la rivière tumultueuse qui représente les maux du monde. Une allégorie aussi présente dans le livre mais à l’envers: l’enfant finit par s’évanouir et par laisser l’espace au saint-géant Octavio.

De la main de Miguel Bonnefoy nous avons accompagné Octavio, le protagoniste de son roman, à son voyage par le royaume de l’imaginaire. Après tant de réalité, souvent douloureuse,  il nous fallait faire un détour dans nos lectures et emprunter ce chemin fantastique et sans but  « apparent » , cette flânerie des temps modernes qui nous a été offerte dans ce petit livre…

Paqui nous fait le résumé:

Le livre est un récit allégorique dont l´auteur nous raconte l´histoire de Venezuela à travers « Le voyage d´Octavio »

L´histoire d´Octavio est celle d´un  homme qui apprend à écrire et à aimer. Octavio est un analphabète de la vie dans tous les sens.

Octavio porte sur son dos une table où il était écrit l´ordonnance des médicaments. Il porte la table pour cacher  son analphabétisme, comme si c´était sa propre maladie. Comme une version actualisée de la légende de Saint Christophe, cette table représente la croix du Christ où il veut cacher sa honte et sa faiblesse.

Octavio mène une vie solitaire, seulement interrompue quand il connaît Venezuela, la femme qui lui apprend à écrire, à lire et à aimer. Elle lui donne le sacré de la vie. Pour Octavio c´est une découverte, un commencement où la vie se mêle  avec la magie de l´écriture et de l´amour… Il  prend  la fuite à  cause  du  cambriolage  chez   Venezuela.

Et  ce  sera  grâce à  cet  instrument,  que  Octavio  pourra  faire  sa  propre  découverte, son évolution  et  son développement, parallèlement à celui de son pays.

Don Octavio reste toujours enraciné à ses origines, à sa façon de vivre, et ne parvient pas à s’adapter au rythme d’accroissement du village. Contraint à partir, le chagrin et la honte remplissant sa valise , don Octavio emprunte un chemin qui n’arrive nulle part, mais qui lui permet de se dépayser et de développer sa bienveillance face aux villageois qui ont besoin de lui, soit de sa force, soit de l’enseignement de ses connaissances. Bien que don Octavio soit bien aimé là où il arrive, il n’est jamais à l’aise.

Mais le pouvoir des racines est tellement puisant que l’on ne peut jamais les couper. Du coup, le voyage de don Octavio achève chez lui. Désormais il trouve sa place, il est à l’aise en trouvant ses racines près de celles du citronnier qu’il avait vu pousser depuis longtemps

Tout au long du roman,  Miguel Bonnefoy, à travers Octavio, nous parle du silence; un silence qui se répète, un silence cherché, un silence nécessaire… C´est le silence qui parle, le grand silence d´Octavio.

La fuite d´Octavio vers le silence et l´isolement,  sa fuite sur « les sourdes forêts de Saint Esteban »  qui sert à reconnaître en lui-même l´histoire  de tout un pays, l ´histoire de Venezuela… la rencontre de ses origines….

Un beau roman où l’on profite des contrastes entre la nature sauvage,  la misère urbaine et la vie dans les bidonvilles. Un voyage sur les épaules d’un cambrioleur devenu saint.

"Le Voyage d'Octavio", un récit circulaire tissé d'un façon magistrale par le jeun Miguel Bonnefoy autour du mythe du Nazaréen de Saint-Paul-du-limon

Le Nazaréen de Saint-Paul-du limon, une légende qui nous poursuit tout le long du roman et qui fera la justification à l’odyssée du protagoniste,

Ce livre nous a émerveillés par sa langue, une langue franco-vénézuélienne. On aurait, nous, avoir su écrire ce beau voyage magique et fabuleux d’un géant de l’humanité inexistant… On se serait contenté d’être un de ces personnages pittoresques, inventés pour l’occasion de cette écriture.

Ce qui nous a surpris aussi c’est l’histoire irréelle, dans un monde réel, un monde où les légendes ont plus de force que les discours, où un homme peut se transformer en géant pour faire traverser un fleuve, et devient quelqu’un de sacré, d’intouchable et proche de tous et de tout, masqué dans un habit de saint invisible, où les maladies mortelles sont guéries tout naturellement par un arbre citronnier, où les mots ont des sonorités fortes : gingembre/ mangues/ gallodromes / mangovres/acajou / goyave/ maïs/yucca/ manioc /palétuviers…

Où l’auteur s’est tellement bien renseigné pour son histoire magique qu’il a fait de la magie de la simple naissance d’un pays éloigné des sonorités françaises :

Yo me llamo Venezuela (pag. 31) .Où les cambrioleurs portent l’adjectif « délicat » (pag.41), où les hommes s’habillent d’un élégant liqui-liqui . Où l’on parle de banditisme avec respect, comme d’un art, ou bien d’un métier délicat (pag.43)

Où les verbes aimer et voler se conjuguent indifféremment

Où le jeune auteur peut écrire ceci :

La littérature devait tenir la plume comme une épée, mêlée à l’immense et tumultueuse communauté des hommes, dans une lutte obstinée pour défendre le droit de nommer, pétrie dans la même glaise, dans la même fange, dans la même absurdité que ceux qui la servent (pag.58)

Octavio surprenait enfin la naissance d’une littérature qu’il avait tant cherchée dans les étagères de l’église et dans les enseignements de Venezuela. Ce grand livre avait été fermé pendant mille ans. Comme la pierre, il avait résisté au temps. La littérature était donc une pierre. (pag.90)

Ce n’est pas l’histoire d’un personnage qui commence par avouer qu’il a honte de ne pas savoir lire ni écrire… C’est l’histoire d’une fable originale où tout est possible grâce à la magie de la littérature latino-américaine.

C’est enfin l’aveu inavouable de Personne n’apprend à dire qu’il ne sait ni lire ni écrire. Cela ne s’apprend pas. Cela se tient dans une profondeur qui n’a pas de structure, pas jour. C’est une religion qui n’exige pas d’aveu.

Tout un récit dépaysant qui nous a fait voyager dans des mondes que l’on peut pour l’instant simplement imaginer… Bonnefoy nous fait plonger dans deux histoires qui se déroulent en deux temps différents: celle du bidonville et celle de don Octavio.

 

Voici un petit renseignement sur la biographie de Miguel Bonnefoy paru sur « Le Figaro »

3215253Écrivain franco-vénézuélien. Né à Paris d’une mère diplomate vénézuélienne et d’un père chilien, Miguel Bonnefoy, sans parenté avec le poète homonyme, grandi entre la France (pays d’origine de son arrière-grand-père), Caracas et le Portugal. Ses deux masters, passés à la Sorbonne, il les a consacrés à Louis Aragon et à Romain Gary. Em 2013 il sera lauréat du prix du Jeune Écrivain de langue française. En 2015, à l’âge de vingt-huit ans, il publie un premier et magistral roman Le voyage d’octavio. Parfaitement bilingue, il fait le choix d’écrire directement en français, à l’instar d’autres Sud-Américains de Paris, tels que le Chilien Vicente Huidobro ou l’Équatorien Alfredo Gangotena.

 

Il y a une métamorphose même du protagoniste et du live. La première partie du roman nous montre un personnage réel dont l’historie met le focus avec une belle exposition sur la découverte de la lecture de la part d’Octavio par sa Pygmalion, Venezuela.
La deuxième partie plonge dans le royaume de l’imagination où le protagoniste s’entremêle avec le pays, un enracinement dans la nature, ou le protagoniste va expérimenter une espèce de symbiose: la fleuve qui se nourrit du corps de l’ermite, la mutation d’Octavio en statue en bois… Des résonances littéraires avec Ovide, Kafka…
De cette façon, devenu immortel sous l’écorce d’un nouveau nazaréen il va vivre à travers le temps, une fois  l’ancienne image est volée par ses anciens camarades.

Une métaphore sur la survivance de l’immatériel. Octavio n’est plus une personne, c’est une idée, un esprit, sans traits humains… comment lui décrire? Un géant, mais…  C’est un esprit qui marche sur Venezuela essayant de réparer le mal qu’il a fait de son temps de cambrioleur, poussé para la honte causée par la trahison à la femme qui lui a fait découvrir l’amour, la vie, la communication… en faisant de bonnes œuvres où qu’il arrive, à la recherche de sa vraie nature: la sainteté.

Un voyage par et pour Venezuela

Un voyage par et pour Venezuela

À travers ce voyage métaphorique, Octavio va découvrir son pays… On dirait une allégorie de l’histoire de Venezuela, un hymne ou un hommage au pays de ses racines, à sa nature, à ses gens. Une allégorie qui nous échappe un peu par notre manque de connaissances sur l’histoire de ce pays en profondeur.

"Ce sont des hiéroglyphes indigènes, répondit Venezuela. On en trouve dans les forêts de San Estebán, sur la pierre de Campanero."

« Ce sont des hiéroglyphes indigènes, répondit Venezuela. On en trouve dans les forêts de San Estebán, sur la pierre de Campanero. » (…) « La pierre muette parlait toutes les langues. » (…)  » Ainsi, à Campanero, l’écriture n’était pas née de l’homme. Elle était née de cette nature sans raison, où rien ne vient empêcher la soif tropicale de grandir, de s’étendre, de s’élargir dans une ivresse sans mesure. » (…) « Ce grand livre avait été fermé pendant mille ans. Comme la pierre, il avait résisté au temps. La littérature était donc une pierre. »

 

La fin du roman à déclenché un petit débat sur sa signification: croyable ou incroyable? appropriée ou décourageante? Ce sont comme ça les grandes œuvres littéraires: tout n’est pas dit… Il manque toujours le dernier coup de pinceau du lecteur.

On a aussi parlé à propos de l’importance du monde fantastique chez les  auteurs latino-américains que l’on a justifié par le mélange culturel entre les racines latines, plongées sur la tradition, la religion, la domination coloniale… et le monde moderne représenté par le voisinage des États Unis et de l’Europe. Ce mixture a produit une riche mythologie qui, dans ce cas, acquière un accent singulière  dû au « vernis » francophone, étant cette langue le véhicule d’expression de l’auteur. Alors on est devant un produit du métissage qui provoque de la surprise constamment, n’importe le bagage culturel du lecteur. Isabel Allende, le créationnisme littéraire de Huidobro, le réel merveilleux d’Alejo Carpentier… ont étés présents sur notre table de discussion pour mieux comprendre cette œuvre et son auteur.

La Nature partout, riche, explosive, envahissante,  comme un autre personnage très bien décrit par Bonnefoy. Et aussi les Métiers comme une autre langue, une défense de matières artistiques. Un jeu littéraire qui montre sa maitrise de la langue avec des bijoux comme ces quelques lignes que nous récupérons ici:

Étranger à la beauté des phrases, la discretion était sa démeure. (…)

Du peuple qui l’avait vu naître, il ne portait dans ses veines que la résistance et la servitude.(…)

Ce n’est pas de vivre dans la misère qui rend misérable, mais de ne pas pouvoir la décrire.(…)

Il faut de la prestance, s’il vous plaît… on n’est pas assez riches pour être mal habillés.(…)

Chaque lettre dans sa bouche prenait la résonance d’une promesse.(…)

L’écriture se manifestait à son cœur par le vernis et l’acide, la peinture et le bois, l’or et le plomb. Il décapait, raclait, façonnait l’espace, constituait une grammaire.(…)


Un petit livre à garder sans doute dans un endroit privilégié de nos bibliothèques pour y retourner de temps à autre à la recherche d’un peu d’irréalité, d’imagination…de paix.

 

Pour en savoir plus…

 

 

 

 

 

 

 

 

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