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Préparant l’arrivée de “Le gran cahier”

En cherchant de l’information sur Agota Kristoff j’ai trouvé, avec un peu de surprise, que la lecture de cette oeuvre à déclenché un petit scandale chez l’institution éducatrice française et qui a motivé l’apparition d’un article en titré « Liberté pédagogique » dans le numéro 121 du journal « Hommes & Libertés » soutenu para la « Ligue des droits de l´homme » que je reproduis pour vous et que peut nous faire relire le livre avec des autres yeux.

Liberté pédagogique

Le scandale de la lecture du Grand Cahier à Abbeville a déclenché la question de la liberté pedagogique et de la marge de manoeuvre des enseignants. De plus en plus les enseignants pratiquent l’auto censure, pour éviter les réactions négatives des parents.

MARTINE COCQUET, membre du Comité central de la LDH
23 novembre 2000

Coup de tonnerre à Abbeville, dans le monde enseignant et bien au delà. C’est le début de l’affaire du Grand Cahier. Ce roman d’Agota Kristoff, écrivain d’origine hongroise mondialement connu, est donné en lecture, par leur professeur de français, à des élèves de troisième dans le cadre d’une étude thématique « l’enfant dans la guerre » ; le roman est qualifié d’ouvrage pornographique par quelques parents d’élèves fort bien conseillés et qui portent plainte.

La rapidité de l’interpellation du jeune enseignant sur son lieu de travail, sa garde à vue, la perquisition de son appartement, sont jugés scandaleux par les enseignants, la plupart des parents d’élèves, par des citoyens de tous horizons, qui, soit par la grève, soit par la pétition et la manifestation, apportent leur soutien au professeur.

La Section d’Abbeville de la LDH est la première à intervenir politiquement dans la presse et auprès des pouvoirs publics.

L’affaire du Grand Cahier devient nationale et toute la presse s’en fait l’écho. Il faut la resituer cette histoire dans le contexte de la lutte contre la pédophilie et la protection des mineurs.Mais point de cassettes pédophiles au domicile de notre professeur, seulement Kirikou la Sorcière ! Point d’ouvrages pornographiques ! Les Tartufes abbevillois, ridiculisés, ne se portent plus à merveille…

Reste que le professeur a beaucoup trop souffert : venu de Bretagne, il trouva à Abbeville son premier poste et demandera à être déplacé. Deux ans après, craignant les réactions des parent s, certains enseignants pratiquent l ‘autocen sure.

C’est que la question de la liberté pédagogique est au coeur du débat. Lors de l’affaire du Grand Cahier, le ministre Jack Lang avait réaffirmé que les choix pédagogiques relevaient des seules équipes pédagogiques ; mais qu’entend-on par « liberté pédagogique » ?

Rappelons que le contenu des enseignements est défini par des textes officiels ; des documents d’accompagnement sont publiés ; des bibliographies, des travaux interdisciplinaires, etc. sont proposés aux enseignants quelle que soit leur discipline, leur permettant ainsi d’opérer un choix et d’organiser leur travail : leur liberté est grande certes, elle est néanmoins encadrée. Ainsi, lorsqu’un enseignant propose à sa classe une oeuvre littéraire, son choix n’est ni arbitraire, ni gratuit ; si toute oeuvre digne de ce nom est susceptible de choquer (entendre : faire réagir), elle ne vise pas à provoquer au seul plaisir de la provocation. L’art d’enseigner réside dans la capacité d’ouvrir les esprits, d’accompagner la réflexion, d’inviter la pensée, de jeter des passerelles entre divers domaines.

Pédagogiquement correct

Il n’est pas de grande oeuvre qui ne bouleverse celui qui la reçoit car, de par sa singularité, elle l’invite à porter un regard neuf sur le monde. Si elle ne conduit pas nécessairement à comprendre ou à se comprendre, au moins conduitelle à s’interroger. Or c’est sous couvert de la morale que le professeur d’Abbeville et le roman d’Agota Kristoff furent désignés à la vindicte publique.

L’attitude des quelques parents scandalisés et du lourd appareil répressif repose sur une conception mythique de l’adolescent : un être « pur » à placer sous protection. Et pourtant les jeunes se trouvent sans cesse confrontés à l’obscénité de la vie sociale. Tout roman et tout récit ont pour principe l’affrontement du désir et de la Loi, cette observation valant autant pour les grands récits mythiques fondateurs de notre civilisation que pour les oeuvres les plus académiquement reconnus.

Il est vrai que tout récit ne mérite pas d’être étudié en classe : la pornographie, par exemple, est identifiable car elle ne présente pas d’autre but qu’elle-même. Ce n’est précisément pas le cas du Grand Cahier où le travail de l’auteur vise à conférer à son récit un caractère à la fois réaliste et symbolique. Le pharisianisme de la censure consiste à faire fi de la qualité poétique d’un texte, à isoler tel passage repère comme litigieux, sulfureux, afin de condamner l’oeuvre entière. On en conclura que la censure n’est guère inventive : pour des raisons s imilaires furent incriminées en 1857 deux oeuvres majeures de la littérature : Madame Bovary de Flaubert, les Fleurs du Mal de Baudelaire.

La conséquence est que les maîtres peuvent en venir à se censurer dans leurs choix ou à édulcorer leurs explications, c’est-à-dire à porter atteinte à l’intégrité et à la portée d’une oeuvre : ce sera le règne du conformisme, du pédagogiquement correct. Or dans une société qui dispose d’énormes moyens pour « formater » les esprits, le rôle de l’école est de préparer ceux-ci à examiner toute opinion surtout quand elle prétend tirer son autorité du bon sens ou du consentement commun.

Communiqué de la LDH – section d’Abbeville

La Section d’Abbeville de La Ligue des Droits de l’Homme est scandalisée par l’acte de censure dont un jeune professeur de français du collège Millevoye a été victime dans le cadre de son enseignement et de l’établissement où il travaille.

Que ce professeur sache que la L.D.H. lui apporte son soutien moral et qu’elle restera vigilante sur toutes les suites judiciaires qui pourront être données à cette affaire.

La L.D.H. dénonce la lâcheté et l’hypocrisie de quelques parents d’élèves, délateurs bien-pensants, incapables de s’adresser directement à l’enseignant mais qui portent plainte en catimini auprès du Procureur de la République.

Nos tartufes abbevillois ont d’ores et déjà proscrit un livre, Le grand cahier d’Agota Kristof, qui dénonce les horreurs de la guerre ; ils ont isolé avec une célérité confondante quelques passages et les ont jugés litigieux au nom de leurs propres valeurs…

Au lieu de s’en prendre à la littérature, que ces esprits étroits jettent un seul regard sur une société qui ne cesse de promouvoir, sous les formes les plus diverses et les plus immédiates, l’obscénité et la violence.

La L.D.H. s’indigne que l’on puisse interpeller un professeur dans l’établissement même où il dispense son savoir, qu’on le place en garde à vue, qu’on obtienne une perquisition de son logement, bref qu’on humilie un homme… pour un tel livre!

Certes, a-t-on dit, ce professeur n’a pas été menotté : que de tact! très difficile en effet de menotter l’intellig e n c e . . .

La L.D.H. s’indigne que les procédures normales qui règlent administrativement ce type d’affaire n’aient pas été scrupuleusement respectées : il s’agit là d’un manquement grave.

En revanche, elle se félicite que M. Aubry, Inspecteur d’Académie, ait apporté son soutien au professeur que l’on imagine très éprouvé. Que nous rappelle irrésistiblement cette affaire de censure, à nous abbevillois ?

L’image d’un autre jeune homme dont le sort fut scellé dès que l’on trouva chez lui un ouvrage défendu : sur le corps martyrisé du chevalier de La Barre, on brûla le Dictionnaire Philosophique de Voltaire… qui figure désormais dans tous les manuels de littérature. Mais il est vrai, tristement vrai, que si meurent les sots, la sottise, elle, est immortelle.

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Une Réponse

  1. Par rapport a la protestation que l’on a produit l’utilisation à l’école du livre “Le grand cahier” je veux ajouter deux idées:
    – Par une partie, je ne considère pas le livre le plus adéquat par des élèves de troisième année. N’importe que tout le long de jour ils soient frappés par des images trop violentes pour son âge. Ça ne fait pas un argument à faveur de l’utilisation sans critères de livres où de films qui ajoutent plus de violence à celle qui n’est pas inévitable. C’est le même argument que celui qui est utilisé par les fumeurs quand ils disent que on respire déjà beaucoup de fumée provenante des voitures qui roulent partout. Ce n’est pas une question de quantité mais de qualité.
    – Par une autre, il faut étudier la situation chez le contexte éducative où il s’est produite. L’excuse pédagogique exposée est, sans doute, méritoire de cet analyse détaillé. L’horreur de la guerre ne peut pas être reproduit avec seulement des métaphores, de sous-entendus. On doit dénoncer avec de la clarté que la violence sorte de l’être humain tout les pires expressions de sa nature animale. L’ambiance claustrophobique et plein d’absurdité des situations vécues par les deux jumeaux de “Le grand cahier” montre d’une façon à la fois symbolique et directe toute la folie surgie de la guerre. Ce n’est pas question seulement du “quoi” mais du “comment” aussi. Les réflexions personnelles ne sortent que d’après avoir fait siennes les situations des autres.
    Si le professeur a établi un vrai et sincère dialogue avec les adolescents, les résultats peuvent faire passer à un second plane les scènes de sexe et de violence sexuelle qui est présente chez l’histoire.

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