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Rencontres

Un simple banc, la maison d'une amitié de roman

Un simple banc, la maison d'une amitié de roman

C’est vendredi. Et comme beaucoup d’autres vendredis, nous, les participants de l’Atelier de Littérature, avons la chance de nous retrouver autour d’un livre pour le commenter. On a beaucoup parlé et écrit sur l’importance de la lecture pour nous rencontrer nous-mêmes, pour rechercher dans notre âme nos vraies pensées et sentiments guidés par un bon roman. Mais, souvent on ne fait pas allusion à la merveilleuse expérience de partager ces découvertes avec les autres que, de même que nous, ont réfléchi autour du même livre. Cette expérience a été montrée à cette séance de l’Atelier. Le livre « La petite fille de Monsieur-Linh » nous a permis d’échanger surtout de sentiments entre tous ses lecteurs et vraiment arriver à enrichir l’expérience individuelle de la lecture avec ces visions individuelles qui ont finalement construit un puzzle partagé qui nous approche beaucoup plus de l’essence de ce merveilleux conte.

La petite filleCar, « La petite fille… » (ou « La petite-fille… », on verra après) est surtout un conte. Comme dans la plupart des contes, ni le temps ni l’endroit où l’action se passe, sont bien dessinés par la simple raison qu’ils ne sont que des excuses pour nous montrer les personnages principaux dans un scénario concret.
Philippe Claudel a déjà visité notre Atelier. On a lu « Les âmes grises » l’année dernière et quelques uns d’entre nous avons vu le film « Il y a longtemps que je t’aime » inspiré du roman du même titre. On a voulu trouver des ressemblances entre « Les âmes grises » et « La petite fille… » pour essayer de comprendre un peu la vision de la vie de Claudel. Mais comme les grands écrivains, il se résiste à être classé et il devient «caméléonesque». On a trouvé, dans la grande différence entre les deux œuvres, un élément commun : Claudel est un peintre aussi bien qu’un écrivain. Doté d’un style décontracté, facile à lire, pas du tout surchargé et presque minimaliste, il arrive à nous montrer des images clairement dessinées avec ses mots, un monde entièrement sensoriel.

AUTEUR_Philippe-Claudel

Philippe Claudel

Écrire pour Philippe Claudel est « sa respiration » comme il nous révèle dans un entretien :
« Mon univers, je n’arrive à le définir qu’á travers les livres. Quand j’écris, je ne me pose jamais la question de ce que je suis, de ce que je fais. J’ai simplement envie de raconter des histoires que j’ai en moi de façon profonde et urgente. Des histoires cohérentes en rapport à cet univers qui est en moi. Mes livres n’obéissent pas à des pensées précises. »

Prenons quelques exemples soulignés pour quelques uns d’entre nous :

  • raicesLe soleil perce les nuages. Ce qui n’empêche pas le ciel demeurer gris, mais d’un gris qui s’ouvre sur des trouées blanches, à des hauteurs vertigineuses. La fumée de Monsieur Bark semble vouloir rejoindre le ciel.
  • Il prend les deux paquets de cigarettes, d’une marque qu’il n’aime pas d’ailleurs, qu’il ne fume jamais parce qu’elles ont une odeur mentholée qu’il ne supporte pas. Mais cela n’a aucune importance. Il regarde les paquets, regarde le vieil homme en face de lui. Il aurait presque envie soudain de le serrer dans ses bras.
  • Parfois un peu de la fumée de sa cigarette atteint les narines du vieil homme ; et il se surprend à respirer cette fumée, à la faire entrer le plus possible en lui. Ce n’est pas vraiment que la fumée soit agréable, celle des cigarettes des hommes du dortoir est affreuse, mais celle-ci est différente, elle a une bonne odeur, un parfum, le premier que le pays nouveau lui donne, et ce parfum lui rappelle celui des pipes que les hommes du village allument le soir, assis au bord des maisons, tandis que les enfants infatigables jouent dans la rue, et que les femmes en chantant tressent les bambous.
  • Ce que sent le vieil homme, c’est que le ton de la voix de Monsieur Bark indique la tristesse, une mélancolie profonde, une sorte de blessure que la voix souligne, qu’elle accompagne au-delà des mots et du langage, quelque chose qui la traverse comme la sève traverse l’arbre sans qu’on la voie.

Les sentiments, avant tout, et aussi l’absolue absence de nécessite de connaître trop de détails sur les personnages, sur leur histoire…  Rien que les personnages et les personnes.

Juan a fait une recherche pour établir l’origine de Monsieur Linh. Prenant la seule référence géographique présente dans le livre – « La rivière des Douleurs »- il l’a trouvée au Viêt-nam, sous le nom de Bên Sông dau. Voici quelques photos de cet endroit fait pour rêver, impossible d’oublier si jamais on a vécu là bas.

Dans ce roman Philippe Claudel joue avec ces détails, il les laisse pousser tout le long de l’histoire comme les traces d’un chemin que l’on ne peut diviser qu’en prenant une distance suffisante… celle qui nous apporte l’arrivée aux dernières pages du livre. Soudain, tout est clair, le mystère révélé, le miroir cassé nous laisse contempler l’intérieur et alors c’est le tour des détails.

Le lecteur voudra faire une marche en arrière pour retrouver ces traces et il se surprend lui-même de ne pas avoir vu le sentier clairement dessiné du début : le médecin révisant la santé de la petite fille, l’appellatif de « Sans Dieu » que trompeusement Monsieur Bark donne à la petite fille, la robe offerte comme cadeau pour elle par Monsieur Bark, l’infinie patience de la fille… et la cantilène constamment présente avec laquelle Monsieur Linh berce sa petite fille :

Toujours il y a le matin
Toujours revient la lumière
Toujours il y un lendemain
Un jour c’est toi qui seras mère

On a essayé de choisir des mots pour résumer l’esprit du livre. Ceux-ci ont été prononcés : espoir, amitié, tendresse, tristesse, parabole, échange, intimité, déracinement… Il y a autant de sentiments dans ces pages !

Un roman de personnages et une spectatrice qui accompagne les deux protagonistes sans rien dire, sans rien manquer mais qui deviendra le personnage principal à la fin de l’histoire : la petite fille.

C’est un lieu commun celui de dire que « les égaux s’attirent ». Ce n’est pas le cas. Monsieur Linh et Monsieur Bark sont tellement opposés qu’ils sont condamnés à se comprendre, à se mêler, à fusionner ses âmes, créant une seule créature. Ils sont des esprits complémentaires. L’un d’eux, Monsieur Bark, fort, vitale, grand… L’autre, Monsieur Linh, fragile, petit, « un hérisson », calme, portant toujours la paix dans son silence.
Le lien entre eux : la solitude comme seul foyer. Les deux sont des survivants des tragédies de la vie. Monsieur Linh a vu mourir toute sa famille ; Monsieur Bark, lui aussi, a perdu sa femme et il a assisté à voir son âme se déchirer par les erreurs commises dans la guerre avec tous les ennemis réincarnés dans la figure de son dernier et seul ami, Monsieur Linh.

Une profonde réflexion sur le déracinement des personnes immigrantes mais aussi sur celui des personnes exilées dans leur propre pays. Une profonde réflexion sur l’isolement que l’on peut sentir parmi la multitude, sur les fondements de la vraie amitié.

Des murs partout, des murs à tomber

Des murs partout, des murs à faire tomber

Ces jours-ci le monde entier célèbre la chute du « mur de Berlin », un symbole de l’obsession insensé de l’être humain pour se déshumaniser, pour se séparer de ses frères, pour s’infliger des blessures qui ne guériront jamais, pour établir des différences qui n’existent pas.
Il y a un mur entre les deux personnages. Le mur de la réalité. Il y un murmure de fond que les deux amis essaient de surmonter dès son silence : c’est le bruit produit par les mots des autres, des bruits parce que le langage qu’ils utilisent ce n’est pas celui de la compréhension, celle de l’empathie mais celui de juger les autres, de les écarter quand leur rythme n’est pas celui mené par les autres, quand leurs besoins ne sont pas les mêmes que les leurs.

Besoin de l’autre. Besoin d’amitié. Besoin d’espoir. Besoin d’une raison de vivre. La petite fille sera cette raison par un «déraillé» Monsieur Linh qui ne peut pas accepter qu’il n’a rien d’autre que lui-même, qu’il est le dernier de sa dynastie, qu’il « est le seul à savoir qu’il s’appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui ». Ses espoirs, avivés par la connaissance de son ami Bark, avec qui il peut parler sans mots, des espoirs qui lui donnent une nouvelle opportunité pour une vie qui s’éteignait progressivement.

raicesDes miracles parfois, de l’or et des rires, et de nouveau l’espoir quand on croit que tout autour de soi n’est qu’un saccage et silence !

C’est aussi un livre, comme Isabel nous a fait remarquer, qui met en relief la sagesse que la vieillesse peut apporter : ils sont sages parce qu’ils sont vieux, ils sont sages parce qu’ils ont saisi l’essentiel dans la vie. La jeunesse reste ici comme un temps pour se tromper, pour commettre des erreurs… erreurs que la générosité du temps justifiera précisément comme un fruit de l’inexpérience.

raices Qu’est-ce que donc que la vie humaine sinon un collier de blessures que l’on passe autour de son cou ?

Des âmes errantes dans un monde qui n’est plus fait pour eux, deux âmes qui se retrouveront dans une amitié qui augmentera sa qualité à cause d’une nécessité exagéré par l’existence loin de son pays. Une amitié « de loin » qui deviendra un immense trésor.

raicesQuand ils sortent du café, Monsieur Bark prend par l’épaule Monsieur Linh et le raccompagne jusqu’à la porte de l’immeuble où se situe le dortoir, comme il le fait tous les jours désormais. Et puis là, les deux hommes se disent longuement au revoir en se disant bonjour.

Un monde parallèle. Il y a des exemples semblables dans la musique et la cinématographie. Pour souligner seulement un de chaque catégorie on pourrait choisir la chanson « De cartón piedra » (« En carton-pâte ») de l’espagnol Joan Manuel Serrat, dans laquelle le protagoniste c’est un jeune homme tombé amoureux d’un mannequin et qui sera poursuivi et enfermé à cause de cette amour impossible de comprendre pour les autres. Et aussi le monde surréaliste et plein de morale de « Le roi pêcheur » (« The Fisher King ») de Terry Gilliam, qui nous montre un journaliste qui tombe depuis le plus haut succès vers le monde obscur et plein de « folie » des vagabonds , des marginaux, mais qui trouvera dans cette folie la paix intérieure.

(Lire la traduction en français de cette chanson aussi que les mots originaux en espagnol)

Dans ce livre nous avons rencontré le monde des émotions, ces émotions cachées quelque part, dans notre plus fort intérieur… Et cela a été une excellente retrouvaille pour nos sens littéraires.

L’image finale du livre est d’un potentiel « brutal ». La fin parfaite pour un livre plein d’émotions. Si la petite fille c’est un conte –on pourrait discuter si cette lecture serait convenable pour les adolescents, après tout ce que l’on sait après avoir lu le livre et les renseignements que l’on peut tirer de sa lecture- la morale principale arrivera comme un coup de poignard après la lecture de ses dernières phrases.
Merci Monsieur Linh, merci petite fille.

raices« Monsieur Bark lui tient la main tout en lui parlant. C’est le début d’un très beau printemps. Le tout début. Le vieil homme regarde son ami, lui sourit. Il serre la jolie poupée dans ses bras maigres, il la serre comme il serrerait une vraie petite fille, silencieuse, tranquille et éternelle, une petite fille de l’aube et de l’orient. Son unique petite fille. La petite-fille de Monsieur Linh ».

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