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Les vies rêvées

Mademosielle S

Cette histoire fraîche et délicate nous a mis en contact avec l’adolescence, celle que nous avons vécue il y a longtemps peut-être joyeuse ou pleine d’espoir.

Samira El Ayachi, l’auteure de « La vie rêvée de Mademosielle S. » nous l’a si bien racontée qu’elle nous suggère un tableau actuel, celui de la vie dont  nous avions tous bien rêvée… nous avons aimé cet univers livresque de la protagoniste, entouré d’un univers musical plein de musiciens inconnus par nous et d’un autre univers, de grande importance pour la protagoniste  représenté par des références littéraires, « Le gonne du Chabâa », d’Azouz Begag, dont nous avons déjà lu et parlé à l’Atelier, et surtout  « La vie est ailleurs » de Milan Kundera, qu’elle prendra comme un trésor à garder :

« Ce titre est fait pour moi, a ce qu’on dirait. Je saisis le livre à pleines mains, peut-être de peur qu’il ne se dérobe à mes désirs. De peur qu’il ne m’échappe.  (…) Je tombe amoureuse de ce titre, alors je le choisi pour partager quelques moments avec lui. Ce sera donc ce type, Kundera, au fond de mon sac de cours, entre le bouquin de latin et le précis de géographie, entre les stations de métro et sur les sièges du bus 42. La vie est ailleurs ». (p34)

et plus avant :

Milan Kundera

Milan Kundera, écrivain français d’origine tchécoslovaque. Ayant émigré en France en 1975, il a obtenu la nationalité française le 1er juillet 19811. Il a écrit ses premiers livres en tchèque, mais utilise désormais le français.

« Je m’allonge sur le lit et convoque Jaromil pour une balade poétique dans les méandres de la Tchécoslovaquie communiste entre les bras de Kundera. » (p101)

Pour conclure :

« Je me dis que c’est vraiment vrai. Qu’il ne faut pas avoir peur de vivre, de se planter. De se frotter à la vie. Parce que apparemment, tout peut bousculer. Cette putain de vie est ailleurs. » (p101)

  Au début nous pouvons croire que nous nous trouvons face à des mémoires quotidiennes d’une adolescente et en conséquence ne pas donner à cette oeuvre l’importance et la profondeur de ses réflexions. Indépendamment des expériences vécues comme n’importe quel adolescent, l’auteure a voulu à travers Samira mettre en relief l’influence de sa double culture sur sa manière de penser et d’agir.

  Avec un langage de banlieue et familier,  Samira El Ayachi, nous montre comment  cette fille, l’autre Samira-Salima, un peau “paumée” dans un quartier ouvrier se débat entre ses rêves d’ “ados” et la réalité qui frappe sa vie. Elle attend Godot. (“En attendant Godot” est une pièce de théâtre en deux actes écrite par Samuel Beckett. Godot cet homme qui ne viendra jamais).        

Un mélange de langages qui font une caractéristique singulier du style de l’auteure :

Il y en a de l’argot:

“J’ai kiffé à mort. Sauf qu’y avait ni caméra ni maquilleuse. Zéro paparazzi . » (p69)

de l’anglais

« Keep cool, Salima, OK. » (p7)

de l’Arabe et d’un Français encore pas saisie de la part de sa mère

– Laisse tomber, imma…

– Allez, mahlich, mahlich.. T’as pas bisoin du faire li minage, mahboula ! Ti auras ton poste inchallah de proffesour à la fac ma fille, Allah y hahnik. » ( p 14)

De l’argot des portables :

>> Slt. Vien ?  Rdv en ba sur le ban 2 la 6té. (…)

>> Va zi assure !

>> Peu pa. Pa le tem. Biz » (p110-111)

Samira El Ayachi

Salima, lycéenne de terminale, fille d’immigrés marocains, excellente élève et brillante rêveuse. « Salima est en train de déchanter sur les petites évolutions et les petites révolutions de sa vie, elle n’a que le rêve et la poésie pour tenir. »

Samira El Ayachi nous dévoile le plus profond de sa vie intime à travers sa protagoniste Salima, son alter ego. En effet, ce monologue interieur donne aux lecteurs l’impréssion d’écouter directément la pensée de Salima (ou bien de Samira) comme on écoute notre propre pensée, sans efforts, naturellement.

« Je m’appelle Salima Aït Bensalem Brune de peau. Cheveux noirs. 1m 66 à peine. Fille d’immigrés marocains arrivés en France dans les années 70 avec une valise emplie de couches-culottes, la bouche pleine de salive et de bave d’espoir. La peur et la faim au ventre. Faim des jours paisibles, passés dans l’amour, la liberté, l’égalité et la fraternité, Mes fesses. Débarqués ici pour dégotter le rêve américain, z’ont subi le rêve mesquin.

Nous avons plongé dans ce hâvre de cités humanisés par son écriture, dans  son lycée Faidherbe, dans cette grande famille, dans ce retour au bled une fois par an. Nous avons pris goût à poursuivre les histoires, et anecdotes de cette jeune lycéenne  qui fait son chemin vers la poursuite de cette vie rêvée qu’elle propose au lecteur.

Nous avons parcouru le texte en lisant des extraits choisis et cette lecture a apaisé et enchanté nos cœurs un peu mornes cet après-midi là du mois d’avril où planaient encore ces échos littéraires d’ un Printemps Arabe.

Ils sont tellement bien reflétés dans le roman les sentiments des adolescents que l’on retourne sans effort à nos temps de jeunesse, avec ses angoisses, l’absence d’un horizon personnel, avec le sentiment de ne pas appartenir ni au présent ni au futur, en ayant seulement le passé à lamenter et un futur à rêver.

« Et le reste… qu’il viendrait à moi, me regarderait, m’accompagnerait sur le quai du train ? Foutaises ! Qu’il laisserait traîner sa main sur la mienne, me bouffant la bouche des yeux… et crèverait de m’embrasser le coin de la lèvre avant de m’arracher le cœur, dedans la poitrine ? » (p17)

Quand elle imagine son futur à la fac, elle rêve nostalgique avec la perte de son identité :

« Il parait que là-bas, on est mille cinq cents camarades dans une seule classe. Il paraît que là-bas, les profs vont et viennent et ne savent pas comment on s’appelle. (…) Il paraît qu’il y a des milliers de Samilma, encore meilleurs élèves, et que je ne serai plus qu’un Mademoiselle S. parmi d’autres. » (p128)

Dans leur pays natal elle va savoir qui elle est “ je suis qui je suis” (p.163) . Elle y aimera cette vie calme et à la fois puissante, pleine de sens et sensations.

« Le soir venu. Le village s’éveille. Les brochettes de mouton fument et le thé à la menthe se déverse à flots. Les bébés s’endorment sur les dos des mamans qui les tiennent collés à elles dans de longs châles noirs.

Elles sont belles. Mères, enfants, femmes. Le savoir-vivre. Le sens accepté des choses écrites. (…) Identiques à elles-mêmes. Les femmes du désert, désertées par leurs maris, désertées par leurs rêves. (…) Mon âme est toujours auprès d’elles. » (p152)

Mais elle se rend compte, à partir de petits détails, qu’elle n’appartienne tout à fait déjà à cet endroit mais non plus à sa vie d’écolier. Ses rêves lui poussent ailleurs : « Ici je ne suis qu’une Française aux mains et aux pieds de verre » (p153)

« J’ai des mains de ‘Danone’ comme elles disent, des mains de bébé qui n’ont jamais travaillé… Elles ont raison. Je ne sais absolument rien faire de mes mains de Danone. Même recalée à un entretien d’embauche pour faire du ménage. La honte. On ne m’a rien appris. Je passe toutes mes putains de journées à l’école. Alors à part attendre que á se passe, rêver pour ne pas crever, que sais-je faire d’autre ? » (p148-9)

Dans ce récit se trouvent de vrais paragraphes qui invitent à réfléchir:

Les Marocains sifflent les gazelles. Les Marocaines ont troqué leur djellaba contre des blues-jeans de poupées de cire et le henné traditionnel contre la coloration blonde platine…….en cherchant à combler son << retard >> , le Maroc a oublié de vivre à son propre rythme. (Page 152)

  En définitif un bon récit à lire où on passera des moments amusants et on fera des réflexions à l’égard des considérations de Samira Aït Bensalem. Nous voudrions souligner tous tout le côté positif qui se dégage de cette lecture, nous devons dire à Samira El Ayachi, « merci » pour un livre si colorié et rythmique. Nous l’avons adoré ce monde des rêves.

« Je suis comme un papillon à la recherche de ses ailes d’amour égarées » (p131)

Et à propos de ces rêves nous nous sommes posé la question et avons disserté sur la vie rêvée, car vivons-nous la réalisation de ces rêves ? Vu avec le recul du temps nous avons dit que pour la plupart d’entre nous  nos rêves ont été atteints. Vu du présent nos camarades les plus jeunes ne se sentent pas trop concernés par ces rêves… ils rêvent encore d’une vie rêvée.

Samira disait après sa visite  initiatique à l’Opéra : « Heureusement qu’il y a l’art pour nous sauver de la vérité ». On pourrait ajouter de notre part,

« Heureusement qu’il y a la littérature, pour rêver la liberté »

Pour en savoir plus

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Une Réponse

  1. […] LA VIE RÊVÉE DE Mlle. S.  Samira El Ayachi. Ce livre n’a pas eu la chance d’avoir l’échos qu’il  aurait mérité . Mais la chronique y est, dans notre blog, impeccable, comme si nous y avions été tous. (dans ce cas je vous remercie de vos contributions) […]

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