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Au revoir, l’enfance

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Les enfances perdues

Pour ce mois d’avril notre réunion a eu comme livre de lecture «La Porte de la Chance » de El Mostafa Bouignane.

L’auteur a su si bien écrire et rendre agréable cette histoire qui n’est pas tendre, mais qui est très bien racontée et exposée. Nous, lecteurs, nous nous sommes laissé guider dans ces quartiers de Fès, des plus pauvres aux plus riches pour suivre les mésaventures de ces enfants-personnages.

Nous nous sommes posé beaucoup de questions en lisant ce «scénario» de cinéma parfois gai, parfois très triste. Nous admirons dans la manière d’écrire et de décrire d’El Mostafa Bouignane le possible espoir qui se dégage de cette enfance et pré-adolescence bien littéraire qui demeurent peut-être très loin de nos ambiances, de nos vécus, de nos points d’existence différents, de cette enfance bien particulière qui nous ramène à d’autres personnages de la littérature universelle : « El Lazarillo » dans le passage de l’aveugle, il emploie le mot en espagnol), la vie d’Edith Piaf, jamais aimée de son enfance, Quevedo,(déformé) notre poète du siècle d’Or espagnol qui a écrit les plus beaux poèmes d’amour sans jamais avoir été aimé non plus. Il y en a, pourtant, beaucoup d’aspects qui ne nous sont pas tout à fait inconnus, du moins de ceux qui sont plus aînés ou ceux qui ont eu l’opportunité d’écouter quelqu’un parler de la vie après la guerre en Espagne, la famine, l’exclusion, le manque d’une opportunité après l’éducation et tant d’horreurs silencieux, qui rongent comme le ver du bois le fragile bâtiment d’une vie.

Il montre dans le livre une connaissance parfaite des quartiers, des problèmes et de la façon de vivre de ses garçons de la rue, de ces bandes…

Le "Lazarillo de Tormes", un chef d'oeuvre de la littérature espagnole du XVIème siècle attribuée à Diego Hurtado de Mendoza ("Jeune mendiant", de Bartolomé Murillo -1618-1682)

Le « Lazarillo de Tormes », un chef d’oeuvre de la littérature espagnole du XVIème siècle attribuée à Diego Hurtado de Mendoza (« Jeune mendiant », de Bartolomé Murillo -1618-1682)

Ce récit nous a donné la manière de connaître à travers l’écriture la réalité de l’enfance. Cette « enfance saccagée » dont nous avait si justement parlé dans sa conférence du 26 janvier 2011 Abdellah Baïda.

Mais c’est surtout ce manque d’affection des parents envers leurs enfants qui nous a touchés. La tyrannie du père de famille El Khammar et ses instincts animaux nous laissent profondément pensifs. Le seul animal qui est décrit et qui souffre, lui aussi des coups, c’est le chat de cette grande maison. Aghilass, le chat, appartient à tous les voisins mais il n’est apprécié de personne, il reçoit aussi autant de coups que ces enfants. Leurs vies sont séquestrées, exploitées, de même que les femmes de cette histoire enfermées dans leurs maisons et dans leurs rêves. C’est une enfance dont les enfants sont les propriétés de leur parents, de leur pères -on devra mieux dire- car il s’agît aussi d’une famille tout à fait dominée par la figure du « mâle » comme si d’une manade des lions s’agissait. Dans son livre « Las semillas de la violencia» (Les semences de la violence) le psychologue espagnol Rojas Marcos expose plus qu’une thèse, une évidence: les enfants qui ont souffert d’abus deviendront des adultes « abusifs ». « Tu es devenu déjà un homme » lui dira à la fin du live le père à son fils. Une phrase qui devient une sentence, la terrible confirmation d’avoir terminé une étape sans l’avoir vraiment vécue.

Ce premier livre d’El Mostafa Bouignane est vraiment une porte ouverte vers ces enfances volées lors de la pauvreté sans un monde d’abondance, celles qui ont fait de la vie un essai de survivance recueillant les miettes qui tombent des tables des autres plus fortunés.

Plein de réalisme, on parcoure tout le long de ses pages dans les rues de Fez, à côté de ces enfants invisibles qui feront de leur enfance une longue nuit, se réveillant « adultes » sans avoir calmé le besoin de tout être humain de se sentir aimé, soigné, dans les bras des autres.

Nous ne trouverons pourtant aucune dénonce, une simple description non plus de toute ces vies de disgrâce parmi les pages du livre. Il faut remercier l’auteur pour cela. Il nous fait part de cette histoire sans espoir avec un sentiment de normalité, avec la sureté qui donne la connaissance de ce que le jour pourra nous apporter, le même que le jour précédent. Un bon exercice d’équilibre entre la tristesse et le fort sentiment de continuer à vivre.

Les rues de Fez

Les rues des Fèz font le paysage permanent du roman

C’est précisément ce qui nous a le plus plu par-dessus tout: cette absence de larmes dans l’histoire, la vie exposée comme un jeu d’espoir-désespoir qui aide à échapper aux adversités parfois « truculentes ». Les relations d’amour-haine entre les enfants, parfois très cruelles. Ils essayent de se protéger des atrocités qui ne devraient pas appartenir à l’enfance, qui les amènent à la perte de l’innocence. Nous avons bien remarqué l’importance du sobriquet dans ce monde d’enfants « de pierre » si descriptifs et, à la fois, ciselant pour toujours la personnalité publique du garçon: Grosse-Tête, Binbi la Branlette (très explicite en espagnol aussi)., Petit Vieux…. Rien de surprenant dans un monde où tout le monde est connu de leur «spécialité »: Saïd -le pickpocket-, Yeux-Blancs -le mendiant aveugle-, le Teigneux -le vendeur de vin. Ces sobriquets nous ont fait parfois sourire et nous ont aidés à oublier la « truculence » au dessous l’histoire.

Un monde fait « sans filles », « sans femmes », … sans un endroit pour elles dans ce monde obscur. Or seulement deux femmes dans le livre, représentant chacune d’elles une partie d’une histoire partagée. La mère, une autre victime, complice à son insu de la répression familiale, silencieuse, qui ne se révoltera que devant la menace de la démunir de la seule distraction de sa vie: la télé, « cette lucarne » qui donne la vie à une vie ratée des illusions…

Ce livre facile à lire, sans plis, sans tournures d’histoire, nous fait tomber tous, comme le protagoniste, comme une métaphore de sa propre vie, devant la « Porte de la chance ». On se demande chez le groupe si telle porte existera. ou bien est-ce la porte que l’on laisse derrière soi, une fois que la « porte » de la chance a été franchie ? Car ne sommes-nous pas tous un peu survivants de notre enfance ? En tout cas, l’auteur a trouvé le nom parfait pour le roman, le plus suggestif de tous. On a beaucoup parlé autour de cette « chance »: est-ce une blague de la parte de l’auteur? Quelques-uns parient sur le sentiment positif: celui de survivre, la bonne chance de continuer à vivre. Quelques autres se sont inclinés pour une acception plus neutre : la « Baraka » en tant que fatalité: les protagonistes ne maîtrisent vraiment pas leur vies; ils suivent seulement les diktats d’un destin déjà choisi pour eux du même moment de la naissance. Il n’existe pas un futur: c’est la chance qui en décidera. « Comme la vie est changeante! Pensa-t-il (Rouiched le protagoniste), hier encore je mendiais avec l’aveugle devant ce même café et, aujourd’hui, j’y suis assis, avec plein d’argent dans la poche et j’offre de la limonade aux mendiants ».

Une référence pour finir et peut-être pour recommencer. L’école est presque absente de la vie de ces enfants. l’éducation ne serait-elle pas la seule et vraie porte de l’espoir? On n’apprécie pas les choses que lors de leur perte, « no hay nada más bello que lo que nunca he tenido; nada más amado que lo que perdí » (rien de plus beaux que ce que je n’ai jamais eu, rien de plus aimé que ce que j’ai perdu) dit Serrat, notre cher chanteur-auteur de toujours, berçant dans ses paroles toute la sagesse d’autant de vies vécues)

 
Vole, cette chanson faite pour toi, Lucía
l’histoire d’amour la plus belle
que jamais j’ai eue et que je n’aurai jamais
c’est une lettre d’amour emportée par le vent
peinte sur ma voix
nulle part, nulle destination.
 
Il n’y a rien de plus beau
que ce que je n’ai jamais eu
rien de plus aimé
que ce que j’ai perdu
pardonne-moi si aujourd’hui,
je cherche dans le sable
une pleine lune qui griffe la mer
Si jamais j’étais un oiseau de passage
je l’ai oublié pour tisser un nid dans tes bras
si jamais j’étais bon et bellement sage
c’était enroulé autour de ton cou et tes seins
si jamais j’étais un sage dans l’amour
je l’avais appris de tes lèvres chanteurs
si jamais un jour j’ai t’ai aimé après t’avoir aimé
ça a été tout pour ton amour, Lucía, Lucía
Tes souvenirs
deviennent de plus en plus doux
l’oubli n’a saisi que la moitié
et ton ombre habite toujours dans moi,
couchée dans l’obscurité de mon lit,
entre moi, mon oreiller et ma solitude.
La sourire

Le sourire d’un enfant, un trésor à ne pas perdre, un cadeau à ne pas abîmer. (Photo par Julien Lagarde)

Il faut récupérer l’éducation pour tous les défavorisés. Ce serait sans doute la seule façon de les faire échapper d’une vie d’esclavagisme.

Il faut, aussi, démocratiser les peuples et aussi démocratiser les vies: égaliser les opportunités pour tous. Un vieux rêve qui, paradoxalement, ne nous laisse pas dormir en paix, ne peut pas nous laisser dormir en paix tant que nous ne nous approchons pas de lui.

Bonne chance à tous.

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