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Le sommeil de Dieu

Le jour du roi

Khalid, ombre aimée d’Omar, reflet impossible dans un miroir d’envie. Parabole d’un peuple qui veut démarrer.

La dernière séance de l’Atelier de Littérature a été consacrée au livre « Le jour du Roi » d’Abdellah Taïa.

Un livre des rêves qui se mêlent avec la vie, un livre rêveur qui garde entre les lignes d’une toute petite histoire tout un message caché, un songe qui cache un cauchemar qui remplira de tragédie le devenir des protagonistes.

On veut, nous aussi, rappeler ici ces mots d’introduction:

On entre dans Le jour du Roi comme on entre dans un songe,imperceptiblement. On est happé par l’univers et la langue d’Omar, le pivot de cette histoire, âgé de quatorze ans, pauvre slaoui qui rêve de rencontrer le roi du Maroc. Ceci se passe en juin 1987. (A. Baïda, « Au fil des livres »)

Ce livre a reçu le PRIX de FLORE 2010, décerné le 4 novembre.

Khalid et Omar sont deux amis appartenant à milieux sociaux différents: l’un, Omar, habite dans la partie la plus pauvre du quartier Hay Salam, à Rabat. L’autre, Khalid, né riche, il est aussi bénit par la chance des triomphants. Khalid est plus intelligent que lui et il a un futur bien dessiné pour sa vie.

Pauvre écolier - Antoine Mancini

Pauvre écolier (Antoine Mancini), couverture du livre « Le Petit Chose » d’Alphonse Daudet lu par Omar à l’école (p78)

Omar n’a presque rien. Un seul épisode à l’école lui fait sentir pour un moment le protagoniste, quand  son professeur Madame Cherki lui fait lire en public un extrait de « Le Petit Chose » (Alphonse Daudet)

La tragédie fait sa parution quand c’est Khalid qui est choisi pour aller représenter l’école devant le Roi Hassan II, une émotion dont Omar rêvée depuis toujours.

La scène: la forêt la plus grande du Maroc, « La Maâmora », le fleuve terrible, le Bouregreg, et deux vies qui n’arriveront nulle part.

Un livre sur les efforts inutiles pour surmonter les classements sociaux, pour se demander si l’amitié peut vaincre la haine, la jalousie.

Abdellah Baïda à dit à propos du livre dans son ouvrage « Au fil des livres »:

Le désir d’aller au-delà de sa condition sociale est-il suffisant pour parvenir à ses fins ? La haine, la jalousie, la frustration et le ressentiment peuvent-ils être vaincus par la naïveté de l’adolescence ? Le jour du Roi répond sans tergiverser : Non ! Pourtant Omar et Khalid ont tenté l’expérience. Leur amitié, leur amour même, tant leur relation ne laisse aucune ambiguïté sur leur homosexualité naissante et frémissante, ne parviendront pas à combler le fossé social qui les sépare malgré eux. Abdellah Taïa le répète inlassablement, les deux gamins vivent dans deux mondes. Ils se voilent la face, maquille la réalité mais ne l’efface pas. Que peuvent-il y faire ? Le fait est ! D’un coup le maquillage fond, la haine surgit. Le déclencheur de cette haine qui conduira au drame est le Roi Hassan II. Celui que vénèrent autant qu’ils le craignent les Marocains. Baiser la main du Roi est le rêve nocturne du pauvre Omar ; Baiser la main du Roi est la récompense que va, sans l’avoir sollicitée, recueillir le riche Khalid. Cela en est trop pour leur amour aux pieds d’argile. Comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, le Roi Hassan II vient s’immiscer dans la vie intime de ses deux jeunes sujets, comme il s’immisçait sans retenue dans la vie de tous ses sujets. Le roi Hassan II est le coin qui pénètre dans le rondin de bois et l’ouvre à jamais laissant des échardes à vif.

Dans nos commentaires nous nous sommes demandés ce que l’auteur attendait de nous, les lecteurs. Est-ce un cri comme celui du célèbre tableau de Munch qu’il a voulu  pousser ? Est-ce la mise en relief d’une amitié impossible, entre deux garçons adolescents, d’un amour presque narcissique car ils partagent une amitié particulièrecollés l’un à l’autre, l’un dans l’autre »? Un écrit qui veut secouer la société, qui veut rompre de tabous ?

D’autres sujets son parvenus à fur et à mesure que le débat avançait.

Pourquoi cette vénération pour « l’auguste face royale »?« Il est beau. Je l’aime. On m’a appris à l’aimer. À dire son nom. À le crier. » (p. 9)

L’importance des espaces géographiques dans le roman: la forêt de Maâmora où ils régleront leurs comptes. Les deux villes Rabat-Salé séparées et unies  par un fleuve le Bou Regreg. Le quartier pauvre de Salé où habite Omar et la villa du père de Khalid .

Voici la Géographie littéraire du livre: Tous les endroits de « Le jour du roi » (Cliquez sur l’image pour y accéder)

Tous les endroits de "Le jour du roi"

Ce sont des enfants de la ville, sans points de répères, sans une famille présente qui veille pour eux. Un personnage survivra à tous: la servante noire Hada qui, à la fin du récit, veut se réinventer, renaître en changeant sa vie, son endroit habituel, son nom.

La musique fait partie aussi de cette ambiance. Cette musique d’Houcine Slaoui, résonnant dans le calme chaleureux du midi, rend hommage à un des premiers chanteurs marocains.

Et aussi la gastronomie (p93), la référence à la répression des « Années de Plomb » (p146)…

Sans oublier la douceur de cette écriture qui pourrait être représentée dans ces extraits:

– Je sens le main de Hassan II. Je la respire. Quelle chance ! Quelle chance ! (pag.17)

– Je me suis réveillé en sursaut. J’ai quitté mon lit. Mon cœur battait en dehors de moi. Mes yeux étaient encore là-bas. Je respirais dans la peur. L’incompréhension.J’entendais encore la voix de HassanII. Son rire énorme. Je suis effaré. Je ne reconnais rien. Où suis-je Qui suis-je, si je ne suis plus marocain ? Où est mon père ?(pag. 22)

–  Khalid était mon meilleur ami. Mon ami tout court. L’ami. Je l’aimais. Je le connaissais par cœur. Je le protégeais au collège. Et même après. C’est uniquement à lui que j’ai tout raconté. (pag. 24)

– Ma mère. Ma mère qui n’en a jamais vraiment été une. (…) Elle nous avait abandonnés. Encore une fois. (pag. 32)

–   Sans frapper je suis entré dans la chambre de Khalid. La petite chambre de son bureau était comme toujours allumée. Khalid dormait profondément (…) Il avait l’habitude de moi, de mon corps. De nous. Deux. Un. (pag. 44)

–   Nous étions au milieu du fleuve. Au sens propre, entre deux mondes, deux villes, deux collines. Deux guerres. Deux civilisations. Deux Maroc . (pag. 161)

Un livre paradoxal, incommode, qui nous parle de l’impuissance d’un peuple pour vaincre son destin inévitable, celui de la pauvreté, de l’injustice.

Ce sont les temps du Printemps Arabe, les temps pour apporter des vents frais aux peuples opprimés, les temps pour changer l’inévitable.

Pour en savoir plus

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Une Réponse

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