• Bienvenus à l’Atelier de Littérature d’Expression Française

    Bienvenues à l'Atelier de Littérature française
    Si vous, internaute, d’où que vous veniez, vous êtes arrivé sur ce blog emporté par l'espoir de trouver un lieu où partager votre intérêt pour la littérature en langue française, vous êtes les bienvenus. Veuillez bien participer avec vos inquiétudes et vos idées en répondant aux posts affichés. Merci de votre visite et de vos opinions..

    Les membres de l'atelier de littérature.

    Tous à vos tâches
  • Pour nous trouver...

    Vendredi de 17h-19h (Consultez le calendrier sur la marge droite)
  • J’aime lire

  • Lisez le Bulletin de l’Atelier

    Lisez le Bulletin de l'Atelier
  • Version iPad-iPhone

    Version iPad-iPhone

    Cliquez sur l'image, téléchargez Flipboard et regardez le magazine de l'Atelier sur ton iPhone, ipad

  • Contributions

    Contributions
  • Chercher para catégories

  • Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire a ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

    Rejoignez 321 autres abonnés

  • Follow Atelier de littérature d'expression française on WordPress.com
  • Vidéothèque

  • RSS Vidéothèque sur l’Islam (en espagnol)

  • Phonothèque

    Phonothèque
  • RSS Audiolivres

  • Fiches de lecture
  • Échos littéraires

    Échos littéraires
  • Ecos literarios

  • La bibliothèque de l'Atelier

    La bibliothèque de l'Atelier

  • Mon livre préféré

    Mon livre préféré
  • Articles les plus consultés

  • Archives

  • Commentaires récents

    Témoignage sur l… sur Rentrée
    Re-vivre la vie | At… sur Peindre pour survivre
    Leticia Hernández Ló… sur Le crépuscule des coeurs
    Symétrie meurtrière… sur Camus-Sansal, Sansal-Camus:…
    Symétrie meurtrière… sur Retour à la vie
  • Nous avons eu...

    • 125,878 visiteurs
  • Visiteur
  • Administration

Un bon choix

Morceaux de choix

Le Maroc interdit

La séance était dédiée à débattre sur les valeurs littéraires de l’œuvre « Morceaux de Choix », de Mohammed Nedali. Il s’agit d’un livre autour duquel on avait tous été d’accord : personne n’est resté indifférent après sa lecture.
Nous avons eu le plaisir de recevoir l’année dernière, dans notre école M. Abdellah Baïda, professeur à l’ ENS de Rabat . Sa conférence sur la littérature marocaine contemporaine nous a permis de découvrir cette autre littérature et d’autres grands auteurs inconnus de nous, entre eux, Mohammed Nedali.
D’un style direct, l’auteur nous décrit les aventures de Thami, apprentis boucher qui est possédé para une authentique obsession pour le sexe. Un tel personnage au milieu d’une société qui tourne le dos à l’individu et à leurs nécessités comme c’est la société officielle marocaine ne peut que se développer comme les saumons qui surmontent les fleuves, toujours à contre-courant.

Sa manière de « raconter », de « dire », montre le style d’un grand narrateur, d’un grand conteur qui maîtrise à volonté le langage. En lisant « Morceaux… » on peut très bien imaginer ces passages de la Medina de Marrakech décrits avec un charme et une force inouïe que nous fait penser à Sherezade, aux conteurs de l´Orient.

Tout le long de ses rues, un bouquet de personnages va défiler devant nous, plein d’histoires, annoncés par un vocabulaire varié, ancien, très choisi, très coloré. Au lieu de simples lecteurs, nous devenons des « spectateurs ».
C’est pour cela que nous avons aussi choisi de faire à propos de cette oeuvre un travail de recherche des mots et d’expressions.

Devenir boucher

Devenir boucher, une démonstration de révolte contre le pouvoir parental

Thami, le protagoniste, va, d’abord , se mettre en face de son père, une autorité dans et en dehors sa maison, renonçant à dérouler le rôle qu’il avait très bien désigné pour lui. Au lieu de devenir une autorité en matière religieuse il va se dédier à un metier plus banal et plus bas, du point de vue social : ètre boucher.
« Je m’appelle Thami. Mon savoir-faire et mon doigté à la boucherie m’ont valu le prestigieux titre de M’allem, le maître. En optant pour ce métier peu considéré sur cette terre d’Allah, je rompis, sans m’en rendre compte, avec mes origines savantes.»

Derrière les étagères de la boucherie Thamis se retrouvera lui-même au cœur d’un monde des femmes, femmes qui sont soumises à la volonté de leurs propriétaires, leurs maris. Pour cette raison Thami peut représenter pour quelques unes d’entre elles un petit clin d’œil à leur destin quotidien, un souffle d’air frais pour s’évader de la réalité des tous les jours. C’est, en somme, un petit moment pour se retrouver comme des vraies personnes. Le prix que Thamis va établir, celui d’une sourire complice et, parfois, quand la femme a une combinaison de beauté et une vraie soif de liberté, un moment de plaisir. Mais, Thamis va aussi payer un grand prix: il deviendra incapable de faire durer l’amour.

Ainsi, Thamis est, en quelque manière, malade de passion. Rien ne peut le satisfaire. Mais il doit prendre soin parce que sa propre liberté et celle de ses amants risque de finir si les autorités arrivent à connaître de ses aventures, surtout si la femme en question est mariée.
« Amoureux, que d’épines sur votre chemin ! ». Cette citation qui sert à commencer le chapître… provenant de Les Mille et une Nuits, donne témoignage des aventures amoureuses de Thami avec Habiba (une parmi tant d’autres ou l’amour de sa vie ?) pleins de moments durs, qui arrivent à couper le souffle du lecteur, comme quand Thami et une de ses amants sont arrêtés . Ça se comprend pourquoi il arrive à penser au « complexe du verrou que contractent les amoureux longtemps persécutés ».

Lalla Rehma, un personnage universel

Lalla Rehma, un personnage universel

Il va compter sur l’aide de Lalla Rehma, une vieille femme qui, châtiée par le destin d’une manière si cruelle qu’elle aura besoin de la générosité de Thami pour survivre à la menace de la faim. Elle deviendra la seule amie ou, du moins, la figure la plus pareille à une amie que Thamis peut se permettre. Ce serait Rehma qui, à la manière d’une Celestina marocaine (par référence au personnage du roman de l’espagnol Fernando de Rojas, un stéréotype presque universelle) , elle arrangera ses rencontres amoureuses, lui facilitant un endroit sans risque. Elle représente le double jeu, la meilleure manière de se débrouiller pour sortir indemne.
Pourtant l’auteur reconnaît ne pas connaître cette œuvre de la littérature espagnole et être arrivé à désigner un personnage comme celui de Lalla Rehma, sans s’inspirer dans d’autres sources. C’est en somme une coïncidence surgit du hasard où, peut-être, de la nécessité qui justifie l’existence de tous les stéréotypes littéraires

Le luxe va s'imposer à l'amour

Le luxe va s'imposer à l'amour

Mais l’amour est esquive avec Thamis, il ne parcoure les chemins de la passion que quelques instants pour prendre ensuite une route peut-être plus ennuyante mais avec un avenir plus prolongé. Habiba à son tour, bien qu’elle apparaisse comme une femme non désireuse de supporter son mari, ne pourrait pas finir avec Thami, rien de plus qu’un boucher tandis qu’elle est la fille d’un homme richissime ; en fin de comptes, le faste et le luxe pèsent lourdement pour qu’elle entreprenne des aventures qui pourraient coûter son status.
Selon la description antérieure nous pourrons penser être face à un roman des « la picaresca », dont nous connaissons beaucoup d’exemples chez la littérature espagnole et que nous apprécions autant. Mais « Morceaux de choix » enferme aussi un portrait décerné de la société marocaine. Tout le long de ses pages l’auteur va nous décrire la corruption policière, l’hypocrisie de la moralité officielle qui tolère les comportements contre la « décence » pour un prix raisonnable. Il y a aussi un lieu pour exprimer la situation des femmes au Maroc, toujours oppressées pour tous et pour tout, un peu représentées par la pauvre Kheltoum, la laide cousine de Thami et à la fin, son épouse -une « bonne à tout faire »-, qui trouvera la « félicité » si, à la fin d’un jour plein de travail, elle peut regarder la télé.
Ce livre expose le problème du sexe et des relations amoureuses dans la société arabe, où le fondamentalisme religieux impose des règles de conduite très définies avec des punitions assez sévères. À l’intérieur de ce roman l’adultère, l’autoritarisme , le conformisme, la soumission, la révolte, l’amour libre, la corruption sont mises en relief. Dans cette lecture on s’introduit dans une ambiance hostile et étouffante, où tout le monde épie tout le monde.
À notre avis la femme prend un rôle remarquable. Elle est l’héroïne, car chacune d’elles a une manière d’agir pour réussir à vivre dans une société oppressante spécialement avec les femmes..
Zineb et Habiba, ces femmes ont un courage formidable. La prémière parce que elle prend des risques à l’égard de ses relations amoureuses. Il ne faut pas oublier que l’adultère est une infraction sévèrement punie par le code pénal marocain. La seconde défie une sociéte très moraliste où la veuve a des interdictions précises.

C’est surtout cette dimension du roman qui fait de « Morceaux de choix » quelque chose d’admirable et d’importante. Admirable parce que c’est facile de critiquer la domination des femmes depuis un pays où la liberté d’expression est une valeur vivante, mais le faire depuis le Maroc, montre un fort courage de la part de l’auteur.

J’éprouvai soudain une sensation incomparable: celle d’ être libre. La liberté. Ce jour-là, je compris vraiment que ce n’ était pas un vocable comme d’autres, mais un bien inapreciable, l’essence même de la vie. Je compris qu’ un éter humain dépourvu de sa liberté ne peut plus en être un; il devient moins qu’ un animal, moins que rien.

Ça c’est sans doute « Morceaux de choix », un cri de liberté, une dénonce illuminée de l’humour, un sucré regard aux relations amoureuses enfermées dans un monde amer où la religion et les conventions sociales veulent  s’imposer sur le droit individuel de pouvoir vivre en paix et jouir de l’amour.

Pour en savoir plus

Recette en video du Tajine d’agneau aux pruneaux et aux amandes

Publicités

3 Réponses

  1. […] et sages «Lettres à moi-même» d’Edmond Amran El Maleh. Le provocateur regard sexuel de «Morceaux de choix» de Mohamed […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s