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À l’abri des livres

100 articles, 100 projets

100 articles, 100 projets

Il est bon de temps à autre de regarder en arrière et de faire un peu d’ histoire.

Nous sommes arrivés à notre article numéro 100 pour le blog de l’atelier, une éphéméride que nous voudrions bien célébrer avec vous, lecteurs , et vous faire part de cette histoire intime d’une expérience nourrie d’amour pour la littérature, et de la surprise de tourner la première page d’un livre et d’y déchiffrer le mystère de sa première ligne.

Cette histoire est née d’une illusion. Elle nous a offert six ans de lectures, de moments intenses d’émotion. C’est un passé surgi du présent car nous ne pourrons plus porter notre regard en arrière sans être conscients d’avoir une histoire au passé.

Si vous voulez bien, nous vous invitons à nous accompagner dans ce voyage de mémoire de la petite histoire de l’Atelier de Littérature.

Le premier jour de travail de l’atelier reste un peu flou dans la mémoire de nous tous . Un petit groupe d’étudiants, leur diplôme de « certificado de aptitud » en poche, expriment leur souhait de continuer à être en contact avec la langue de Molière. L’idée avait été déjà lancée dans les débats que l’on tenait en français dans les cours, car une préoccupation s’annonçait à l’horizon: que faire pour continuer à apprendre, à parler, à lire, à partager et à échanger dans une langue étrangère si longtemps aimée et apprise ? Un professeur de français de l’école accueille cette idée avec expectation et voilà qu’un jour du mois de février de l’année 2005 on s’est mis à marcher. Tout était à inventer..

Les débuts ont été timides, c’est à peine si nous avions tous une adresse électronique pour nous mettre en contact, car, il faut le dire, nos réunions allaient être mensuelles, en dehors des horaires des cours, une ou deux fois par mois, un jour, le vendredi.

Nous ne savions pas trop bien comment nous y prendre , nous n’avions aucune référence à imiter. Cette initiative, allait-elle avoir du succès ?

Nous étions un tout petit groupe composé par tous ceux qui allaient devenir et sont devenus les vétérans de l’atelier. Les envies de travailler et de commencer étaient grandes. Une séance suivait l’autre et on se sentait de plus en plus à l’aise. Après chaque lecture des livres proposés, les sentiments sortaient spontanés , nos lectures partagées affleuraient à chaque fois que l’ on découvrait des aspects cachés entre les lignes et on songeait à trouver le sens caché et les motivations qui avaient amené tous ces écrivains à enchaîner des pages, que l’on dirait écrites seulement pour nous. Tout cela a été fait dans l’intimité de ces vendredis, sous la lumière d’une salle de classe de l’Ecole où se sont passées nos réunions.

Marchant à coups de coeur

Marchant à coups de coeur

Le groupe suivait son chemin, notre ambition n’était pas à long terme mais elle n’avait pas de date limite. On cheminait à «coups de coeur», aussi bien pour lire que pour parler . On dirait des enfants qui commencent à faire leurs premiers pas: ils tombent tout le temps et se relèvent à nouveau. Notre seul et grand objectif, fixé à l’horizon était celui de la lecture.

Il restera dans nos souvenirs nos saluts, nos embrassades, au début de chaque séance. Chaque rencontre avec nos copains du groupe était toujours timide, semblait imprévue, pleine de surprises. Nous garderons toujours cette image de l’entrée de chacun dans la classe , cette vieille salle à plusieurs reprises aménagée. Nous venions décidés à y entrer à y goûter ce que l’on y offrait. Des moments heureux, intensifs, travaillés, médités, tristes aussi, ont défilé devant nous. Ces visages ont montré toujours un enthousiasme soutenu, dû, peut-être, à cette perception et à cette approche particulière des auteurs lus, des lectures réalisées.

L’évolution de notre ouverture d’esprit, de nos débats intensifs, de nos opinions très diverses, de nos points de vue littéraires personnels et enrichissants ne pourraient pas être comprise sans tenir compte du procès de maturation de l’atelier . Il serait important de faire une petite révision des articles dès leur début. Nous avons gagné en audace, nous avons perdu la timidité initiale et nous avons abordé des tâches plus exigeantes, des objectifs plus ambitieux . Les premiers articles de l’atelier, à peine des esquisses qui n’arrivaient pas à égratigner la surface des livres et à tout simplement s’approcher des débats , bien que profonds, avaient eu leur place dans nos séances.

Nous avons commencé à travailler en équipe. Après un brouillon, maintes fois révisé, nous sommes arrivés à écrire une version plus ou moins aboutie, celle qui est restée comme la trace de cette histoire qui nous a occupés pendant d’innombrables après-midi de lecture.

Et si nous sommes en train de raconter ici cette «petite histoire de l’atelier» c’est grâce à un membre du groupe. Lorsqu’un de ces après-midi, assis à sa place, celle qu’il prend d’habitude, fidèle à sa place choisie, , dans cette vieille salle de classe, un sentiment de regret lui est venu à l’esprit et il s’est dit que ce serait bien dommage de perdre tous ces moments, tous ces commentaires des après-midi scolaires, si bellement passés ensemble.

«Y aurait-il une façon de fixer dans la mémoire ces échos littéraires ?» se demandait-il. Une brillante idée lui est venue et c’est de cette idée qu’a a émané l’idée du blog, notre blog de l’atelier, désormais notre signe d’identité. Internet, notre grand compagnon, malgré les difficultés, car nous n’avions pas tous les mêmes connaissances en matière de «nouvelles technologies». On venait de commencer à danser notre première valse informatique, d’apprendre les premiers pas, ceux qui gardent toujours la promesse de faire de nous de grands danseurs

L'Atelier, une amitié à l'ombre des livres

L'Atelier, une amitié à l'ombre des livres

Et petit à petit, et vendredi après vendredi nous sommes devenus un atelier de lecture littéraire. Nous nous permettons ici de faire un exercice d’analyse car il faut aussi de temps à autre revenir sur ses pas et prendre conscience de cette histoire que nous sommes en train « d’écrire » et de «vivre».

Nous avons évolué et avons bien approfondi dans notre capacité de saisir l’esprit des livres, de nous approcher de leurs histoires. Il y a de grandes lectures qui nous ont aidés dans notre chemin et qui ont semblé marquer un point d’inflexion dans notre trajectoire et dans le style du blog. Elles nous ont aidé aussi à faire des articles plus longs, plus réfléchis, avec beaucoup plus de points de repères . Nous ne pouvons pas les mentionner toutes, mais citons en par exemple quelques-unes qui nous ont vraiment touchés : le mélange de nostalgie et de douce douleur scolaire dans «Chagrin d’école» de Daniel Pennac. La magnifique leçon d’histoire et de vie de «Léon l’Africain» d’Amin Maalouf. Les très personnelles et sages «Lettres à moi-même» d’Edmond Amran El Maleh. Le provocateur regard sexuel de «Morceaux de choix» de Mohamed Nedali.

L’arôme d’autres cultures et des temps passés de Fatima Mernissi dans ses «Rêves des femmes». L’innocence enfantine d’«Une année chez les Français» de Fouad Laroui… et tant d’autres qui font déjà partie de nos vécus, devenues fenêtres privilégiées d’où nous contemplons le monde d’une autre manière.

Et citons aussi d’autres événements liés à nos lectures : deux conférences prononcées par un spécialiste en littérature francophone, une visite d’une prof de français d’une autre école pour parler de Mai 68

En parlant de l’actualité de cette histoire « au passé », depuis deux ans l’Atelier a tourné son intérêt vers une autre littérature un peu méconnue, celle de nos proches –dans le sens le plus profond du terme- vers ces écrivains maghrébins d’expression française. Pour ce faire nous avons compté sur la présence et le savoir-faire d’un grand critique littéraire marocain qui est devenu un cher ami de l’Atelier. C’est à partir de ses connaissances et de ce grand connaisseur que nous avons établi un pont -faiblement invisible- mais sensible, entre nos deux cultures, longuement séparées l’une de l’autre : l’occidentale et l’orientale.

Appelez-moi Sam

Un chant à la tolérance et à l'amour

Et cette littérature nous a rapprochés les uns des autres, elle nous a permis d’entrer dans les petits coins de la maison de Sam, le protagoniste de la petite nouvelle : «Appelez-moi Sam» de l’écrivain résidant en Belgique, Issa Aït Belize ; elle nous a aussi permis de parcourir les ruelles de Fez, de sentir l’odeur de la décharge du bidonville de Sidi Moumen, de croiser Bab Ezzar par la Porte de la Chance de la main de El Mostafa Bouignane, d’étudier dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, d’être assis à côté de Mehdi dans une salle de classe d’Une année chez les Français, de comprendre la petite vie familiale des harems de Fatima Mernissi.

Cette aventure d’amitié littéraire est devenue aussi un autre signe de notre identité. Nous sommes très heureux d’avoir pu découvrir une littérature si riche, si pleine de sentiments et de qualité et d’avoir apporté une petite contribution à la traversée du «Détroit » et d’avoir pu de chez nous lui réclamer une place qui, sans doute, lui appartient, entre les grandes œuvres littéraires européennes. Et c’est pour cette raison et comme symbole et respect envers elle , que nous avons choisi d’écrire en sous-titre le nom de l’atelier en langue arabe, dans un souhait de laisser une grande porte ouverte à tous ceux qui voudront bien nous lire de l’autre rive de la Méditerranée.

L'Atelier de littérature, un pont pour unir les cultures

L'Atelier de littérature, un pont pour unir les cultures

Et pour finir cette « petite histoire », nous voudrions dire que cinq ans plus tard, en faisant mémoire vers ces débuts timides, un sourire arrive dans nos visages: ce petit blog a grandi, il est devenu notre outil d’expression, notre lieu pour partager nos émotions de lectures avec d’autres lecteurs de loin et de près, et dont le seul but d’union à été une lecture, un livre, un auteur.

Dire aussi que malgré le temps passé le blog a renforcé les séances de cet atelier qui n’ont pas du tout perdu leur fraîcheur et qu’à la manière de l’autre face d’une même monnaie, il fait tourner toujours et sans arrêt des esprits autour d’un livre, toujours imprévu, toujours attendu.

L'hommage à Rosa, la patriarche du groupe

Nous avons fait récemment un émotif hommage à Rosa, la patriarche du groupe

La quatrième de couverture est arrivée. Il faudra bien clore cet article et l’afficher sur le blog. Nous ressentons un double sentiment, celui de la joie d’être arrivé à accomplir le numéro cent de nos articles et celui de l’inquiétude qui nous amènera à franchir la porte invisible du numéro cent et un, tout un nouveau chemin à découvrir et à inventer…

En tant que professeur privilégié de ce groupe de lecteurs je voudrais pour toujours dire ma reconnaissance à leur intelligence, à leur persévérance, à leur gentillesse, à leur travail dévoué, sage et infiniment altruiste.

En tant qu’étudiants nous voudrions remercier pour toujours notre professeur de l’Atelier de nous avoir transmis ses illusions, son amour pour la littérature d’expression française, pour avoir fait d’ une classe un foyer

En tant que groupe nous continuerons à nous rencontrer avec la même timidité déjà mentionnée , faisant semblant d’arriver à nos séances comme par hasard, à l’imprévu, regrettant toujours de ne pas avoir eu le temps suffisant pour nous délecter un peu plus dans nos lectures partagées entre discussions et gâteaux.

Toujours prêts à apprendre, toujours prêts à répondre à cette question, véritable coup d’envoi de nos premières éternelles émotions : « Quels sentiments avez-vous ressenti après cette lecture ?

Les membres de l'Atelier

Le groupe de l’atelier

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6 Réponses

  1. je voudrai juste apporter une petite contribution en apportant une petite rectification quant au titre de vitre blog en arabe on dit الادب الفرنسي
    votre travail est magnifique, je suis lectrice de la littérature maghrébine d’expression française et je vous invite à lire la nouvelle de RAISSI rachid intitulée enfantement à vif cette nouvelle à été éditée à Algérie littérature/ Action et elle est publiée sur le Blog du Dr Raissi, enseignant et chercheur en critique littéraire, le Dr RAISSI Rachid est l’auteur de plusieurs articles qui sont publiés sur son blog à l’adresse suivante raissirachid.over-blog.com, nous voudrions en tant qu’étudiants rendre hommage à cet enseignant qui a beaucoup apporté à l’univerité algérienne.

    • Merci beaucoup de votre contribution. C’est un honneur de compter sur votre participation et nous vous remercions de nous avoir fait connaître la nouvelle du Dr, Raissi Rachid. Nous essaierons de la lire et si vous voulez nous pouvons en parler plus avant. Pouvez-vous nous apporter le lien direct pour cette nouvelle?
      Veuillez bien participer une autre fois et nous apporter des nouveautés littéraires algériennes et maghrébines. Nous serons très heureux de les incorporer à nos lectures.
      À bientôt

  2. je vous envoie la nouvelle elle est sur le net vous pouvez la mettre à la disposition des lecteurs
    Enfantement à Vif
    Par: Dr.Rachid Raissi

    J’étais accoudé au balcon juste devant ma mère assise et pleine de choses cachées qu’elle remuait sans s’arrêter un instant. Elle ne voyait plus rien autour comme aveuglée par ses ruminations et ses désirs de renaître peut – être là dans ses pensées ardente et transparentes. Elle était quelque part cet ailleurs ou’ parfois, à quelques personnes – et à moi, son fils ou le fils de sa chair, de son sang et de son ventre -, elle permettait l’accès : déplacements pénibles et lumineux qui désignent par le poids même de leurs nominations l’obstacle de la compréhension. Cet autre monde, cet ailleurs qui pénétrait le notre si sagement et sans bouger. J’étais accoudé au balcon et je voyais la rue sous moi .Notre rue Une rue d’Alger ou Alger dans la rue coule, nonchalante, entre les pavés et les paroles saines et malsaines .Alger qui s’éveille profondément dans le déchirement, la dislocation et l’aliénation de l’instant qui hurle et se tait pour ne pas dire , pour ne pas nommer car elle a peur d’elle- même et des autres. Beaucoup de sang, beaucoup de larmes qui parlent notre ignorance et notre insouciance comme si la vie n’état pas ou qu’elle était trop ou de trop. Je ne me retournais pas .Ma mère me parlait mais ses paroles se perdaient dans l’immensité de la laideur et da puanteur meurtrière. C’était un vendredi. Et tout le monde s’ennuie et personne ne fait, et personne ne rit. On attend le samedi mais le samedi, on s’emmerde aussi. Et le mal à l’âme commence : cette chair qui vous enferme comme une deuxième peau, celle qui vient avant l’autre : le monde ou la vie au centre même de la mort, de la laideur et le la puanteur. La vie du silence qui se prolonge.Un silence qui parle, désigne et nomme le silence des uns devant la parole des autres qui n’arrêtent pas de parler et de dire dans l’éternité du silence. De ceux – là qui ne croient plus au possible et au devenir de l’acte. L’autre acte : acte du regard, du geste, due la parole et du corps tout entier. La parole de la mouvance semblable la vie même de la cellule,à la gestation de l’ enfant et au calme actif du conteur qui marque , nomme et désigne les distances des univers et déploie la sphère spécifique des signes et des figures. Ma mère parlait toujours mais différemment : avec les yeux ,avec les gestes , avec le mal que l’âge a calmé ,a adouci pour faire taire la bouche et faire parler le rides et les larmes des yeux presque jaunes qui regardent en pleurant notre monde sans dire et sans pouvoir. Retour ou refuge dans l’opacité du temps qui vous oblige à être : j’allais m’allonger et enfouir ma tête dans l’espace de ma naissance et de la naissance de ma complexité d’homme qui refuse. Consciences mortes qui vous condamnent du même coup et comme par un pouvoir tyrannique à l’agonie dans votre propre cercle ou’ le vertige vous secoue. !’’ ‘’Je t’ai compris, mon fils.
    La voix de ma mère me parvenait avec son poids de certitude et de monotonie .Et c’est alors que commença la montée de son récit avec la tombée de la nuit. Un récit qui vous habite, qui vous fouille le corps et les fibres , et , par son propre poids de cohérence vous dévoile les choses et les êtres et vous nomme dans le foisonnement de la laideur : la main de Fatima. C’est ainsi que ma mère me parlait souvent d’un pays étrange et plein d’injustices ou’ les hommes avaient tout le temps peur. La peur régnait depuis longtemps et semblait ne jamais vouloir quitter ces terres .Elle passait de génération en génération le plus naturellement possible et le temps aidant, le peuple fondait des lois implicites sur l’éducation à la peur. C’est ainsi que la peur devit presque ’une qualité, un savoir-vivre. La peur devint un sentiment conforme aux aspirations du peuple. Les gens avaient tellement peur qu’ils n’apparaissaient jamais réellement ; ils glissaient en silence et,faisaient souvent des détours afin d’éviter des rencontres. Dans ce pays naissait la solitude des bouches et des cœurs car personne ne voulait rencontrer son prochain de peur de le connaître et de l’aimer. Dans cette contrée, le nombre des fauves était supérieur à celui des humains et les homme ont fini par ressembler étrangement aux animaux. Les hommes vivaient comme des bêtes ; chacun avait on territoire , ses biens, son gibier. Bien sûr, le plus fort avait toujours raison et n’hésitait pas à tuer les faibles. La puanteur régnait dans ces terres où l’homme cédait la place à l’animal. Dans ce pays, il y avait une cité où la parole n’était pas permise, où le regard brûlait et dérangeait par son intensité, le corps même passait pas inaperçu. Dans cette cité, un enfant allait naître. Une fois qu’ il fut venu au monde, ses parents se dépêchèrent de lui mettre la main de Fatima afin de le préserver du mauvais sort et du mauvais œil.
    Dans ce pays des non – valeurs se maintenait une seule : celle qui consiste à se préserver. Cette valeur avait persisté car elle relevait des instincts de conservation ou mécanismes de défense : valeur commune aux bêtes et aux humains la peur était tellement grande et les moyens de défense tellement faibles que la main de Fatima était devenue un rite sacré : à chaque naissance,avant même d’avoir lavé l’enfant, on lui mettait la corde au cou et au bout pendait victorieusement la main protectrice de fatima. La main au cou, les parents étaient tranquilles. Mais l’enfant n’arrêtait jamais de pleurer. De jour comme de nuit, l’enfant sanglotait car la main de Fatima faite en bronze lui pesait sur la poitrine et son poids l’étouffait. La mère pleine d’amour alla s’inquiéter auprès des voyantes de la cité magique. Dans les confins ténébreux, la voyante consulta une autre voyante qui convoqua les mages, les esprits, les planètes.
    «… la main en or étrangla le pauvre enfant … » « … la main en or étrangla le pauvre enfant …»
    Après plusieurs nuits de discussions, la réponse vint enfin : « Il faut, dit la sorcière, changer le métal de la main : si le bronze ne suffit pas à éloigner les mauvais esprits, l’argent le pourra » les parents allèrent changer la main de bronze en argent. Mais l’enfant pleurait toujours et sa santé était sérieusement mise en jeu. Ils allèrent, encore une fois consulter la vieille femme des ténèbres. Celle-ci, après réflexion et discussions avec l’au-delà, conclut que l’or par sa pureté était le moyen le plus sur pour combattre ces mauvais esprits qui s’acharnaient à poursuivre le nourrisson. Une fois au cou, la main en or étrangla le pauvre enfant. Et les sages de dire : « le destin est infaillible, il était écrit quelque part sur les étoiles que l’enfant ne vivrait pas. » Et les autres de conclure : « Tout ce qui brille n’est pas pur.» C’est l’histoire qui ressemble tellement aux autres… N’y a-t-il pas mille manières de tuer ? Abdenour, le petit cadavre assassiné par la main de Fatima, est envoyé dans un monde parallèle où il se doit de vivre sa mort. Au-delà des foules et des noms, dans une chambre presque vide, au seuil de la solitude, Abdenour se réveille de sa mort. Il s’élance loin des miasmes, loin du fiel, et son cœur dans un premier élan, goûte enfin à la douceur du miel. Il est devenu prèsqu’un homme, un homme – cadavre qui, se croit sauvé pour toujourrs de l’univers qui l’a assassiné. Il regarde intensément par le balcon les rues d’AIger. Heureux ? Abdenour semble le jeu – dans un monde qui refuse de jouer. Son nouvel univers est malheureusement, constate-t-il, tressé de blancs et de silence. Il aime le jeu décidément. Le jeu où l’on joue ensemble au jeu du dit et du non-dit afin d’effacer tendrement l’amertume et les paroles plaintives des lèvres de l’homme. Le jeu du regard qui se pose simplement pour la jouissance, et pour le plaisir de comprendre où les êtres se placent, dans leur conscience. Goût amer de la cassure du monde dans la conscience ! Abdenour, en découvrant son nouvel espace, Alger, est terrifié des crimes et des assassinats qui s’y perpétuent sans cesse. Youcef,son nouvel ami rencontré sur le balcon, lui a dit : Mon histoire est l’histoire de tous les hommes d’une époque où la parole devient blessure, C’est pourquoi bon nombre ont pris le chemin de silence, qui s’inscrit maintenant comme une loi, C’est pourquoi d’autres se réfugient dans les figures… C’est pourquoi tu vois folie, incohérence et peur C’est pourquoi nous ne faisons que passer, monotones et sans vitalité. Nous, les cadavres, cette force qui se meurt et s’évapore juste à sa naissance…’’ Abdenour, issu du monde de la peur, mort dans la peur, se retrouve au milieu d’un carrefour, au centre d’Alger, miné par le délire Pénétré de dégoût, l’âme déchirée, il se perd dans l’immensité incompréhensible du crime .Il traverse l’étendue de son chagrin, traîne sa nouvelle vie dans Alger qui pleure, Alger qui étouffe et s’étouffe dans ses pleurs invisibles. Il traverse l’étendue de son malheur. Alger pleure.
    « … la femme se plante devant ses yeux, immense et immobile… »
    Le drame est de se sentir lourd, d’une lourdeur maladroite, honteuse. Abdenour déchire l’espace ennuyé par des cris plaintifs des cris fantomatiques. Alger pleure. Le vide ? C’est la multitude des rêves qui se dissipent dans la vallée des morts agonisants. Venu, mort et enterré, d’un espace morbide, Abdenour se réveille dans cet univers étrange, fou. Cette nuit-là dans son sommeil, il éclate de rire, et a peur, peur de ce morbide. Son rire ressemble à celui des fous à lier, des fous à interner. Cette nuit, il fait jour. C’est alors que, dans son rêve, la femme se plante devant ses yeux, immense et immobile et, dans son rêve, elle parle : je suis la Femme, qui clôt la douleur et nomme le désir. Je suis la beauté qui transcende le malheur et redonne vie. Je suis la vie. Je viens pour t’apprendre l’espace qui caresse le sourire, fait cesser la souffrance et pousse tendrement vers le lieu du rêve,comme dans un jeu : il se déroule entre mes mains ouvertes et le long de mes lèvres. Un visage clair et des mains douces qui avancent pour atteindre ton cerveau, un cerveau humide, fébrile. Je t’enfante, mon enfant, mon amour, à vif. Tu renais de mes blessures et je caresse ton regard qui éclaire. J’ai envie. Une folle envie de ton être où s’invente un monde en attente du souffle. Ton léger souffle que je bois, qui descend en moi à travers le parcours fabuleux de mon corps. J’arrive de cette tour lointaine du dit et du rêve prometteurs qui réinventeront ta jeunesse et ta vitalité. Je viens, au sortir de mes blessures, pour te réinventer, te mettre au monde et t’aimer. Je t’enfante par ma seule volonté de femme et te donne vie.
    Dans la Cite de la peur, de la haine des ………………elles-mêmes incertaines et peureuses, se lit l’amer douleur d’avoir donné la vie à l’enfant du malheur : le cadavre. Abdenour, sortant de sa mort prématurée, commençait à saisir ce qu’était l’avortement des sens et de la parole…Il comprenait enfin que Dieu avait créé la Femme qui, dans sa bonté innocente, se précipita pour engendrer le monstre séculaire : l’homme qui sème, sans pitié aucune, mort et désolation. Nous sommes pourtant là, vivants ! Même si l’ennui est un lourd fardeau à porter ! Même si nous avons peur de l’existence, de la mort et des mots ! Oh ma douce contrée impossible qui pratique le verbe au rythme de la blessure comme une prise directe sur le rêve !
    Je suis accoudé au balcon, juste devant ma mère assise…
    est ce que vous êtes intéressés par des textes critiques?

  3. Félicitations au Groupe de l’Atélier! Je me joindrai très bientôt!

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