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Un écrivain en déroute

Jorge Semprún

Jorge Semprun

44904. C’est le numéro que Jorge Semprún portait marqué dans son corps après avoir passé par le camp de Buchenwald. Il est difficile de tourner la page quand la mémoire est chaque jour frappée par un souvenir pareil.

Jean Daniel, le fondateur du « Nouvel Observateur » définit Semprún comme

« un romancier qui a fait de la déportation son univers et de ses héros des personnages qui lui ressemblent tous comme des frères et qui sont tous ou des révolutionnaires ou des déportés. »

Et c’est comme ça que l’on doit lire Semprún, comme un témoignage vivant, personnel, éternel, au-delà même de la simple existence. On a souvent reconnu l’immortalité littéraire des écrivains. Lire Semprún va nous rappeler pour toujours  l’injustice de la guerre, la folie des êtres humains lors de l’exercice sans contrôle du pouvoir, la tentation de dominer les autres… et aussi la solitude des penseurs, la grande difficulté d’être prophète chez soi, l’invisibilité portée par l’oubli.

L’Atelier fait son particulière reconnaissance à cet écrivain peu connu du grand public espagnol et même des élites intellectuelles et a réalisé ces jours-ci la lecture commentée de son livre Adieu, vive clarté. Ce n’est pas une question de profiter de l’actualité après le décès de Semprún, c’était plutôt la coïncidence qui a voulu que nous soyons en train de lire l’un des ses œuvres les plus représentatives.

Lors de l’émotif hommage qu’on lui a rendu à Biriatou, le peintre Eduardo Arroyo, un autre exilé du « franquisme », lui a dédié une pierre, au pied de laquelle on peut lire: « J’aurais désiré que mon corps fût enterré à Biriatou » .

EStela de Eduardo Arroyo

Pierre Tombale de Semprún, designée par Eduardo Arroyo

Hommage à Semprun
L’acteur français Michel Piccoli pris la parole pendant l’hommage à Jorge Semprún, dans le cimetière de Biriatou (France).
Pendant la cérémonie, une chanson a rempli le silence, une des plus chères de Semprún, pour rappeler sa mémoire: « Les feuilles mortes » poème de Prévert chanté par Yves Montand.

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans », c’est un des chapitres d’Adieu, vive clarté. Parcourons avec Semprún -ce « rouge espagnol à tout jamais » selon sa propre définition, un petit morceau de l’histoire de l’Espagne, cette histoire intime racontée de la voix changeante d’un adolescent tombé dans l’exil,  privé des points de répères, essayant de trouver sa place dans un monde qui refuse de lui admettre mais que grâce à son courage, va ouvrir ses portes à un Espagnol qui deviendra une figure indispensable dans le panorama culturel, littéraire et politique d’un XXème  siècle maudit par la mémoire.

Adieu, vive clarté

On a commencé la séance par un petit portrait de l’auteur à partir des renseignements biographiques qui ont paru lors de sa mort.  À notre avis, un être profondément timide a émergé, mais aussi un homme très cultivé, un réfugié  permanent, séparé par la force d’une Espagne incompréhensible de ses yeux critiques et rationalistes. Trop intellectuel, parfois, tel que témoigne le langage soutenu, presque baroque, qu’il utilise dans son livre.

C’est curieux mais, dans un entretien à la télévision française, Semprún reconnait avoir adopté le français comme langue de communication écrite -il aimait beaucoup plus l’allemand comme langue parlée- car l’espagnol était « très recherché ». Nous, Espagnols et Français, partageons une langue qui s’oppose à l’Anglais, par exemple, par la complexité de ses structures grammaticales, par l’absence d’un mot pour chaque occasion qui est compensé avec des périphrases, des tournures dansant, autour de l’idée poursuite. Mais, n’y a-t-il pas aussi de la beauté quand cette fuite des mots se rend devant l’habilité de la main de l’écrivain ?

La littérature, Paris et ses convictions politiques sont les trois piliers presque obsédantes qui soutiennent ce bourgeois devenu rouge par conviction, pas par naissance, car il est né chez une famille de l’aristocratie. Ce paradoxe, cette contradiction inhérent à lui, sera son compagnon de voyage tout le long de sa vie.

Ce livre autobiographique est un exercice pour sauver de la marée du temps la nostalgie d’une adolescence imparfaite -comme toutes les adolescences-, ignorante encore des preuves qu’il devra subir dans les camps de concentration.  Un récit qui ne pourra pas se débarrasser d’une certaine amertume, celle des exilés, d’un malaise permanent, fruit d’être écrit par la main blessée des expériences.

C’est aussi de la nostalgie que l’on ressent autour de ce livre, de la mélancolie partout… Celle d’un Paris qui n’existe plus, de l’espoir dans un futur qui sera écrasé par le présent.

C’est probablement à cette époque, durant ces premières semaines d’exil -à la Haye, nous étions encore en transit, pas encore exilés- dans la tristesse du déracinement, la perte de tous les repères habituels (langue, moeurs, vie familiale) qu’est née ou qu’a cristallisé la fatigue de vivre qui m’habite depuis lors, comme une gangrène lumineuse, une présence aiguë de néant. 

Quelles autres possibilités resteraient-elles à un jeune homme privé de la compagnie d’autres adolescents comme lui? Le jeune Semprún sera toujours accompagné des adultes, étourdi par les poids des figures familiales distantes: son grand-père, son père…

Quelles inquiétudes, quelles questions formuler à un père distant -ou plutôt: ne sachant pas établir la distancie adéquate, qui doit être un mélange tendrement savant de disponibilité et d’autorité- intimidé para sa solitude, son inadaptation à la réalité,  confronté à une tribu de sept garçons et filles ayant des besoins affectifs et intellectuels fort différents, vu leur âge varié? (Adieu, vive clarté)

Une famille inexistante, le manque d’affection de sa mère, la présence jamais accepté de sa marâtre « la suissesse », élevé dans un internat, une immense famille de sept personnes avec laquelle il n’arrivera jamais à pouvoir partager des moments tendres, ses frères et sœurs étant dispersés à cause d’un exode provoqué par la guerre civile espagnole… tout cela fera de cet adolescent un chercheur de son identité, un réfugié encore plus profond, ne pouvant pas seulement se contenter de chercher ses racines mais d’avoir besoin d’en inventer d’autres, victime de « l’extrême fatigue de vivre qui m’a saisi à l’adolescence, dans la radicale étrangeté où j’avais été projeté ».

Le lycée Henri IV

Le lycée Henri IV, l’un des plus anciens lycées de France, près du Panthéon, en face de l’église Saint-Étienne du Mont. Son cloître date de 1744.

Or, il va remplir sa vie des lectures, des idées qui apporteront un peu de lumière à cette enfance sans tendresse. Il dit toujours qu’il « s’appropriera »  de la langue française, cherchant une identité personnelle volée par ce manque de repères.

Faisant parti involontaire involontaire de « l’armée espagnole en déroute », un vers du poème « Après la Bataille », de Victor Hugo qui l’a profondément marqué car il refléte parfaitement bien ses sentiments à l’époque.

Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait: ” A boire! à boire par pitié ! “
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: “Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. “
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: “Caramba! “
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
” Donne-lui tout de même à boire “, dit mon père.

La lecture du livre Adieu, vive clarté nous a permis de comprendre un peu mieux le compromis de ce combattant pour la liberté et nous parle d’une intégrité profondément  engravée dans son adolescence.

Mais,  Semprún était-il vraiment un politicien engagé? La dite « Transition » espagnole a supposée une bienvenue à la démocratie, un moment contradictoire, de cohabitation des structures du franquisme avec la rénovation sociale et culturelle d’une société paralysée pendant quarante ans, obligée à rester muette, sourde, isolée. Les dernières moments de cette transition, douloureusement représentés par des personnes sorties de l’ombre des gouvernements socialistes, ont laissé la place à ce que l’on a nommé la « culture du ‘pelotazo' », de l’enrichissement rapide, profitant de l’administration du pouvoir pour une élite où la corruption s’est malheureusement enracinée. Semprún a vécu cette époque et c’est sûr qu’il l’a condamnée. Il n’a exercé que deux ans comme Ministre de Culture du gouvernement espagnol. Et c’est cela qui lui sauvé de devenir complice d’une politique manipulatrice et amnésique des idées.

Il était impossible de rester impassible devant une situation comme celle-là pour un homme qui a écrit -aussi à Adieu, vive clarté:

La vie est transcendée par des valeurs qui la dépassent: elle n’est pas la valeur suprême.(…) Le monde réel serait sans cesse retombé dans l’esclavage, l’aliénation sociale ou le conformisme béat, si les hommes avaient toujours considéré la vie comme une valeur suprême. (…) La vie en soi, pour elle-même, n’est pas sacrée (…) La vie n’est pas sacrée que de façon dérivée, vicariale: lorsqu’elle garantit la liberté, l’autonomie, la dignité de l’être humain, qui sont des valeurs supérieurs à celle de la vie même, en soi et pour soi, toute nue. Des valeurs qui la transcendent.

Les idées, alors, sont plus aimables, plus accueillantes que les personnes. Semprún est un révolutionnaire mais en même temps, l’expérience lui avait situé loin des personnes, lui avait donné une patine de froideur, de distance qui n’a pas permis de bien le connaître de son vivant.

Le manifestant

Le manifestant, personnage de l’année pour la revue Time. Hommage ou banalisation de la protestation?

Il est bien paradoxale d’être arrivé  à la fin de cette année 2011 qui a vécu la grande révolution partout: le Printemps Arabe, le Mouvement 15 Mai en Espagne… Des évènements qui ont justifié que le magazine Time ait dédié le titre de « Personne de l’année » au « Manifestant ».

Semprún était un homme admirable, une figure politique qui nous laisse orphelins de ses témoignages pour bien interpréter l’histoire récente, dont la présence aurait été nécessaire pour allumer des idées et de mémoire le panorama politique espagnole et européen actuel.

Les autobiographies ont d’intérêt littéraire si la figure représentée le mérite.  Dans le cas d’Adieu, vive clarté, l’autobiographie est un récit sincère qui nous approche d’un engagé individualiste, d’un idéaliste extrême.

Il nous a ouvert la porte de son passé, on dirait qu’il a fait saigner les blessures à peine cicatrisées, pour nous faire penser à ce passé imparfait, pas tout à fait réglé pour les Espagnols.

Un parcours plein de références littéraires: Charles Baudelaire, Rubén Darío, Antonio Machado, André Malraux, André Gide… qui ajoutent une autre valeur à cette oeuvre, le récit d’une histoire littéraire personnelle, celle qui fait partie de chacun de nous, celle qui fait nous exprimer, qui nous construit, qui nous aide à devenir ce que nous sommes.

Voici quelques extraits, quelques références parues au fil de l’histoire:

  • « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans » de Charles Baudelaire
  • « Le beau navire », de Baudelaire
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.Ta gorge qui s’avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs ;Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les cœurs !Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.Tes nobles jambes, sous les volants qu’elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l’imprimer dans ton cœur, ton amant.Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étrange grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

« Melancolía », Rubén Darío

Voici les impressions, en peu des mots, des membres de l’Atelier après la lecture de ce livre surprenant, plus nous l’avons lu, plus nous l’avons aimé

Avant, comme Semprún a fait dans les dernières lignes de son récit, de « plonger dans les froides ténèbres » et de dire adieu à la « vive clarté de nos étés trop courts », nous voudrions laisser ici comme résumé de cette expérience lectrice la grande et frémissante beauté de ces vers attribués au père de Semprún qui on été lus au moment de l’ hommage  rendu  à Biriatou:

    « Se acabarán las tardes, pero la tarde queda
la clara y perenne que hay en mi fantasia
y que, cuando ya todas transpongan la vereda,
ha de hallar, -no sé dónde ni cómo-
el alma mía »
Pour continuer un peu plus en compagnie de Semprún…

3 Réponses

  1. bonsoir à tous,

    je viens de lire votre article consacré à Jorge Semprun et tiens à vous informer que je coordonne en Seine-et-Marne, département où repose Jorge Semprun, un projet qui doit aboutir fin janvier 2012 à la création d’une « Association des Amis de Jorge Semprun » qui naturellement dépassera le cadre local pour avoir une dimension nationale et européenne. Nous avons reçu l’accord de Madame Dominique Landman, fille de Jorge Semprun, pour ce projet et serai ravi que votre Atelier puisse participer à ce projet tant en tant que tel qu’au niveau de ses animateurs. restant à votre disposition et vous souhaitant un bon réveillon de fin d’année.

    • Au nom de l’ATELIER, je vous remercie énormément de votre commentaire. Notre atelier se sent très honoré de votre appel à notre participation à ce projet pour perserverer dans la mémoire de Jorge Semprún, d’autant plus que c’est notre auteur espagnol le plus intellectuel et que nous, étudiants espagnols, l’avons lu en français ,la langue qu’il aimait tant et qu’il avait adoptée. Nous serons ravis de pouvoir contribuer dans cette Association des Amis de Jorge Semprún, car dans notre pays nous craignons qu’il soit un « peu oublié » et nous voudrions bien qu’il continue à exister tel qu’il était et surtout nous voudrions ,avec les mots écrits pour le blog ,vous dire que nous nous sentons tous représentés avec nos idées et nos sentiments…

      À bientôt pour une possible collaboration…

      L’Atelier de littérature de l’Ecole de Langues d’Aranjuez (Espagne)

  2. […]  ADIEU, VIVE CLARTÉ . JORGE SEMPRÚN . Un de nos plus grands intellectuels mort en Juin 2011 (Dernière nouvelle, il vient de recevoir un hommage au Salon International du Livre de Tanger célébré du 2 au 5 mai 2012) […]

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