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Douleur de paternité

Le Père Goriot et Eugène Rastignac

Le Père Goriot et Eugène Rastignac, deux âmes à se retrouver. (Image issue du téléfilm du Guy Jorré (1972) sur INA-fr)

Revenir sur Le Père Goriot, de Balzac, est toujours une émotion intense. D’abord pour la chance de découvrir l’un des chef-d’oeuvres de la littérature universelle et l’un des auteurs le plus ambitieux et le plus créatifs. Ce sont, alors, des émotions, que l’Atelier de Littérature Française a voulu retrouver en le lisant. Laissant un peu de côté  les lectures contemporaines et modernes nous avons  essayé de nous éloigner de l’actualité et de la « réalité »  d’aujourd’hui pour plonger dans le XIXème siècle et, d’une part, arriver à saisir la matière dont la réalité était faite, à cette époque-là, et découvrir quelles étaient les préoccupations, les ambitions, les problèmes de l’Humanité y décrits. Et d »autre part, nous avons  voulu analyser la figure des « classiques » en tant que phénomène culturel. Qu’est-ce qui fait d’un auteur ou d’une oeuvre, devenir « un classique »?  Cet exercice nous a permis de faire une comparaison entre l’expérience de la lecture jaillissant d’un livre actuel et celle proportionnée par un de ces hors série.

Qu’est-ce qu’un classique?

Le bal de Mme de Beauséant (Le Père Goriot, Quantin 1885) - Lynch Lynch, James Henry (mort en 1868) 1885
Le bal de Mme de Beauséant (Le Père Goriot, Quantin 1885) – Lynch Lynch, James Henry (mort en 1868)

Il y a, peut-être, quelques aspects communs à tous ceux dénommés « classiques ». D’abord, il faut un certain temps -pas du tout défini mais peut-être supérieur à un siècle- pour faire « reposer » l’oeuvre et, de cette perspective du temps passé- arriver à voir sa durabilité. Les « Classiques » sont, sans doute, des auteurs et des livres immortels, un patrimoine littéraire du pays d’origine mais aussi de l’Humanité entière qui y trouve les références pour bien comprendre les caractéristiques essentielles d’une époque, d’une société ou d’une façon de vivre. Ils font, si l’on peut dire, un témoignage à la manière d’une instantanée littéraire du moment vécu.

D’autre part, les Classiques doivent apporter à l’histoire de la littérature quelque chose d’exceptionnel, soit une rénovation du style, soit un effort créatif qui les rendent uniques dans leur genre, une borne dans le parcours littéraire de l’Humanité.

La Comédie humaine

Honoré de Balzac
Honoré de Balzac

Le Père Goriot fait partie d’un projet colossal, un ensemble de 137 ouvrages, connu comme « La Comédie Humaine »: 95 romans, essais, contes… classés dans des catégories: Scènes de la vie privée, Scènes de la vie de province, Études de mœurs, Études philosophiques, Études analytiques… menés à terme par Balzac  entre 1829 et 1850, année de sa mort, bien que les ouvrages inachevés aient étés complétés par Charles Rabou, le directeur de La Revue de Paris,  et par la veuve de Balzac, Ewelina Hanska.

Suivant les travaux en plein essor à l’époque des biologistes et naturalistes comme  Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon (1707-1788), Georges Cuvier (1769-1832)  et surtout Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844), à qui Balzac dédia « Le Père Goriot » (dans l’édition de Charles Furne, en 1841-42), Balzac analyse l’être humain comme si d’une autre espèce zoologique s’agisssait et qui suit son instinct de survie. En fait, le titre original pour « La Comédie Humaine » était celui de « Études sociales », mais à la fin, il choisira « La Comédie Humaine » par rapport à « La Divine Comédie » de Dante.

Balzac écrit dans « L’Avant-Propos » de « La Comédie Humaine »:

L’idée première de la Comédie humaine fut d’abord chez moi comme un rêve, comme un de ces projets impossibles que l’on caresse et qu’on laisse s’envoler; une chimère qui sourit, qui montre son visage de femme et qui déploie aussitôt ses ailes en remontant dans un ciel fantastique. Mais la chimère, comme beaucoup de chimères, se change en réalité, elle a ses commandements et sa tyrannie auxquels il faut céder.

Cette idée vint d’une comparaison entre l’Humanité et l’Animalité. (…)

Il n’y a qu’un animal. Le créateur ne s’est servi que d’un seul et même patron pour tous les êtres organisés. L’animal est un principe qui prend sa forme extérieure, ou, pour parler plus exactement, les différences de sa forme, dans les milieux où il est appelé à se développer. Les Espèces Zoologiques résultent de ces différences.

(…) La Société ne fait-elle pas de l’homme, suivant les milieux où son action se déploie, autant d’hommes différents qu’il y a de variétés en zoologie? (…) Il a donc existé, il existera donc de tout temps des Espèces Sociales comme il y a des Espèces Zoologiques. Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l’ensemble de la zoologie, n’y avait-il pas une oeuvre de ce genre à faire pour la Société?

« La Comédie Humaine » et ses livres représentent, alors, une histoire de la moralité humaine et c’est à partir de cette idée que l’on doit faire face à la lecture du livre

L’histoire de « Le Père Goriot »

Pour bien placer nos commentaires de ce “Père Goriot » il nous faut mettre en place aussi certains documents qui vont  aider les visiteurs de ce blog à bien suivre nos travaux de recherches. Le Père Goriot est un roman autobiographique dans beaucoup d’aspects et par conséquence il est convenable de lire l’histoire personnelle de Balzac pour bien comprendre le développement de l’histoire et la thèse centrale de l’œuvre : l’argent.

Ewelina Hanska, l'épouse de Balzac
Ewelina Hanska, l’épouse de Balzac

Mme. Hanska qui est la destinataire de ce petit billet écrit par Balzac, reçoit en 1834 ces mots de l’auteur qui deviendra son futur époux :

Le Père Goriot est une belle œuvre, mais monstrueusement triste. Il fallait pour être complet montrer un égout moral de Paris et cela fait l’effet d’une plaie dégoûtante. (A Mme. Hanska, 22 novembre 1834).

Balzac fit cadeau du manuscrit du Père Goriot à Mme. Hanska. Il y joignait une dédicace où il faisait allusion à un événement heureux de leur vie sentimentale. L’année précédente, ils étaient allés tous les deux à Genève. Les mots entre crochets ont été rayés. (le jour inoubliable).

Cette oeuvre fut publiée comme un roman-feuilleton sur “La Revue de Paris” (1829-1970) vers la fin 1834 début 1835.

Le style de Balzac

Bien qu’il y ait parmi nous des professeurs de littérature, l’intention de l’Atelier quand on s’approche d’une oeuvre littéraire n’est pas celle de faire un essai rigoureux et scientifique sur le style de l’auteur. Nous nous approchons des lectures avec le coeur et nous faisons les commentaires à propos des sentiments et des impressions que la lecture nous a procurés. C’est de cette manière que l’on peut partager la lecture avec d’autres personnes sans avoir besoin d’être un spécialiste. La connaissance des données sur le style et la biographie de Balzac nous servent à encadrer le livre et à mieux comprendre la cause des sentiments provoqués par notre  lecture.

Mais prenons quelques idées des spécialistes qui vont nous être utiles pour poursuivre cette chronique .

Honoré de Balzac emploie une méthode que Marcel Proust appelait « l’éclairage rétrospectif » à savoir : le passé d’un personnage n’est révélé que longtemps après sa présentation, ce qui donne un souffle de vie et un supplément de mystère à ses romans et nouvelles. Jacques Collin, apparu dans le Père Goriot, se précise sous le nom de l’abbé Carlos Herrera dans Splendeurs et misères des courtisanes. La vicomtesse de Beauséant dont on voit le triste échec dans la Femme abandonnée aura été une séductrice tout au long de la Comédie humaine. (…) Mais Balzac s’écarte parfois de la cohérence chronologique de ses personnages.

C’est le principe du « suspense » que l’on apprécie tout le long du roman. On ne sait presque rien de ce Père Goriot qui fait le noyau de l’argument du livre, jusqu’à la fin du récit où on arrive à deviner un peu son parcours vital, ses circonstances et pourquoi il est arrivé à cet état de malheur psychologique et physique.

Et quoi dire de Madame Vauquer, une vraie inconnue qui règne sur son royaume d’assiettes, des déjeuners et de bruits de pensionnaires, citoyens forcés à vivre ensemble partageant le même froid et la même faim.

Qu’avait été monsieur Vauquer? Elle ne s’expliquait jamais sur le défunt. Comment avait-il perdu sa fortune? Dans les malheurs, répondait-elle. (Le Père Goriot)

Madame Vauquer
Madame Vauquer, Illustration de  « Le Pere Goriot » d’Honore de Balzac faite par Albert D’Arnoux (Bertall)

On pourrait dire le même de Vautrin, un ancien forçat caché dans la « normalité » de la pension qui offrira un des moments les plus intenses à la démarche des évènements.

En 1793, la Convention nationale réforma complètement la législation criminelle en ce qui concernait les exécuteurs. Par un décret du 13 juin 1793, elle décida qu’il y en aurait un dans chaque département de la République, et mit son traitement à la charge de l’État. Après la Terreur, la Convention supprima la peine capitale à dater du jour de la publication de la paix générale (loi du 4 brumaire an IV). Aux exécutions capitales se substituèrent les expositions publiques et les marques au fer rouge. Tout forçat recevait, avant de partir pour le bagne, les lettres infamantes sur l’épaule: TF, pour les voleurs ou les faussaires condamnés à temps et TFP pour les agresseurs ou les assassins condamnés à perpétuité, chacune des inscriptions étant précédée du numéro départemental. La Seine ayant l’indicatif 87, un Parisien condamné à temps portait toute sa vie la marque indélébile: 87 TF. Le Consulat prorogea temporairement ces mesures par sa loi du 4 nivôse an X. (Dictionnaire historique et anecdotique des bourreaux)

Voici l’interprétation du moment où Vautrin est découvert sur le téléfilm de 1972 et qui nous fait découvrir un criminel caché derrière un personnage cynique mais drôle, qui arrive à être l’un des plus aimables du livre.


Balzac utilise aussi le principe du narrateur, comme si l’auteur du roman reproduisait le récit que lui aurait fait quelqu’un d’autre. Cela permet une mise en perspective de plusieurs lieux à la fois élargissant ainsi le panorama avec des histoires dans l’histoire (récits enchâssés). Balzac part de l’environnement immédiat du narrateur (salon, auberge, campagne), et il déroule le fil de son récit avec des retours et des questions posés au narrateur par les personnages qui l’entourent, introduisant suspense ou remarques philosophiques.

Une ressource littéraire qui nous met face à une oeuvre que quelqu’un d’entre nous a décrit comme « froide »: l’importance de l’argent comme fil conducteur de la morale de cette société et de ces personnages, la présence du narrateur qui nous éloigne un peu de l’action, la médiocrité de tous, même du Père Goriot qui n’hésite pas à vouloir acheter à tout prixl’amour de ses filles…

Balzac est également scénographe, costumier, régisseur : « Balzac, par sa gestion si particulière de l’espace et du temps, a inventé l’écriture cinématographique. » (Anne Marie Baron) Les minutieuses descriptions de l’ameublement d’une maison, des costumes des personnages jusque dans les moindres détails (Balzac emploie les termes les plus précis que ce soit pour la passementerie, les étoffes, l’architecture d’intérieur ou d’extérieur) sont celles d’un scénographe, voire d’un cinéaste. L’auteur de la Comédie humaine plante ses décors avec un soin presque maniaque ce qui explique l’engouement des metteurs en scène pour ses textes, souvent adaptés à l’écran (télévision et cinéma) (voir Films basés sur l’œuvre d’Honoré de Balzac).

Un réalisme extrême, minutieux, de la part de Balzac qui prend tout son temps à décrire les tâches, l’ambiance, les odeurs « de pension »… jusqu’au moindre détail parfois employés pour faire ralentir un peu le rythme du récit.

C’est vrai que l’on assiste à une oeuvre qui a la structure d’une pièce théâtrale plus que celle d’un roman: les quatre chapitres-scénarios, la claustrophobie par un manque d’action en plein air, car tout se passe à l’intérieur, caché aux regards pas désirés et critiques, le manque de lumière, le froid que l’on sent tout le long de la lecture quand on arpente avec l’imagination ces chambres de la pension.

C’était un roman paru en feuilleton qui, comme de nos jours avec les « culebrones » ou les séries à la télé, jouissaient de la popularité de l’époque faisant de Balzac un écrivain très suivi et aimé de ses contemporains.

C’est peut-être cette façon de livrer l’argument ce qui explique la lourdeur que le texte montre parfois. Balzac, aurait-il dû reprendre petit  à petit, à chaque livraison les événements passés pour permettre mieux de suivre l’action? Quoi que ce soit il y a de moments où l’on peut sentir la répétition des arguments, des émotions.

Un autre aspect à souligner c’est la facette de Balzac comme innovateur des mots qui les invente à partir d’autres comme par exemple “vermicellier” donnant ainsi à la langue française une flexibilité imprévue.

Voici la signification de ce mot sur le dictionnaire  « Le trésor de la langue française« 

VERMICE(L)LIER, (VERMICELIER, VERMICELLIER)subst. masc.
A. Fabricant de vermicelles et, plus gén., de pâtes alimentaires. Goriot resta vermicellier. Ses filles et gendres se choquèrent bientôt de lui voir continuer ce commerce, quoique ce fût toute sa vie (BALZAC, Goriot, 1835, p. 104).
B. Personne travaillant dans une vermicellerie. En appos. Jean-Joachim Goriot était, avant la Révolution, un simple ouvrier vermicellier, habile, économe, et assez entreprenant pour avoir acheté le fonds de son maître (BALZAC, Goriot, 1835, p. 101).
Prononc. et Orth.: [] ou [-], [-] Ac. 1835: vermicellier; id. ds LITTRÉ: ,,ver-mi-chè-lié; plusieurs disent vèr-mi-sè-lié« . V. vermicelle. Ac. 1935: vermicelier; mais Lar. Lang. fr.: vermicelier ou vermicellier et ROB. 1985: vermicellier, ,,on écrit parfois vermice-lier« . Étymol. et Hist. a) 1767 « fabricant de vermicelles » (P. J. MALOUIN, Description et détails des arts du meunier, du vermicellier et du boulanger [titre], in Nouv. man. de bibliographie, 624 ds QUEM. DDL t. 12); b) 1835 « (ouvrier) dans une vermicellerie » (BALZAC, loc. cit.). Dér. de vermicelle*; suff. -ier*. Fréq. abs. littér.: 21.

Parlons des sentiments

Le livre « Le Père Goriot » nous amène à une époque inconcevable pour nous, en ce moment, mais dont nos sociétés modernes sont, sans doute, héritières.

C’est la petite histoire d’un coin de Paris, des personnages qui luttent pour s’en sortir, pour gagner leur pain, jour après jour.

Les rues de Paris à l'´époque

Les rues de Paris à l'´époque

Ici on peut trouver la Maison Vauquer, « pension bourgeoise des deux sexes et autres » à laquelle on peut accéder  « par une porte bâtarde » où les personnages sont classés à partir de leurs possibilités économiques:

Le premier étage contenait les deux meilleurs appartements de la maison. (…) Les deux autres chambres étaient destinées aux oiseaux de passage, à ces infortunés étudiants qui, comme le père Goriot et mademosielle Michonneau, ne pouvaient mettre que quarante-cinq francs para mois à leur nourriture et à leur logement… (Le Père Goriot)

La rue où se trouvait, dans le livre, la pension Vauquer

L'imparfaite remplacement des affiches laissent ouverte la porte à un autre Paris, le Paris de la Maison Vauquer, le Paris de Balzac.

C’est un récit qui tourne autour des sujets  de la morale : l’apparence, la cruauté des relations sociales, la complexité envers la sincérité, l’amitié, la vengeance, l’angoisse de la pauvreté … le théâtre du monde.

Les personnages comptent plus par ce qu’ils « ont » que par ce qu’ils « sont ».

Prenons par exemple, le complot tissé par Vautrin pour enrichir Eugène de Rastignac et s’enrichir lui même en donnant la mort au frère d’une pensionnaire (jeune fille seule) pour qu’Eugène puisse après l’épouser et hériter de sa fortune.

Tout est là, un manque d’humanité, une froideur qui ne laisse aucune valeur à la vie, où tout est à vendre, où tout est possible s’il s’agît de l’argent. La solitude de chacun face à face à ses principes et à sa moralité.

Il y en a néanmoins, des moments sublimes dans l’oeuvre, pleins d’une émotion qui touche vraiment le coeur des lecteurs. Par exemple, la mort de Goriot, où il questionne la valeur de la paternité, la déraison  et l’évolution de sa vie, le tout résumé en « un médaillon plein de cheveux qui le rendraient en apparence coupable de quelques bonnes fortunes »:

Eugène alla prendre une chaîne tressée avec des cheveux blond cendré, sans doute ceux de madame Goriot. Il lut d’un côté du médaillon: Anastasie, et de l’autre: Delphine. Image de son coeur qui reposait toujours sur son coeur. Les boucles contenues étaient d’une telle finesse qu’elles devaient avoir été prises pendant la première enfance des deux filles. Lorsque le médaillon toucha sa poitrine, le vieillard fit un ban prolongé qui annonçait une satisfaction effrayante à voir. C’était un des derniers retentissements de sa sensibilité, qui semblait se retirer au centre inconnu d’où partent et où s’adressent nos sympathies. Son visage convulsé prit une expression de joie maladive. Les deux étudiants, frappés de ce terrible éclat d’une force de sentiment qui survivait à la pensée, laissèrent tomber chacun des larmes chaudes sur le moribond qui jeta un cri de plaisir aigu. (Le Père Goriot)

Et par dessus tout, la morale du livre, comment sauver l’honneur. Il lui reste au lecteur de tirer sa conclusion par rapport au chemin que le protagoniste, Eugène de Rastignac, va prendre à partir de la mort du Père Goriot.

La fin

Mais revenant à l’idée d’un Balzac cinématographique,  ne trouveriez-vous pas une espèce de ressemblance entre la fin de la première partie du film « Autant en emporte le vent » et la fin du livre, avec Rastignac regardant, tout seul, « Paris, tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières »?

Deux siècles passés, un même esprit, une vision cinématographique de la réalité

Deux siècles passés, un même esprit, une vision cinématographique de la réalité

« À nous deux », dira Rastignac, avant d’aller dîner chez madame de Nucingen « pour premier acte du défi qu’il portait à la Société »

« Dussé-je mentir, voler, tricher ou tuer, je jure devant Dieu que je ne connaîttrai plus jamais la faim », voici les mots dits par Scarlett  O’Hara, l’héroïne du film.

Un même esprit, toute une vie devant soi, une vie à recommencer, laissant les morts et les souffrances derrière et en arrière.

On va commenter pour la prochaine chronique d’autres aspects très bien décrits dans le livre (la mode, la médecine…), une vraie encyclopédie des moeurs et de la morale d’un temps balayé par le vent de l’oubli.

Pour le moment, quelques extraits du livre choisis par les membres de l’Atelier

Pour en savoir plus

2 Réponses

  1. […] LE PÈRE GORIOT. Balzac et son plus grand personnage Jean-Joachim Goriot […]

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