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Camus-Sansal, Sansal-Camus: « L’Envers et l’Endroit »

Sansal - Camus, deux faces d'une même monnaie

Sansal – Camus, deux faces d’une même monnaie

DE PETITES RÉFLEXIONS POUR UN DÉBAT OUVERT, Á PROPOS DU CONCEPT DE  « L’ENVERS ET L’ENDROIT » CHEZ ALBERT CAMUS vs BOUALEM SAMSAL, TOUJOURS AUTOUR DE LEURS ŒUVRES  L’Envers et L’endroit, et Rue Darwin.

De mon point de vue, après avoir lu les œuvres citées, il faudrait prendre les termes L’envers et l’endroit comme un tout inséparable, dont le concept ferait référence à deux dimensions :

  •  D’une part, d’une position de spectateurs ou d’observateurs des phénomènes sociaux, il s’agirait de percevoir la conception que nous avons de tout ce qui nous entoure, d’un point de vue pesimiste ou optimiste de la vie. Et en conséquence,  d’affirmer, pressentir, ou admettre la supériorité du négatif (l’injustice, le mépris, la haine, l’aliénation, l’ostracisme, etc.) ou du positif (la justice, l’affection, l’amour, la force de la propre identité, de l’intégration dans notre environnement social, etc.).
  •  D’autre part, depuis une position d’agents de changement, il faudrait découvrir ou déterminer quelle est notre attitude devant la vie : plus positive (adopter une position de révolte, de mécontentement, d’activité, de prise de décisions), ou plutôt négative (de soumission, de résignation, de passivité, d’inhibition, etc..).

L’Envers serait conçu comme le côté négatif du monde ou le fait d’adopter une attitude passive ou pessimiste, tandis que L’Endroit serait le contraire.

Donc, si nous y convenons, tout cet ensemble de phénomènes pourrait être jugé, à partir de ce concept:  L’envers et L’endroit. Et dans le cas de nos auteurs, nous allons nous poser la question: qui se trouve plus proche de l’envers et qui de l’endroit ?  (Peut-être que nous ne devrions pas comparer les idées, les sentiments, enfin, la pensée et l’œuvre des écrivains d’âges si différents, mais en tenant compte que notre travail n’a pas l’intention d’être ambitieux, on devrait d’être indulgente avec notre idée, à mon avis ).

Albert Camus, la révolte contenue

Albert Camus, la révolte contenue

L’ENVERS ET L’ENDROIT CHEZ CAMUS

Quant à Camus, par rapport à ses premières expériences comme écrivain, et après se débattre entre réflexions d’indole diverse, il semble qu’il opte par tenir en compte tous les deux faces du monde, comme moteurs de sa propre histoire et de sa personnalité (il le montre – parfois – au moyen de périphrases et, parfois, clairement  :

« … Je sais que ma source  est dans l’Envers et l’Endroit, dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu et dont le souvenir me préserve encore de deux dangers contraires qui menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction » (L’envers et L’endroit ; p. 13 ; copie, p. 11)

Et à la page 124 (copie, p. 58) :

« Entre cet endroit et cet envers du monde, je ne veux pas choisir, je n’aime pas qu’on choisisse (…) Le grand courage , c’est encore de tenir les yeux ouvertes sur la lumière comme sur la morte ».

Ou la phrase de la page 11:

« La pauvreté, d’abord, n’a jamais été un malheur pour moi : la lumière y répandait ses richesses. Même mes révoltes en ont été eclairées».

Cependant, parfois on a l’impression que Camus a choisi, qu’il se sent plus sûr près de l’envers ; qu’il sent plus réel ce visage du monde :

« Je peux dire et je dirai tout à l’heure que ce qui compte c’est d’être humain et simple. Non, ce qui compte c’est d’être vrai et alors tout s’y inscrit, l’humanité et la simplicité (…) Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient. » (p 124 ; copie, p. 57)

De mon point de vue, il y a des situations qui obligent tous les deux auteurs à s’impliquer , à prendre position face a la vie : c’est l’injustice, qui agit comme moteur de leurs révoltes, de leur position durement critique envers la société obscurantiste, féodale et involutive. De sorte que d’une partie, le jeune Camus fuit de l’endroit à cause de la peur qu’il sent de devenir  une personne passive, inopérante, soumisse, ou même stérile  dans  la vie, dans la contemplation du plaisir ; c’est-à-dire, il craint de perdre le compromis qui l’attache fortement à son entourage ou plutôt à  l’humanité. Toujours qu’il sent attraction pour tout ce que signifie l’endroit,  un fort sentiment surgit de son intérieur, poussé par une espèce de morale qui l’empêche de se réjouir ou de bien profiter des moments agréables que la vie nous offre: la beauté, la paix, le calme, le repos. Ce pourquoi l’endroit l’emmène à l’envers. Pendant la contemplation d’un paysage naturel, il se rejouit:

 «…Et ces quelques feuillages où coule la lumière. Plus haute c’est encore les feuillages. Plus haut, c’est le soleil. Mais de toute cette jubilation, de l’air que l’on sent au-dehors, de toute cette joie épandue sur le monde, je ne perçois que des ombres de ramures qui jouent sur des rideaux blancs. Cinq rayons de soleil aussi qui déversent  patiemment dans la pièce en parfum d’herbes séchées (…) C’est un après-midi de janvier qui me met ainsi en face de l’envers du monde… » (pp 221/222 ;copie, p. 58.

Ou d’autre :

«  Petit puits du cloître de San Francisco, j’y regardais passer des vols de pingeons et j’en oubliais ma soif. Mais un moment venait toujours oú ma soif renaissait. » (p. 115 ; copie, p.54)

C’est une morale semblable a celle des moines qui se consacrent à vivre dans la pauvreté ; c’est une morale qui est en connexion avec le concept freudien du Surmoi, plus propre des personnes obsedés. Mais tout cela on pourrait aussi le mettre en rapport avec le matérialisme dialectique,  selon lequel le progrès n’existe pas sans la lutte entre contraires (l’Envers et l’Endroit, jouent le rôle des contraires en ce cas, malgré toutes les critiques que cette théorie a reçu de la partie de Camus:

«Le matérialisme historique, le déterminisme absolu, la négation de toute liberté. Voilà les conséquences les plus légitimes d’une philosophie sans Dieu « »

 En outre, on apprécie aussi  chez Camus un désir de révolte contenue:

« La pauvreté telle que je l’ai vécue ne m’a donc pas enseigné le ressentiment, mais une certaine fidélité, au contraire, et la ténacité muette » (p. 14 )

C’est-à-dire, la « ténacité muette », est-ce qu’elle signifie résignation, jusqu’un certain point?

Alors, qu’est-ce qui est sub-jacente dans la pensée du Camus  » jeune »?

Apparemment sa pensée se sent tout à l’aise entre toutes les deux faces du monde. Est-ce peut-être une manière de justifier devant le monde une certaine manière d’agir bourgeoise et inopérante, quand il s’agit plutôt au contraire, des situations qui exigent une majeure force de caractère?

De toutes manières, le long de toute l’œuvre son langage est un va-et-vient de L’envers à L’endroit (pp 91-93 ; copie, p. 44, où il parle de la vie de la mort, de l’amour, des révoltes, de la lumière, etc.)

Boualem Sansal, la face lumineuse envers les difficultés

Boualem Sansal, la face de l’endroit partout

L’ENVERS ET L’ENDROIT CHEZ SAMSAL (dans le personnage de Yazid)

On apprécie une certaine liaison entre ces auteurs :

  • D’une part, tous le deux ont des sentiments de révolte face à l’injustice ou au malheur, mais peut-être c’est Samsal qui est le plus claire : il identifie mieux les causes  de l’injustice, raison pour laquelle il peut orienter mieux sa critique. C’est-à-dire, ce serait, jusqu’à un certain point, une manière active, positive de lutte, un peu plus proche de l’endroit que de l’envers :

« Je ne comprenais pas, quel secours, quelle religion, nous étions dans un hôpital, nous avions besoin des soins du corps, pas de l’âme. Il a précisé : les services d’un aumônier musulman. J’ai sursauté. « Qu’est-ce là, un imam…ici ? » L’ai-je dit ? je suis phobique à ce mot, mon ulcère saigne à la première lettre, il évoque en moi des plans terrifiants, genre extinction des races et des espèces, des foules torrentielles, des imprécations sans merci, des cruautés sans bornes, des souffrances sans i n, bref un monde obsessionnel radicalement ouvert à la folie, la moins douce de toutes. La honte m’écrase de penser cela, je me sens tout facho de le dire, mais se soumettre à la peur est aussi moche que pratiquer la terreur. Ces saletés vont ensemble, l’une soutenant l’autre, comme la merde et son odeur.”

  • Il semble que Samsal, dans la bouche de Yaz, parle très clairement, en montrant qui sont, à son avis, certains coupables des malheurs de sa société. C’est un simple exemple, comme nous tous déjà en savons. Mais, d’autre part, Samsal (Yazid) se rebelle aussi avec insistance, contre soi-même, quand il dit (page 234) :

    « Comment expliquer que jamais je n’ai posé la moindre question à quiconque ? Comment ai-je pu ne jamais me révolter et forcer le destin?»

  • Yazid matérialise ses préoccupations (Il fait référence à son « destin » – dans des termes concrètes d’avenir -, d’autres fois à ses origines, aux mauvaises pratiques politiques, religieuses ou sociales – comme nous avons déjà vérifié dans nos débats). Cependant, Camus se montre un peu plus symbolique et métaphysique, après ne pas avoir pu trouver l’object de sa révolte contenue. Pour Camus, le malheur, l’angoisse, la pauvreté, la misère, etc. ne sont apparemment, susceptibles de disparition, mais essentiels a leurs opposés. Est-ce que ce discours est-il orienté envers la solution matériel du problème que l’auteur se pose ?

« Je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l’excès des biens. Le plus grand des luxes n’a jamais cessé de coïncider pour moi avec un certain dénuement. J’aime la maison nue des Arabes ou des Espagnols. Le lieu où je préfère vivre et travailler (et, chose plus rare, où il me serait égal de mourir) est la chambre d’hôtel » (L’envers et L’endroit, p.18 ; copie, p. 13)

Il y a dans ces mots une grande valeure littéraire et une intention métaphysique respectable, mais le discours se situe, justement, entre L’envers et L’endroit.

  • Quelle différence, par contre, dans le contenu de ce paragraphe de Samsal! – sans perdre, néanmoins, sa charge symbolique et son bien faire littéraire – :

« Ces bestioles (les cafards) grouillantes et frénétiques marchaient au plafond comme Jésus marchait sur l’eau et ça n’avait rien d’un miracle, c’était naturel. C’était la première fois que je les avisais sous cet angle, avec admiration et respect, habituellement je les surprenais en pleine lumière, horrifié de dégoût, et sans leur laisser le plus petit recours je les écrasais à grands coups de savate qui faisaient gicler leurs entrailles. Ce n’était pas la vie rutilante et aimable que je tuais en eux, je le jure, seulement la misère, la honte et l’effroi qu’ils introduisent dans nos pauvres foyers. Il y a quelque chose de mal dans cet envahissement sans scrupule et ces manières si vulgaires, s’en défendre est un acte de foi et de droit. » (Rue Darwin ; p. p.229).

C’est la misère, qu’il décrit, évidemment, mais son attitude de révolte et  de rage, met en évidence sa critique impitoyable et son désir de changer l’état de choses. (C’est bien sûr, la face de l’Endroit).

  • Finalement, il faudrait faire mention à la vision positive que Samsal a de la vie, avec projection envers l’avenir, malgré tous les coups que Yazid a reçu; et pour éclaircir ce point, il suffit de lire ces paragraphes :

Dieu merci, ce jour son karma était à l’endroit, elle m’a dit : « Je t’attendais. » (. 218, Rue Darwin).

Janus, la divinité romaine, dieu des commencements et des fins, des choix, des clés et des portes

Janus, la divinité romaine des deux visages, dieu des commencements et des fins, des choix, des clés et des portes

Le moment où Yazid allait apprendre ses vrais origines était proche. C’est pour quoi l’état d’âme qu’il appréciait dans Farroudja « était à L’Endroit » Et en définitive, Yazid prend la décision de partir. Soudain, il est devenu une autre personne, car il a découvert son identité. Ce sera à partir de là qu’il sera soi-même. Il a vaincu le sentiment d’aliénation, comme symbole de liberté de son peuple. Et, enfin, c’est Samsal celui qui y était tout à fait à L’Endroit, toujours à L’Endroit.

Me voici arrivé au bout de ma route. Je vais maintenant partir, changer de pays, et apprendre à vivre hors des conventions et des pactes, dans la seule vérité de la   vie, dans la seule vérité du moment » (pp. 254/255 ; Rue Darwin).

De toutes manières, c’est seulement le mien un point de vue qui peut être réfuté en vertu d’autres idées versées sur ces grandes œuvres dont les auteurs sont bien liés par l’histoire et qui possèdent, bien sûr, beaucoup  d’éléments qui les unissent.

En somme, le propos de ces lignes n’a été autre que celui de ne pas perdre l’occasion de susciter un petit débat sur ces respectables écrivains, deux sages et maîtres de la parole, bien que nous ne disposions que de deux de leurs œuvres.

Carmelo López

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3 Réponses

  1. […] déchirée parla guerre et expose ce contraste et fait constater que rien n’a changé… (lire l’article écrit par Carmelo López à propos de la relation entre les deux […]

  2. […] Camus-Sansal, Sansal-Camus: "L'Envers et l'Endroit" […]

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