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La grande défaite

Le dernier combat du Captain Ni'mat, un combat inachevé

Le dernier combat du Captain Ni’mat, un combat inachevé

Le dernier combat du Captain Ni’mat (Éditions La Différence) de Mohamed Leftah (1946-2008) a été choisi pour un autre débat de l’Atelier de ce mois de Mars 2012. C’est un livre qui a reçu le prix littéraire de La Mamounia 2011.

Le dernier roman, posthume, de Mohamed Leftah n’est pas n’importe quel livre, bien au contraire, c’est son dernier et posthume témoignage. C’est le livre où la Liberté chevauche sur les dos de ce cheval, parfois apprivoisé, parfois furieux, qui est la Littérature.

Pourquoi un écrivain de sa taille, dans les derniers souffles de sa vie  à cause d’un cancer qui lui rongeait profondément, a décidé d’affronter un sujet si polémique: l’homosexualité dans un pays musulman ?

Écrit en 2006, « Le dernier combat du Captain Ni’mat » c’est la provocation en état pur. Une nouvelle voie creusée sur une jungle d’hypocrisie, des préjudices, d’intolérance. Et cependant Leftah, chemin faisant, nous montre un parcours facile: l’amour ne sait pas de genres, des règles, des conventionnalismes. L’amour et la littérature ont besoin de Liberté, l’amour est la liberté qui déploient sous ses ailes l’égalité et le respect envers l’autrui.

Un livre « subversif » qui a provoqué la peur dans le statu quo officiel marocain qui a essayé de l’interdire en cachette. Mais, les efforts de ses amis et « copains d’armes », aussi bien des écrivains très connus que des citoyens anonymes, non seulement du Maroc mais d’ailleurs, ont fini par montrer cette ignominie en public et ouvrir une liste de signataires qui ont participé à cet appel: « pétition Leftah » pour dénoncer la situation et demander la levée de  l’interdiction.

Beaucoup d’entre nous, membres de l’Atelier, nous avons aussi signé et avons voulu laisser sur notre blog une preuve de notre compromis avec cette cause, nous avons choisi ce livre comme lecture dans le programme de cette année.

L'Atelier contre l'intolérance, pour la Liberté, pour la Littérature

L’Atelier contre l’intolérance, pour la Liberté, pour la Littérature

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Dernière minuteÀ propos de ce sujet polémique de la sexualité chez le monde Arabe, notre ami de l’Atelier, Monsieur Abdellah Baïda (Université Mohamed V- Agdal, Rabat) et Jean Zaganiaris
(CERAM/Ecole de Gouvernance et d’Economie de Rabat) ont convoqué une JOURNÉE D’ÉTUDE sous le titre « LES ENJEUX DE LA SEXUALITÉ DANS LES CHAMPS CULTUREL ET LITTÉRAIRE MAROCAINS » à la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, pour le Samedi 9 juin ( 9h30-13h30).

L’obligation de mener à terme un tel événement devient nécessaire après avoir lu le texte pour la présentation du programme:

De nombreux débats ont eu lieu au sein de la société marocaine à propos de la sexualité. Depuis les couvertures de Tel Quel dans les années 2000 aux débats contemporains autour du roman de Mohamed Leftah, Le dernier combat du capitaine Ni’mat, en passant par l’affaire du « mariage homosexuel » de Ksar El Kébir. Il semble que la sexualité ne fasse pas uniquement l’objet de censure mais plutôt de discours pluriels, situés dans certains champs (politiques, littéraires, juridiques…) et tenus par des acteurs spécifiques.Il ne s’agit pas tant de les aduler ou de les critiquer mais de les comprendre, à partir d’une posture qui soit celles des sciences humaines, de la littérature, de la philosophie. Pour reprendre une idée de Michel Foucault, « si le sexe est réprimé, c’est-à-dire voué à la prohibition, à l’inexistence et au mutisme, le seul fait d’en parler, et de parler de sa répression, a comme une allure de transgression délibérée ». Le sexe n’est pas tant affaire de censure que de contrôle politique. Plutôt qu’essayer de traquer la sexualité dans les sphères de l’intime, il s’agit de comprendre la nature de ce que l’art est capable de montrer publiquement et de saisir la complexité des discours que la société marocaine tient sur la sexualité, les rapports entre les sexes, les genres et les pratiques sexuelle.

Ici, dans l’atelier nous nous étions déjà approchés de ce grand écrivain en Novembre 2009 avec son opus « Une chute infinie » où il s’agit du suicide d’un jeune lycéen. Pour ce livre nous avions qualifié l’auteur d’« orfèvre de la parole » .

En nous souvenant constamment de cette « Chute infinie » nous avons plongé maintenant dans ce « dernier combat » et en lisant sa quatrième des couvertures  on devine bien qu’il s’agit du désir sexuel qui peut laisser en état de choc. En tant que lecteurs responsables nous ne voulions pas laisser de côté ce chef-d’œuvre d’écriture voluptueuse et audacieuse et avec notre lecture nous devenons témoins  de ce récit envoûtant, de style baroque, de passages parfois « morbides » mais tout naturellement bien écrits qui ne sombrent jamais dans la vulgarité. Sa belle prose poétique nous poursuivra et nous mettra dans un état de mélancolie et de joie . Sa poéticité fascinante a rendu nos commentaires et nos opinions à travers ces passages un des moments inoubliables pour l’atelier. Ce livre nous a laissé le goût de la relecture.

D’un style captivant, il s’agit de la vie d’un homme, le captain Ni’mat, dans le crépuscule de son existence, officier de l’armée de l’air égyptienne, qui mène une vie bourgeoise au Caire, entouré de ses anciens compagnons, sous la routine accueillante de son luxueux club privé et de sa vie familiale, protégé par les conventions et les privilèges de sa haute position sociale. Cette vie sans un autre horizon que le calme plein de monotonie  n’arrive pas à lui faire surmonter le sentiment de défaite souffert devant l’Armée Israélienne en 1967, bien au contraire, elle lui approche de sa défaite finale, de son vieillissement précoce. Mais un jour, après avoir eu une espèce d’épiphanie en voyant les jeunes gars nageant dans le club, un sentiment inconnu commence à briser l’armure intérieure et à laisser sortir une attraction jamais admise par les hommes. Une attraction transformée en passion après sa première rencontre avec son esclave nubien, Islam (une autre sublime provocation que d’appeler Islam l’objet de son désir)

À partir d’ici, tout son monde éclate en morceaux. Son mariage, ses privilèges… et notre captain commence à souffrir le manque de respect, le harcèlement d’une société qui se sent insultée par un tel comportement d’un « des siens », et qui insulte aussi la virilité des égyptiens .

De nos jours parler de  l’homosexualité, avec la  profusion des détails employés par Leftah exprimant les sentiments de leurs protagonistes et leurs relations les plus intimes, est une fois de plus un acte de courage de sa part.

C’est un chant contre l’intolérance, contre les tabous, contre l’hypocrisie, cachée dans un roman d’amour, de tendresse et de liberté, écrit avec une telle beauté qui nous fait vraiment sentir la souffrance et l’angoisse du protagoniste et nous aide à effacer un peu nos propres préjudices.

Voici la présentation du livre sur France info:

En effet, l’homosexualité –en spécial la masculine- n’est pas encore acceptée malgré la modernité de nos jours. En Espagne, par exemple, nous venons de connaître à l’occasion des fêtes de la Semaine Sainte le discours de l’Évêque d’Alcalá de Henares–une ville de la région de Madrid- , Juan Antonio Reig Plá, qui met en liaison l’homosexualité et la prostitution et il a même dit  avec solennité « Je vous assure qu’eux –les homosexuels- trouveront l’enfer ». Déclarations qui ont été soutenues par les autorités ecclésiastiques  espagnoles. Ou, par exemple, le cas du candidat républicain Richard Grenell, aux États-Unis qui a été forcé à abandonner sa carrière politique à cause de son homosexualité.

On est parti de la phrase attribué à Térence  et, après, reprise par Saint Augustin :

« Homo sum ; humani nihil a me alienum puto » : (L’Héautontimorouménos, v. 77) – « Homme, il n’est rien d’humain qui me semble étranger. »

L’Héautontimorouménos signifie littéralement « bourreau de soi-même », et c’est une pièce du dramaturge latin Térence. Ce poème reflète un sentiment de solitude de l’auteur. C’est aussi un poème des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Il a été mis en musique par Léo Ferré en 1977, et interprété par Jean-Louis Murat en 2007.

Le portrait de cette destruction du protagoniste par l’oppression sociale est accompagné aussi d’autres situations :

  • Certains d’entre nous ont signalé la pédérastie et l’inégalité des relations entre le captain et son domestique Nubien.  Mais au fur et à mesure que la relation avance l’amour commence à guider leurs pas :

« Si ça peut vous procurer tant de bonheur, captain, si ça peut te rendre heureux, Ni’mat, je viendrais habiter avec vous, avec toi. Je vous le dois, après tout ce que tu as fait pour moi.

–  Seulement par obligation ? lui demandai-je. Tu ne m’aimerais pas un tout petit peu ?

Islam se contenta de faire ce geste si familier chez les Égyptiens, consistant à pointer le majeur et l’index tout près des yeux, à les toucher, signifiant par là à la personne à laquelle était adressé ce geste qu’elle leur était chère et précieuse que la pupille de leur œil. » (page 147)

  • Un autre sujet qui a été considéré dans la séance: l’absence de la femme, d’une vie pour les femmes. C’est une absence qui aurait pu être aussi dennoncée par Leftah. Le harcèlement des femmes dans cette société est aussi grave à dénoncer que la situation des homosexuels.
  • Il y a tout un langage au service de cette répression sexuelle, des mots humiliants pour qualifier les homosexuels, qui sont considérés comme « d’homme manqués », un langage au service de la provocation et de la souffrance, un instrument de la douleur. Mais la vérité c’est que la définition du genre est le résultat d’une chaîne d’évènements physiologiques qui commencent avec le sexe génétique, continuent avec le sexe hormonale et finissent avec le sexe disons, psychologique et sociale.

C’est pour cela que l’on doit faire appel à une éducation ouverte, s’appuyant sur l’idée de liberté et du respect pour tous, pour songer à guérir l’espèce humaine de cette stigmatisation contre l’intolérence qui semble enraciné dans ses gènes

Les jeunes d’aujourd’hui ont la parole et la possibilité de faire réalité ce changement. Mais pour ce faire il faut accompagner la liberté d’expression d’un profond respect envers les autres. Il faut aussi « savoir » lire, remplir les âmes des sentiments ressentis par d’autres êtres humains et essayer de les comprendre.

Dans cette tâche, la littérature jouera comme toujours un rôle important. Les grandes révolutions ont été faites à l’avance sur les pages des livres.

Le combat du Captain Ni’mat est, donc, un combat éternel, un combat universel, un combat de nous tous… contre l’intolérance. Nous l’avons bien compris avec la lecture du dernier, du définitif livre de Mohamed Leftah.

Nous appuyons cet écrivain singulier qui a bien voulu défendre l’individualité de l’être humain. Nous sousignons toujours notre solidarité et compromis pour la liberté d’expression.

Pour finir la séance on a lu quelques extraits du livre, les voici.

Et nous nous identifions avec ces phrases écrites par un écrivain de prestige et grand connaisseur de son œuvre.

« Toutes les œuvres de Mohamed Leftah sont d’une poéticité époustouflante (A. Baïda) revue Perspectives Med, Avril 2011

C’est une plume incisive » elle va au fond des choses. Il y a beaucoup de « préciosité » dans le style de Leftah, dans le sens où c’est le fruit d’un travail acharné et d’une sélection rigoureuse pour trouver le mot juste.  (A : Baïda)

Prenons et laissons ici cet extrait du journal intime du protagoniste comme testament :

En attendant , pour ne pas céder à une tristesse envahissante et pour voir plus clair en moi-même, j’ai décidé de tenir un journal où j’essayerai d’exposer avec la plus grande  sincerité ce qui m’agite en mon for privé le plus secret. (pag.123)

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Pour en savoir plus


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5 Réponses

  1. Le captain Ni’mat est un livre nécessaire. Il ne s’agît pas, malheuresement, d’un tout dernier combat, mais d’un combat éternel, celui que le monde entier doit établir envers le manque de tolérance, de la liberté individuelle, du respect de tous envers tous. Un livre courageux et encourageant, pleins d’émotions et écrit avec une telle beauté qu’il permet de nous approcher des sentiments inconnus de leurs protagonistes avec une grande complicité et une telle empathie qui nous fait vraiment souffrir au fur et à mesure que le captain Ni’mat avance dans son récit vers l’inévitable final que l’incompréhension humaine a préparé dès le début de l’histoire. Une dénonciation littéraire de la douleur de tant d’êtres humains. Un héritage littéraire qui fait encore plus grande la figure de Mohamed Leftah.

  2. Le dernier combat du captain Ni’Mat est une lecture qui vraiment nous déboussole nous, les lecteurs occidentaux. Certainement, elle produirait aussi une forte impréssion chez les sociétés des pays arabes, mais, quand-même, cela était justement l’intention de Leftah. Je dois avouer que ce livre me semble psychologiquement très profond, car il entre dans les aspects les plus inconnus de la nature humaine. Même si cela occasionne des sentiments paradoxales, Leftah mérite qu’on donne une opportunité à son ouvrage posthume, que cela soit pour l’adorer ou pour la critiquer ardemment.

  3. Le dernier combat du captain Ni’Mat de Leltah a provoqué chez moi des sentiments opposé, d’un côté il est incontestable que le livre est si bien écrit, les mots si bien choisis que c’est un plaisir de le lire. Mais d’un autre côté sous mes yeux occidentaux, cette relation plus proche de l’esclavage que de l’amour entre égales est incompréhensible et trop choquante, et en plus il s’agit d’une relation entre un adulte et un mineur, ou en tout cas un adolescent, donc l’abus est clair. Mais hors question est l’interdiction de la lecture du livre, les lecteurs devons avoir le droit de décider ce que nous voulons lire librement pour après avoir nos propre opinions.

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