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Voyageur du temps

Afrique

Se mettre face à face à un roman historique c’est se trouver devant la résolution d’un dilemme de la part de l’auteur: roman ou essai? Suivant la thèse d’Abdellah Baïda, un écrivain doit toujours choisir la première des options. C’est pour cela que, quand on a abordé la lecture de « Léon l’Africain » d’Amin Maalouf, l’ombre de l’auteur a toujours survolée la petite salle où nous réalisons les rencontres de l’Atelier.

Était-il encore un piège?, se demandait Rosa, toujours prête à apporter des points de vue appuyés sur sa longue expérience. Elle nous rappelait que ni le personnage ni le style littéraire avait aucune trace de l’ancienneté à laquelle on s’attendait d’un livre sur un géographe, diplômât, humaniste… du XVème siècle.

Le débat était servi. Léon l’Africain, le personnage réel, était comme celui dessiné par Amin Maalouf? Certainement pas tout à fait. Mais jamais on ne pourra être sûr à quel point il s’éloigne de ce personnage universel créé par l’écrivain libanais, possesseur du Prix Príncipe de Asturias. Il faudrait demander  à l’auteur combien de Maalouf a ce « Léon » et combien d’historique.

Tant pis. La beauté du livre, la récréation de l’époque et des ambiances des villes anciennes, la révision des événements longtemps oubliés, la « résurrection » des figures historiques vues à travers l’optique sélective mais rigoureuse de l’auteur nous ont fait le cadeau d’un vrai voyage dans le temps, un retour dans un monde 500 ans plus jeune, un changement drastique de cadre de référence que nous avons tous aimé.

Lire Léon L’Africain, un livre de 1987, est un cadeau pour ceux qui aimons à la fois l’Histoire et la littérature. Il est tellement bien écrit que l’on dirait plutôt que l’on se promène dans les endroits si bien décrits sur le livre sans oublier que nous lisons en même temps des pages importantes de l’Histoire.

Cette édition fut traduite de l’italien para Alexis de l’italien par Alexis Epaulard et publiée en 1956, d’après le manuscrit 953 de la Bibliothèque Nationale de Rome. Cet ouvrage est capital pour la connaissance de l’Afrique du XVIe siècle depuis les rives du Nil à celles du Congo. L’auteur y décrit les moeurs, coutumes, religions des habitants, ainsi que la faune et la flore.

Juan, le chercheur du groupe, nous a appris que les données sur « Léon le voyageur » ont été réunies par l’islamologue M. Louis Massignon en 1906 et que son chef d’œuvre « La Description de l’Afrique » était écrite quand Hassan était âgé de 40 ans. Le manuscrit originale était rédigé dans un jargon italien, une situation bizarre car la vaste culture de ce personnage lui aurait permis de choisir une autre langue plus «noble »: « De ma bouche tu entendras l’arabe, le turc, le castillan, le berbère, l’hébreu, le latin et l’italien vulgaire, car toutes les langues, toutes les prières m’appartiennent » nous dira le personnage littéraire dans le livre d’Amin Maalouf.

Alors, plusieurs des traductions partent de la traduction et la correction à « une langue correcte » de ce manuscrit par le géographe italien Giovanni Battista Ramusio (1485-1557). Parmi ces traductions, celles de M. A. Epaulard et d’Angela Codazzi, professeur d’histoire de géographie à Milan au début du XX ème siècle.

Léon l’African fut respecté jusqu’au début des explorations de l’Afrique par les européens au XIXème siècle, comme la la source la plus crédible des données cartographiques et géographiques de l’Afrique Sous-saharienne. Il n’y en avait  presque pas d’autre comparable sauf, pour quelques uns, un autre grenadin d’origine, Luis del Mármol Carvajal (1520–1600).

Vraiment on ne dirait pas qu’on est en train de lire une histoire. Il n’y en a pas. La description en première personne des événements font du livre plus un « journal intime » ou encore mieux , « un carnet de voyages » où Hassan Alwazzan-Amin Maalouf nous dévoile une mélancolie surgit du sentiment du protagoniste de ne pas appartenir nulle part, de ne pas pouvoir appartenir nulle part.

C’est pour cela que , pour nous, Léon l’Africain est un « voyageur du temps ». Son histoire est celle d’un exilé permanent, un apatride forcé, esclave d’une vision de la vie tolérante, pratique, qui ne peut pas se permettre le luxe de prendre partie pour personne à tel point de rester au marge de la propre vie. Hassan ne pourra jamais demeurer pour longtemps dans le même endroit. D’une part à cause de son esprit inquiet, anxieux de découvrir, d’exprimer sa vie. Mas d’autre part, fruit de l’incompréhension de ses contemporaines qui n’arriveront pas à comprendre ce grenadin, ami des juifs et des chrétiens, « circoncis de la main d’un barbier et baptisé de la main d’un pape ». Il cherchera pour toujours ce « paradis perdu », idéalisé, inexistant peut-être. Mais il n’arrivera jamais.  L’horizon est défini pour ne pas pouvoir être saisi. La malédiction du voyageur est celle de ne jamais ‘arriver nulle part.

Ce « voyageur du temps » n’appartient ni au temps qu’il a dû vivre ni à aucune culture ou demeure concret.

Son seul compagnon, tout le long du livre, une autre force motrice si puissante que celle de voyager, c’est de l’amour.  Ce « Léon » littéraire est un amoureux permanent. L’expression « une femme à chaque port » n’a jamais eu d’un mieux représentant. Des femmes, des amours plutôt, sont partout le livre et font le paysage permanent et parallèle qui accompagne Hassan. Il recommandera son fils « d’aimer, comme lui, jusqu’à la tyrannie, et de rester longtemps disponible aux nobles tentations de la vie »

À nos avis, le livre fait un beau cercle, il tourne autour de la vie d’Hassan pour retourner au début. Il nous dira à la première page « Je suis fils de la route, ma patrie est caravane et ma vie la plus inattendue des traversées… Il (le Créancier) m’a prêté quarante années que j’ai dispersées au gré des voyages. ». Et il finira avec ces autres phrases, en divisant la côte africaine à son retour de son emprisonnement privilégié à Rome, mêlant à la fois l’amertume et la nostalgie des beaux souvenirs quand il fait leurs recommandations à son fils: « Où que tu sois, certains voudront fouiller ta peau et tes prières. Garde-toi de flatter leurs instincts, mon fils, garde-toi de ployer sous la multitude! Musulman, juif ou chrétien, ils devront te prendre comme tu es, ou te perdre. Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre de Dieu est vaste, et vastes Ses mains et Son coeur, N’hésite jamais à t’éloigner, au de-là de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances.(…) »

Une des pages de la Description de l'Afrique

Voilà le « piège ». Amin Maalouf est bien connu pour plaider pour l’intégration des hommes, pour surmonter les différences vers ce que les êtres humains avons de commun. Il n’aime pas « le dérèglement du monde » actuel.

Écrivain d’essais nous nous sommes demandés la raison d’avoir écrit ce livre, apparemment si éloigné de lui même, de son œuvre. Pas du tout. Les idées sont les mêmes, seulement l’approche est différente. Une dénonce d’une espèce aveuglée par son incapacité de valoriser les différences, de tolérer les autres et de partager ce monde avec ceux qui pensent, qui vivent autrement. La répudiation des guerres de la part de l’auteur et du personnage a, malheureusement, non seulement une actualité douloureuse (le Xxème siècle sera rappelé comme l’un des plus terribles par ses génocides et l’autodestruction de l’Humanité) mais elle nous montre une nécessité rageuse de continuer à dénoncer cette folie inhérente  à l’être humain.

Il a fait, peut être, lancer ce message à travers Léon l’Africain, un personnage exceptionnel à l’époque, à toutes les époques. Léon l’Africain parle pour Amin Maalouf à la fois qu’Amin Maalouf lui découvre pour tous dans son roman. Un essai humaniste déguisé en chronique littéraire, ça c’est le double cadeau généreux d’Amin Maalouf.

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