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Souvenirs

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Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j’ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c’était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m’attendre sans bouger. —- Llovía tanto el día en que murió mi abuelo que apenas podía ver nada. Perdido entre la multitud de paraguas, traté de encontrar un taxi. No sabía por qué quería darme prisa a toda costa, era absurdo ¿de qué servía correr?. Total, él estaba ahí, muerto, seguro que me esperaría sin moverse ». (Premier paragraphe du livre traduit en espagnol par la Maison d’Edition Seix Barral)

Quelques jours avant Noël , l’atelier s’est réuni dans la salle de la bibliothèque de l’école sans lumière naturelle à 17H00, signe des jours qui précédent l’hiver… et sous le brouillard épais d’Aranjuez

Cette dernière séance de cette année 2014 a été consacrée au roman de David Foenkinos, « Les souvenirs », un livre qui concentre le regard dans la vie de nos aïeuls, ceux qui, après avoir avancé et même construit le chemin que nous parcourons, tombent dans un oubli ingrate, injuste et double: celui de la propre vie que ne veut pas savoir d’eux, leur condamnant au manque de santé, á la faiblesse, à l’incapacité… et cet autre, encore plus cruel, de la transparence sociale à cause de l’amnésie de tout ce qu’ils ont fait « dans leur temps », une invisibilité qu’on n’abandonne que pour être souvent considérés une source d’encombrements.

L’Atelier semblait très ému par cette lecture , certains n’ont pas pu la continuer, tellement ils se sentaient identifiés avec l’histoire, les personnages, les malheurs, la sensibilité du narrateur…

On a de toutes façons pu aborder le livre .Nos souvenirs réels et existentialistes jaillissaient tous seuls sans les appeler , nous avons lu plusieurs extraits du livre et entre eux certains nous ont   transmis une drôle de sensation, à la fin de sa lecture un silence s’est fait et on a continué avec « nos souvenirs » ceux que nous allons laisser écrits dans cette brève chronique

Un paragraphe nous a tout de suite réconfortés:

À partir de cette époque, je n’ai cessé de vivre ma vie amoureuse en pensant à la vieillesse. J’ai pensé qu’il fallait vivre les choses, en oubliant les limites et la morale même. Je n’ai cessé de ressentir depuis l’urgence du désir. De penser à la sensualité comme essence de la vie. (…) j’étais entouré par la mort et je ne pensais qu’à une chose : je voulais mourir par la sensualité.  (Chapitre 27, pag 109)

Et aussi,  la dernière ligne du  » souvenir de Yasunari Kawabatta« :

 « La mort donne l’obligation d’aimer » (Chapitre 28)

 

Un livre. comme souligne Natalia, « très touchante, surtout parce que c’est si facile de s’identifier avec presque toutes les situations et les sentiments que l’auteur nous décrit.. L’auteur a reconnu lors d’un entretien qu’il a fait que c’était le livre le plus autobiographique, et c’est vrai qu’en le voyant dans la vidéo on pourrait parfaitement l’identifier avec le protagoniste de son histoire, avec un air mélancolique, songeur… »

Le tableau "Las edades y la muerte" ("Les âges et la mort", Musée du Pradp, 151 x 61 cm) de l'hollandais Hans Baldung Grien (1484/85-1545): montre d'une manière très représentative la lutte entre la jeunesse et la vieillesse liés avec un fil invisible mais inévitable avec la mort.

Le tableau « Las edades y la muerte » (« Les âges et la mort », Musée du Pradp, 151 x 61 cm) de l’hollandais Hans Baldung Grien (1484/85-1545): montre d’une manière très représentative la lutte entre la jeunesse et la vieillesse liés avec un fil invisible mais inévitable avec la mort.

Carolina ajoute qu’à son avis, « le sujet des souvenirs est universel. Je m’identifie avec beaucoup de choses, de détails, de sentiments, de sensations…. comme si je faisais partie de cette famille á chaque fois que je reprends la lecture. C’est très intime…. »

« Dans ce livre -dit Paqui- l´auteur-narraterur-protagoniste nous parle de l´amour, de la mort , du problème de la vieillesse, des rapports entre les parents et les enfants, des relations personnelles et amoureuses, de l´échec de l´amour, de la solitude des personnes  âgées, de la souffrance, de la fugacité du temps et de la vie…. à travers la mémoire et de leurs souvenirs.

C´est à travers leurs propres souvenirs et de ce mélange d´émotions qu´il nous raconte sa vie, ainsi que ses sentiments cachés qui émergent et apparaissent progressivement…

Le narrateur est un homme solitaire et mélancolique qui veut devenir écrivain. Il travaille dans un hôtel la nuit, parce qu´il pense que ce serait mieux pour y trouver de l´inspiration littéraire.. Il continuera à travailler la nuit à l´hôtel de Gérard pour une raison littéraire « j´avais une vie à vivre, j´avais un livre à écrire. Je voulais n´avoir aucune responsabilité ».

Ça sera plus tard, quand il finira sa relation amoureuse avec Louise, grâce aux souvenirs qui émergent des relations avec leurs grands-parents et leurs parents, qu´il pourra accomplir son désir d´être écrivain.

Les souvenirs du Jardin du Luxembourg, nos vies métamorphosées  en bateaux flottants soumis aux caprices du vent, de l'incontournable  destin qui nous amène vers une deliquescence toujours imprévue malgré son omniprésence autour de nous.

Les souvenirs du Jardin du Luxembourg, nos vies métamorphosées en bateaux flottants soumis aux caprices du vent, de l’incontournable destin qui nous amène vers une déliquescence toujours imprévue malgré son omniprésence autour de nous.

Au début du roman, quand son grand-père est mort, le protagoniste remémore ce qu´il aurait voulu dire à son grand-père, qu´il l´aimait tout simplement. Souvent on ne trouve pas le moment de transmettre à notre famille notre amour pour eux. Il  est difficile de dire je t´aime, tu es important pour moi . Nous avons peur de dire ça à cause  « d´une pudeur impardonnable et irrémédiable ». C´est dur à vivre la vieillesse, la souffrance, la solitude, la mort… « c´était lent à mourir » et pour tout cela il « cherchait partout des moyens de ne pas être là « . Il s´éloignait des problèmes et il se questionnait si on pouvait s´habituer aux souffrances.

Il avait tellement des souvenirs de son grand-père. Le livre commence avec un souvenir dans le jardin du Luxembourg où il allait voir Guignol avec son grand-père, et finit dans le même jardin, avec Paul, son fils, en voyant un spectacle de Guignol, en évoquant de nouveau son grand-père. L´émotion du passé venait sur lui et parcourait son âme. Tout revenait de nouveau, parfois, on ne sait pas quoi faire avec les émotions……La nostalgie de son enfance… il y avait tant de bons moments à se rappeler… »

 Pour Javier, « c’est un livre nécessaire. Le sujet de la vieillesse est traité avec un réalisme déchirant mais, j’insiste, nécessaire. Une des absurdités et presque des cruautés qui comblent la vie d’un être humain c’est d’avoir acquis la capacité de la conscience de soi-même pour nous laisser contempler la propre décadence La vieillesse s’entremêle avec les sentiers de la solitude, de l’oubli, laisse dans un état de fantômes vivants à ceux qui avaient eu une vie, pleine d’émotions, de sentiments, de futur. Une ligne invisible de position variable selon la considération du sujet vieillissant par son entourage, établit la transition brusque à cette nouvelle situation disons « spectrale » de la vie. Si chacun de nous trouve toujours à son intérieur une identité presque immuable, qui ne connait pas d’âge , l’extérieur ne respecte pas ce monde intérieur, cette identité et ajoute, impose, une autre identité, étrangère, bizarre qui tombe parfois sur le risque d’annuler l’autre. On n’est pas vieux… on est déclaré « vieux ».

La vieillesse habite dans le royaume de la mémoire… Privés de futur ou de la possibilité physique de remplir plus de pages de notre livre vital, notre regard se détourne vers le passé, le seul endroit ou nous étions jeunes, où on peut encore se sentir fort et plein de vie.

L’auteur dit à un moment donné

« La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts »

et ajoute en décrivant sa grand-mère:

«Elle était comme une poupée de cire dans un monde poussiéreux » (…) Comment vit-on en sachant que l’avenir est une peau de chagrin ?»

Le tableau "Deux vieux en train de manger" (1821-23, Musée du Prado, Madrid) du genial peintre Francisco de Goya montre la vieillesse avec une laideur faite du regard méprisant des autres

Le tableau « Deux vieux en train de manger » (1821-23, Musée du Prado, Madrid) du genial peintre Francisco de Goya montre la vieillesse avec une laideur faite du regard méprisant des autres

Quelques coups de pinceaux qui font partie d’un tableau ténébreux, « goyesco » , que l’auteur décrit avec précision, qui fait beaucoup réfléchir, qui exige de nous l’adoption d’une position envers cette réalité souvent cachée aux regards de ceux qui ne veulent pas la contempler.

La beauté des mots est aussi présente dans cette œuvre littéraire précieuse avec beaucoup de moments où l’on savoure les lignes, les phrases malgré la « thématique de la laideur » qui est aussi présente. C’est l’auteur même qui nous souligne qu’on « devrait se soulager de la vieillesse para la beauté ». Essayons de trouver cet enfant perdu au milieu des cheveux grisâtres, de contempler  les personnes âgées comme ces personnes à qui, un jour, la vie a volé le futur mais qui cachent encore ce petit enfant, ce brave jeune, cet adulte actif pour ne pas les enterrer en vie et pour profiter de leur expérience et de la connexion avec notre essence évolutive qu’ils représentent.

En bref. Un « de nos livres » : profonds, parfois amers, toujours intéressants et perçants dans les coins cachés de l’âme humaine » et comme souligne Inma, « une manière de dire aux êtres aimés combien ils sont importants pour nous, le point de vue de D. Foenkinos sur la vieillesse, une autre manière de faire le rapport jeunesse-vieillesse, de vieillir. »

 

C’était une de nos séances les plus émouvantes, pour la date, pour notre réunion avant la fin de l’année, pour nos retrouvailles dont l’esprit virait vers l’émotion contenue de nous régaler  en chantant «Mon beau sapin» accompagnés par la guitare de Nieves, chants et sons unis pour nous souhaiter un bon 2015, à la sonorité souriante.

Nous voudrions finir avec une petite compilation de nos souvenirs, à la façon des images qui cachent tant de mots,  pour cette séance du 19 décembre 2014 devenue déjà une partie importante de notre mémoire collective.

 

 

 

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